Bayou Country (1969) – 110 jours, 474 albums

Creedence Clearwater Revival - Bayou Country (1969)Pour un savoureux mélange de country terreux et de bon rock des années 60, Creedence Clearwater Revival est le groupe vers lequel se tourner. Bayou Country porte bien son nom, avec son ambiance de blues, de guitares acoustiques et de chant country.

Le morceau éponyme est plutôt décontracté, il prend son temps, mais a toute la puissante du blues et du rock bien senti. Graveyard Train s’étend sur un 8 minutes 30 d’harmonica, de contre-basse folk et d’émotions blues. Et Good Golly Miss Molly est à un classique du rock & roll, avec toute sa fougue et des guitares plus lourdes.

Germ Free Adolescents (1978) – 111 jours, 474 jours

X-Ray Spex - Germ Free AdolescentsLe groupe X-Ray Spex pourrait facilement passer inaperçu dans le monde du punk. Mais sur Germ Free Adolescents, quelques originalités permettent de le distinguer, comme le saxophone qu’on entend ça et là, et quelques mélodies plus structurées que la simple anarchie commandée par le style.

Il s’agit d’un album qui mérite sa place auprès des fans du punk, mais que les autres peuvent passer outre.

Quelques morceaux recommandés: Identity, le plus lent Germ Free Adolescents et le musical Warrior in Woolworths.

Dig Me Out (1997) – 225 jours, 512 albums

Sleater-Kinney - Dig Me OutRage, guitares et punkettes: le punk n’est pas mort avec les années 80. Ni leur révolte d’ailleurs. Les membres du groupe féminin Sleater-Kinney s’en assurent. Avec Dig Me Out, on a l’impression d’être projeté 10-15 ans en arrière, durant les heures de gloire du style: même fougue, même énergie juvénile, même musique bruyante et vitriolée. Mais avec sa touche indie, ce groupe du mouvement riot grrrl n’a rien d’anachronique.

L’album a peu de moments faibles. Chacun est éclatant. Que ce soit le suppliant Dig Me Out, le plaintif Turn It On, l’accrocheur The Drama You’ve Been Craving, l’affirmé It’s Enough, le nuancé Little Babies ou l’excellent Not What You Want, la prestation est parfaite.

Un punk mature, féminin et sans concession.

Exit Planet Dust (1995) – 520 jours, 644 albums

Mélange éclectique de tous les genres tirés de l’électro, l’audacieux Exit Planet Dust du groupe The Chemical Brothers a su retenir mon attention.

The Chemical Brothers - Exit Planet Dust

À la base : du big beat. Mais derrière, un savant mélange de techno, de house, de trip-hop, d’influences du hip hop… Il faudra plus d’une écoute pour pouvoir déchiffrer tous les détails contenus dans cet album. Mais il est attrayant dès la première, et dès le premier morceau, Leave Home. Suivi par l’encore plus accrocheur In Dust We Trust, l’album vous tient ensuite jusqu’à la fin.

L’énergie électrisante de cet album est tout simplement saisissante. Je crois que ces thèmes, ces beats répétés et travaillés commencent de plus en plus à me séduire, à me fasciner. Un peu plus loin, il y a le répétitif et hypnotique Three Little Birdies Down Beats. Encore plus loin, il y a le calme et relaxant One Too Many Mornings. Enfin, il y a Life Is Sweet, qui a retenu mon attention avec ses inspirations de rock et son ambiance déjantée.

Pour le reste, à vous de le découvrir. Mais il s’agit certainement d’un album qui pourrait alimenter plus d’une de vos soirées.

Better Living Through Chemistry (1996) – 600 jours, 692 albums

Un énième groupe que j’attendais de découvrir dans ce défi : Fatboy Slim. J’ai donc enfin découvert leur son électronique avec Better Living Through Chemistry.

Fatboy Slim - Better Living Through Chemistry

Mon ami fan de musique électro m’a parlé à maintes reprises de ce groupe. Et à chaque fois, je lui disais : « Patience. Patience. » Cette patience a enfin pris fin lorsque je me suis permis d’écouter cet album. Et je dois avouer que c’est à moitié ce à quoi je m’attendais. Cela dit, tout y est : électro électrisante, rythmes insistants, répétitions redondantes. C’est étonnant de voir une musique aussi répétitive en surface pouvant être aussi complexe, lorsque l’on y porte plus d’attention. Cela rappelle étrangement le kraut rock et ses belles heures.

En ouvrant avec Song for Lindy, l’album ne fait pas de compromis. Il annonce son style et ses intentions sans concessions. Et il le fait bien.

Variant les styles, les influences et les ambiances, mais en offrant un morceau uni et homogène, Fatboy Slim impressionne par sa dextérité. Going Out of My Mind offre également un bon moment bien animé, bien énergique. Plus loin, Everybody Needs a 303 est plus festive, avec un brin de naïveté : tout pour plaire. First Down offre plutôt des effluves jazzy. Là, c’est moi qui était séduit. Enfin, Punk to Funk était plus intense, se rapprochant plutôt de l’idée que je me faisais du techno, avec une certaine brutalité, si l’on peut appeler ça comme ça, dans le rythme et les sonorités.

Bref, j’ai déjà hâte d’écouter le second album de ce DJ contenu dans ce défi. La maturité ne pourra qu’amener un charme de plus à cette musique déjà accomplie.

Different Class (1995) – 603 jours, 697 albums

Pour poursuivre avec ma découverte du britpop et de ses beautés, j’ai écouté Different Class, du groupe Pulp.

Pulp - Different Class

Cette fois, on assiste à quelque chose de complètement différent, de plus axé sur le pop mais en conservant toujours ce fameux charme britannique. Le résultat en est explosif, et ça paraît dès l’ouverture de l’album avec Mis-Shapes et son ambiance tonitruante. Cela se poursuit ensuite avec Pencil Skirt, où les cordes de violons sont pincées, et où la voix commence doucereuse et séduisante, pour se poursuivre dans un souffle plus inquiétant.

Vient tout de suite après le succès Common People, accrocheur et fabuleux.

Ensuite, maintenant que l’album est lancé, le reste s’écoute sans trop d’effort, avec un plaisir certain, et un sourire pour I SpyLive Bed Show, et F.E.E.L.I.N.G.C.A.L.L.E.D.L.O.V.E. Ainsi, il n’y a rien de vraiment remarquable avec cet album, si ce n’est qu’il est accrocheur, intéressant et bon, tout simplement. Le britpop, c’est aussi ça.

Truth and Soul (1988) – 633 jours, 742 albums

Avec le temps qui passe apparaissent de nouveaux styles musicaux. Cette fois, j’ai découvert le funk metal et le ska-punk avec le groupe Fishbone et leur album Truth and Soul.

Fishbone - Truth and Soul

On dirait que ce son si particulier, si unique, apparaît tout d’un coup, sans trop de préavis, et offrant pourtant un son mature, complexe et travaillé. On prend la force du métal, mais pour le canaliser vers la funk, alors que de l’autre côté, on prend des éléments du reggae, on les accélère, on ajoute des cuivres, mais on conserve l’ambiance chaude et festive. En fait, elle devient plus festive, car on lui ajoute une énergie nouvelle et funky. Tout cela vous frappe dès le second morceau, soit Ma and Pa.

Mais juste avant, pour vous introduire à l’album, il y a Freddie’s Dead, qui débute avec une force de métal bien assumée, et qui ne laisse pas de place à la confusion. Plus loin, c’est Pouring Rain qui surprend, affichant un rythme lent et langoureux qui rappelle plutôt le R&B, alors que Bonin’ in the Boneyard nous présente un étrange mélange qui rappelle plusieurs influences, dont le art rock, le punk, le métal, et j’en passe.

Plus loin dans le morceau, il y a même de nets influences venues du hip hop et du rap. Pour aller encore plus loin, Subliminal Fascism est un grand mélange hétéroclite et psychédélique de musiques et d’influences. Bref, la musique de Fishbone n’est à l’abri de rien, offrant de tout, mais avec une cohésion remarquable. Dommage qu’un seul album du groupe soit offert ici…

Back to Mystery City (1983) – 651 jours, 775 albums

Retour vers le métal et ses dérivés, cette fois avec Back to Mystery City et le groupe Hanoi Rocks.

Hanoi Rocks - Back to Mystery City

Parmi les dérivés musicaux apparus après l’ère du punk, je crois celui-ci sera l’un des plus doux, si l’on oublie bien sûr le new wave et la synth pop. Avec un métal davantage axé sur l’énergie et la foule que sur l’agressivité, avec une bonne inspiration puisée dans le glam rock, sa présentation extravagante et ses mélodies épurées et accrocheuses, le hair metal est certainement une petite pause très appréciée entre le matériel exigeant que je viens d’écouter et celui, qui ne donnera pas sa place non plus, qui s’en vient.

Je dois avouer que peu de morceaux sur l’album ont vraiment accrochés mon oreille. Pas qu’ils étaient de mauvaise qualité, mais simplement parce qu’ils ont passé inaperçus. La première exception est l’énergique, accrocheur et éclectique Malibu Beach Nightmare. En voici une version live.

Ensuite il y a Tooting Bec Wreck, avec sa complexité, la beauté de ses textures et son refrain fichtrement accrocheur.

L’utilisation d’un bruit de portière ouverte en guise de percussion est assez audacieuse, mais ça marche !

Pour le reste, tel que je l’ai dit, il s’agissait d’un bon album, mais sans plus. Il faut dire aussi, qu’après des albums autrement difficiles, il est peut-être devenu plus difficile de retenir mon attention.

Non-Stop Erotic Cabaret (1981) – 654 jours, 778 albums

Pour une courte pause d’une musique autrement exigeante, j’ai fait un retour vers le synth pop et le new wave, avec l’album Non-Stop Erotic Cabaret de l’étonnant groupe Soft Cell.

Soft Cell - Non-Stop Erotic Cabaret

Le titre de l’album a de quoi intriguer. Et avec un début pop mais travaillé et complexe comme Frustation, je ne savais trop à quoi m’attendre. Est venu ensuite le très connu Tainted Love. Un autre groupe vide et superficiel ? Déjà, je savais que ce n’était pas le cas. Simplement en réécoutant leur morceau succès, j’ai découvert une profondeur qui m’était jusqu’alors passée inaperçue. Un travail complexe est fait au niveau des percussions, et surtout, je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté de l’ambiance langoureuse que le morceau évoque.

Il faut aussi avouer que l’ambiance a quelque chose de sombre, de glauque. C’est pourquoi j’ai été surpris, par la suite, de retrouver des morceaux plus calmes, plus mesurés, comme Seedy Films, que j’ai beaucoup aimé, et surtout Secret Life. Même s’il y a une certaine ambiance effrayante dans ce morceau, le synthétiseur naïf semble étrangement rééquilibrer le tout.

Mais le plus troublant que j’ai découvert sur cet album, et le meilleur aussi, c’est définitivement le morceau Sex Dwarf. Il est mordant, troublant, saisissant. Mais surtout, son vidéoclip est la chose la plus déstabilisante que j’ai visionnée de ma vie. Et je viens de voir Pink Flamingos de John Waters il y a seulement quelques semaines. Donc, regardez-le à vos propres risques.

Le pire, je crois, ce n’est pas les tronçonneuses, les morceaux de viande, l’esthétisme inspiré du BDSM ou le nain, mais plutôt le regard déjanté de Marc Almond et son sourire détraqué.

Enfin, il y a aussi Entertain Me que j’ai dégusté avec plaisir. Tout ça pour dire que, si on m’avait dit que c’était le genre de musique qui se cachait derrière le groupe qui a popularisé Tainted Love, j’aurais eu bien de difficulté à le croire. Mais maintenant, je sais que je dois définitivement explorer davantage les oeuvres de ce groupe et, surtout, de Marc Almond. J’ai regardé quelques vidéoclips de plus, et son regard est toujours aussi troublant.

Out of Step (1984) – 656 jours, 780 albums

Et pour aborder un autre nouveau style de musique, enfanté par la révolution punk, j’ai écouté l’album Out of Step, du groupe Minor Threat.

Minor Threat - Out of Step

Cette fois, c’est le hardcore punk qui nous est présenté. Reprenant l’énergie rebelle, le rock sec et la voix criarde du punk, mais en en décuplant la puissance, la brutalité et la hargne, Minor Threat nous plonge dans une musique des plus bruyantes. En fait, probablement la plus bruyante que j’ai écoutée jusqu’à maintenant. Juste au moment où je croyais que les esprits s’étaient calmés et que les musiciens avaient pris le chemin de la pop et du new wave, on m’arrive avec ce nouveau genre qui m’apparaît être le punk du punk, la rébellion des rebelles encore plus mécontents que voilà 5 ans, si cela est possible… Écoutez Betray, juste pour comprendre.

Ironie suprême : le groupe participe également à un autre courant, soit le Straight-Edge, qui revendique un style de vie sans drogue, sans alcool, sans sexe d’un soir. Cela me semble assez contradictoire, à la lumière de leur musique, la plus intense au niveau sonore que j’ai rencontrée. La manière, aussi, dont le groupe répète le refrain de Think Again, avec une force vindicative sans précédent, laisse confus.

Cette force rend l’album difficile à écouter par moments, même s’il ne dure qu’un peu plus d’une vingtaine de minutes. La voix presque éreintée à force de crier constamment, la batterie qui ne s’essouffle jamais, les guitare électriques inquisitrices : tout pour décourager l’auditeur néophyte. Cela dit, l’album a néanmoins quelque valeur. L’accrocheur Think Again, l’étonnement complexe Sob Story, et l’énergique Little Friend en valent bien la peine, malgré les difficultés qu’ils offrent. Mais reste que cet album ne figurera pas parmi mes préférés à la fin de ce défi.