In-A-Gadda-Da-Vida (1968) – 383 jours, 559 albums

Le groupe Iron Butterfly pourrait se résumer à ce seul morceau : In-A-Gadda-Da-Vida. Le morceau de l’album du même nom est une traversée épique et psychédélique de 17 minutes dans un monde hypnotique et éthéré. C’est le seul de l’album qui vaille véritablement votre attention, mais dites-vous qu’il est assez rare qu’un morceau d’une telle longueur devienne un succès radiophonique, même dans les années 60.

Iron Butterfly - In-A-Gadda-Da-Vida

Certes, l’album a aussi une face A, mais sa composition n’offre aucune véritable surprise, se limitant à des morceaux de rock psychédélique bien réalisés, mais qui ne sortent nullement de l’ordinaire. L’intérêt de cet album, et du groupe, se trouve plutôt sur la face B, avec ce morceau interminable et passionnant.

En réécoutant cela, je me demande pourquoi l’orgue Hammond n’est pas demeuré un instrument populaire : la musique me semble plus triste et moins vibrante depuis… Bref, ici il fait un travail remarquable, et la mélodie du morceau vous restera dans les oreilles des jours durant : je vous le garantie.

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A Night at the Opera (1975) – 769 jours, 844 albums

Un classique de la musique populaire, un incontournable, s’est imposé sur mon chemin. Il s’agit de A Night at the Opera de Queen.

Après ma découverte désormais officielle du groupe, je n’ai pas pu m’empêcher longtemps d’écouter un second album, surtout qu’il s’agit de celui duquel on m’avait tant parlé, de celui qu’on m’avait vanté comme étant le chef-d’oeuvre du groupe. Enfin, c’est surtout qu’il contient Bohemian Rhapsody.

Ai-je vraiment besoin de décrire l’importance ou la qualité de ce morceau ? Si tel est le cas, écoutez-le. Si c’est toujours le cas, réécoutez-le. Voilà, tout est dit.

Mais j’avais peur que l’album ne contient que ce moment épique comme morceau digne de mention. Pourtant, j’ai découvert une kyrielle de styles, de bons moments, de découvertes. Il y a eu le puissant et déchirant I’m in Love with My Car, l’ensoleillé You’re My Best Friend qui rappelait les Beach Boys avec une touche glam rock…

Il y avait aussi le naïf et énergique Seaside Rendezvous qui avait même une touche burlesque, ainsi que le complexe et excellent The Prophet’s Song. Il est difficile de recenser tout ce qui se passe sur cet album déjanté, explosif et tellement varié. Sa complexité semble être sans fin, et le découvrir n’est définitivement pas assez : le redécouvrir quelques autres fois s’impose sans même que l’on ait à hésiter. Bref, je comprends maintenant pourquoi il s’agit d’un classique.

Fragile (1971) – 806 jours, 895 albums

Je me suis enfin permis d’écouter un excellent album que je connaissais déjà, mais que je me réservais pour plus tard. N’en pouvant plus, j’ai donc écouté Fragile de Yes.

Si vous vous lancez dans le art rock, cet album est définitivement un incontournable. Si vous aimez la bonne musique, c’est exactement la même chose. Comment rester indifférent à un morceau aussi prenant, aussi épique que Roundabout ?

Le début, tout de suite, est intriguant. Un léger son qui s’accentue, avant de s’évanouir d’un coup et de laisser place à quelques notes de guitare acoustique. Puis, le tempo commence et le jeu de la basse démarre, le plus complet et le plus accrocheur qu’il m’ait été donné d’entendre. Le chant arrive, le synthétiseur aussi, et le morceau est lancé, alors que les musiciens s’amusent sur ce thème fascinant, changeant et si complet, unique et unifié à la fois.

Voilà, l’album est lancé, le ton est donné ! Le reste de l’album, même s’il n’atteint jamais de nouveau les voluptés du morceau d’ouverture, est tout de même une oeuvre complète et singulière, appréciable du début à la fin. South Side of the Sky est également un morceau bien accrocheur, qui est très intéressant dans ses détails, dans sa complexité et sa composition. Long Distance Runaround devrait être un morceau pop que tout le monde connait, et cela m’étonne qu’il soit relativement tombé dans l’oubli. Lorsque le chant commence et que la batterie se met à tinter et à titiller, l’émotion ne peut que vous gagner, dans sa simplicité, sa naïveté, sa profondeur…

Enfin, avec le morceau de clôture, soit Heart of the Sunrise, là, peut-être que l’album regagne bel et bien son aspect épique et majestueux du début.

La qualité de cet enregistrement ne rend peut-être pas justice à la beauté de ce morceau. Mais bon, il faut aussi dire que, pour ma part, je ne l’écoute que sur ma table tournante, toujours avec délectation. Cette composition de près de 12 minutes commence fort, avec un solo intense et détaillé, mais dès la quatrième minute, le silence se fait l’espace d’un instant, et là commence véritablement le morceau. L’intensité de la voix, l’alternance avec les autres instruments et le jeu qui se développe lentement entre les deux, créent une émotion neuve et fraîche, pénétrante. Un album d’un tel calibre ne pouvait se terminer autrement que par ce tour de force.