Tom Tom Club (1981) – 111 jours, 474 albums

Tom Tom Club - Tom Tom Club (1981)Un album assez étrange qu’est le dance-pop et new wave Tom Tom Club, du groupe du même nom. Ses mélodies et ses rythmes semblent être fragmentés, hachés, de manière presque robotique. Peut-être est-ce ce mélange particulier entre la chaleur pop du new wave et la froideur mécanique du kraut rock qui cause cette ambiance étrange?

Quelques morceaux sont uniques en leur genre, en cette ambiance. Wordy Rappinghood somme tout ce que les années 80 ont d’étrange. Genius of Love y ajoute même une chaleur reggae, qui est ici presque extraterrestre. Et que dire de l’amalgame bizarre qu’est le spacial et rétro, voire bubblegum Lorelei?

Un album qui fera froncer vos sourcils, mais qui est tout autant fascinant.

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Cross (2007) – 475 jours, 629 albums

Je n’ai pas pu résister plus longtemps à l’idée d’écouter le classique de l’électro-dance français : l’album Cross du groupe Justice.

Justice - Cross

J’ai découvert ce groupe en même temps que The Divine Comedy, au cégep, par l’intermédiaire de ma première copine. Mais contrairement au chamber pop, la première impression ici ne fut pas la bonne. Il m’a fallu plusieurs années, et plusieurs écoutes, pour enfin apprécier à sa juste valeur un morceau tel que D.A.N.C.E., que je ne comprenais tout simplement pas. Ce mélange de sons électroniques, de rythmes lourds et appuyés, mais avec un début qui ressemble à une chanson pour enfant : tout cela était bien loin de la musique que j’étais en mesure d’apprécier à l’époque.

Mais cette époque est révolue, et Justice est désormais un groupe que j’affectionne tout particulièrement. Et en particulier cet album. Le premier morceau duquel je me suis entiché ? D.V.N.O., que j’ai dû écouter des milliers de fois dans le bus, dans le train, dans le métro, en route vers l’université ou à mon retour. Durant un mois entier, je ne devais écouter que ce morceau, en boucle, sans fin.

Ce morceau a quelque chose d’inexplicablement accrocheur. C’est peut-être le rythme outrageusement appuyé, les sonorités électrisantes, le refrain inoubliable… Je sais seulement que je pourrais encore l’écoute, encore et encore.

J’ai aussi rapidement eu un faible pour Phantom, Pt. II et sa composition complexe, éthérée et satisfaisante.

Après tout ce que j’ai écouté ici, je semble être encore plus en mesure d’apprécier toutes les subtilités et les détails de ces enregistrements, et j’espère que c’est la même chose pour vous ! Les textures sont mystifiantes, fascinantes. Vous cherchez quelque chose de plus doux ? Allez pour D.A.N.C.E.. Vous souhaitez au contraire quelque chose de plus thrash, de plus écorchant et de plus saisissant ? Allez pour Waters of Nazareth, vous ne serez pas déçus ! Genesis offre également une ouverture en force pour l’album : lourde et pompeuse, comme le groupe le mérite. Stress porte bien son nom, offrant un moment de pure angoisse de près de 5 minutes comme vous n’en avez jamais vécu.

Bref, écoutez l’album.

Want Two (2004) – 477 jours, 630 albums

Dernier album écouté lors de ce voyage à Québec : Want Two de Rufus Wainwright.

Rufus Wainwright - Want Two

Depuis le temps que je souhaitais écouter la musique de cet artiste, je me le suis enfin permis. Car ce n’était pas la première fois que j’entendais parler de Wainwright, ou des Wainwright en famille. Ne pas connaître la musique de Rufus était donc une lacune fort inconfortable pour moi. Désormais, ce n’est plus le cas. Et désormais, je suis séduit, comme beaucoup d’autres, par cette musique touchante et sensuelle, hétéroclite et fascinante, rêveuse et éthérée, juste assez. Bref, du chamber pop, comme on l’aime, mais avec une touche presque britannique, qui n’est pas sans rappeler le britpop que j’affectionne tant.

Après un chant incantatoire un peu troublant, l’album s’ouvre véritablement avec le morceau The One You Love qui est accrocheur, séduisant, doux, et qui, encore une fois, rappelle un jardin anglais particulièrement lumineux.

Un peu plus loin, Little Sister s’ouvre même avec des violons et une structure classique qui renforcent cette image si particulière, un peu baroque et anglaise, qui me fascine tant. The Art Teacher reprend d’ailleurs cette ambiance, mais de manière encore plus exquise et poignante.

Et tout l’album fourmille de ces petites perles brillantes, qu’on ne peut pas toutes saisir en une seule écoute de l’album. Malgré nos efforts, elles semblent se défiler entre nos doigts, comme des notes insaisissables, et qui demandent une attention toute particulière pour se laisser prendre et se dévoiler. This Love Affair est lyrique et mélancolique, Gay Messiah donne plutôt dans l’acoustique, mais ne se prive pas de violons et d’émotion aussi poignante, alors que Waiting for a Dream est plus mystérieux et éthéré.

Bref, un album ne sera pas assez non plus pour pleinement découvrir les multiples facettes de cet artiste fascinant. D’autres devront suivre, mais en parallèle de ce défi.

Haunted Dancehall (1994) – 520 jours, 644 albums

Un petit retour vers la musique électronique était bien tentant, et j’ai succombé avec Haunted Dancehall du groupe The Sabres of Paradise et son savant mélange d’ambient et de techno.

The Sabres of Paradise - Haunted Dancehall

S’ouvrant avec des sonorités étranges, nouvelles, l’album se découvre peu à peu comme une fleur, laissant miroiter des reflets multicolores fascinants, hypnotiques, qui nous plongent dans une ambiance qui, à la fois, nous submerge et nous élève. On commence avec le lent Bubble and Slide, qui se construit avec minutie, avant de donner le relais au plus énergique et affirmé Bubble and Slide II, où l’ambient se transforme tranquillement en véritable techno. Mais toujours l’atmosphère demeure aérienne, éthérée, captivante. Suit le fascinant et complexe Duke of Earlsfield et son ambiance mystérieuse.

Ce qui ressemble à un vibraphone, ou quelque instrument du genre, au son multiplié en écho m’a donné des frissons fort appréciables. Plus loin, c’est Tow Truck qui a retenu mon attention, avec sa guitare électrique sensuelle, relayée par la basse, et son ambiance enveloppante, chaleureuse, parfaite pour une soirée lounge où il se passe un peu plus que de la discussion. Encore plus loin, c’est l’hypnotique Theme 4 auquel il faut s’attarder.

Le groupe semble avoir cette facilité à créer des ambiances, des thèmes évocateurs et hypnotiques, qui vous charment, vous bercent, avant de vous faire hocher de la tête au rythme de leurs morceaux, alors que vous vous laissez porter par l’air, par la musique. Le techno, mêlé à du ambient, fait véritablement des miracles, et des fascinants.