Electric (1987) – 110 jours, 474 albums

The Cult - Electric (1987)Le groupe The Cult offre avec l’album Electric un hard rock puissant et un heavy metal mélodique, avec un caractère affirmé sans être trop bruyant.

Sans pour autant être un album qui vous marquera, bon nombre de morceaux méritent votre attention. Lil’ Devil est un morceau de métal assez accrocheur et mélodique. Wild Flower est du hard rock comme on l’aime. Bad Fun est plus précipité et électrisant.

Une belle découverte, mais surtout pour les fans du genre.

Sticky Fingers (1971) – 132 jours, 478 albums

The Rolling Stones - Sticky Fingers (1971)Je n’en suis pas à mon premier album des Rolling Stones pour ce défi. Et à chacun d’entre eux, je cherche la particularité, l’étincelle qui me fera les comprendre.

Avec Sticky Fingers, c’est presque réussi. Mais pas avec Brown Sugar, comme vous pourriez peut-être le croire.

Ne me méprenez pas: Brown Sugar est un excellent morceau, que j’adore. Une mélodie accrocheuse, la voix un peu rugueuse de Mick Jagger, les cuivres pompeux, les guitares rock: tout y est. Il s’agit d’un des meilleurs morceaux des Stones.

Mais voilà: pour moi, les Stones, c’est des hits qui s’enchaînent. Sauf sur Sticky Fingers. J’arrive à entrer dans cet album, à le vivre, à le sentir. Et j’ai l’impression que le groupe aussi.

Peut-être est-ce l’influence du blues, du folk et de la soul? Elle est lourde, pesante. Et le groupe la soulève et la porte avec aisance. Ils trouvent leur chemin dans les marécages et la terre de ces racines sans effort.

Et, peut-être, le blues amène un côté plus vrai, plus franc. Plus intime aussi. Sur plusieurs morceaux, ils se découvrent un peu, sans pourtant se mettre à nu. Wild Horses est touchant. Sister Morphine est trompeuse, agitée sous la simplicité des instruments. Moonlight Mile surprend par son ton presque léger, qui détonne avec l’idée ravageuse qu’on peut se faire du groupe.

Cela n’empêche pas quelques bons moments de bon rock senti, comme Brown Sugar ou Can’t You Hear Me Knocking. Mais là n’est pas le point de l’album. Ni, peut-être, du groupe. Et, aussi, peut-être que je commence à le comprendre. Peut-être.

Mais je vous donne quand même Brown Sugar.

British Steel (1980) – 219 jours, 498 albums

Judas Priest - British SteelUn groupe incontournable du métal britannique, surtout de celui de la nouvelle vague, est sans contredit Judas Priest. Et à l’écoute du hard rock et du heavy métal harmonieux de British Steel, c’est facile de comprendre pourquoi.

De la musique puissante sans être bruyante, agressive sans être agressante, et surtout des mélodies structurées, harmonieuses et accrocheuses: on est rapidement séduit par ce son rond, accessible, mais qui n’a pourtant pas peur de défier et qui nous en met plein les oreilles.

Rapid Fire ouvre l’album avec un rythme enflammé. Breaking the Law est captivant avec son leitmotiv. Grinder est plus rude et lourd, mais sans écorcher les oreilles: tout glisse sans heurt. United ressemble à un anthem rassembleur.

Chaque morceau ou presque retient l’attention. Aucun n’a de lacune. On mise sur la mélodie et la puissance à la fois, et on parvient à concilier les deux avec maîtrise et talent. Je le répète: un incontournable pour comprendre et apprécier le style.

Slippery When Wet (1986) – 221 jours, 504 albums

Bon Jovi - Slippery When WetLe buste ruisselant d’une demoiselle aux cheveux blonds et frisés: c’est comme ça qu’on se fait introduire Slippery When Wet de Bon Jovi. Une bonne image pour du hair metal, du métal pop et accessible. C’est clair: rien de rude ici. Mais cela n’empêche pas la musique d’être énergique et puissante.

You Give Love a Bad Name commence avec un rugissement, un cri du cœur. Mais les guitares ne sont pas trop lourdes, les voix pas trop criardes, la batterie juste assez insistante. Et surtout, la mélodie est franchement accrocheuse: on a misé sur la pop, et ça rapporte.

Livin’ on a Prayer refait le coup avec un autre morceau qu’on veut mettre sur repeatLet It Rock donne plus dans le rock, en particulier l’arena rock, avec un rythme posé et fort et des guitares engageantes. I’d Die for You est un autre bon moment de l’album. Never Say Goodbye est plus lent, avec une trame plus émotive.

Du pop-métal accrocheur, rond et accessible avec des hits forts.

Next (1973) – 281 jours, 539 albums

The Sensational Alex Harvey Band: les promesses sont grandes. Et avec l’album Next, elles sont remplies avec un glam et hard rock décapant.

The Sensational Alex Harvey Band - Next

Il y a de l’égo dans ces morceaux, et il est bien placé. Les musiciens, et le chanteur!, ont une forte présence tout au long de l’album. Ils s’expriment avec le langage imposant du hard rock, avec la lourdeur des guitares électriques ou l’ampleur des cuivres. Et pour rendre leur musique spectaculaire et délectable, ils nuancent au glam rock. Le résultat est explosif, sans concession.

Gang Bang est ample et appuyé. Swampsnake fait cabaret, avec ses nuances de blues et de folk. The Faith Healer est travaillé et complexe, lent, alors que Next reprend le tango de Jacques Brel de manière éclatante.

Il n’a plus à en douter: le talent d’Alex Harvey est gravement sous-estimé, du simple fait qu’il soit méconnu.

Back in Black (1980) – 284 jours, 544 albums

Lorsque l’on parle de heavy metal et de hard rock, il est difficile d’ignorer des groupes comme AC/DC. Des albums comme Back in Black en sont la raison.

AC:DC - Back in Black

La voix suraiguë et nasillarde du chanteur, les guitares acérées, la basse impérieuse et la batterie sans concession: tout est là pour faire du bon métal. Et ça se cristallise dans des morceaux mémorables comme Back in Black et You Shook Me All Night Long.

Mais l’album comporte aussi d’autres moments intéressants du métal, d’autres moments qui restent dans l’oreille, et qui donnent raison d’écouter l’album du début à la fin. Hells Bells et Let Me Put My Love Into You sont de ceux-là.

Pour le reste: l’harmonie du métal et la puissance du hard rock sont rarement aussi bien conjugués.

New York Dolls (1973) – 288 jours, 552 albums

Avec leur glam rock, hard rock, proto-punk, les New York Dolls en mettent plein la vue avec leur album éponyme qui déménage.

New York Dolls - New York Dolls

En fait, on penche davantage vers un rock dur et solide, qui tend vers les débuts du punk, avec un chant sec et rugueux, que vers les subtilités artistiques du glam rock. Dès Personality Crisis qui ouvre l’album, on est plongé dans une ambiance ravagée, puissante, criarde. Plus loin, Frankenstein et Trash sont plus accomplis, offrant des compositions plus travaillées et plus harmoniques. Mais l’ambiance demeure la même: ferme, rugueuse, presque hargneuse.

Certains moments comme Lonely Planet Boy offrent un répit, mais le glam rock réside bien davantage dans les costumes, l’attitude et les racines du punk que dans la musique elle-même.

Sheer Heart Attack (1974) – 444 jours, 594 albums

Queen a plus d’un album dans ce défi. Je me suis donc plongé de nouveau dans leur glam rock, hard rock, art rock, cette fois avec l’album Sheer Heart Attack.

Queen - Sheer Heart Attack

Vous aurez peut-être remarqué que ma découverte progressive/temporelle des albums de ce défi s’est quelque peu effacée. C’est que je suis arrivé au bout du livre, et que je peux désormais me permettre de découvrir le reste des albums dans un ordre plus hasardeux, maintenant que je connais les grands styles et les grandes lignes de la musique des 60 dernières années. D’où des classiques que j’avais sautés, tels que Pet Sounds et The Wildest!, et d’où mon retour à Queen. Même si cet album ne pourrait pas vraiment être caractérisé de classique

Il s’agit d’excellente musique, mais disons qu’avec la cuisine et le ménage, la plupart de l’album est passé plutôt inaperçu, malgré des écoutes répétées. Aucun morceau en particulier ne m’a accroché l’oreille, même si certains étaient meilleurs que d’autres. Cela dit, je crois encore avoir quelques difficultés à pleinement apprécier toute la complexité de Queen et de leur musique. Ce mélange unique de glam, de hard et de art rock est difficile à décrypter.

Je ne vous laisserai toute fois pas en reste. Now I’m Here est fort appréciable, par exemple.

Certains morceaux sont plus moqueurs, comme Bring Back That Leroy Brown, alors que d’autres ont quelque chose de typiquement queenesque, comme Killer Queen qui ressemble à une comptine ou à un opéra. D’autres encore sont plus axés sur le hard rock en tant que tel, comme l’énergique Flick of the Wrist ou Brighton Rock, qui ont une énergie solide et appuyée, agrémentée d’une voix et de détails musicaux tiré du glam rock.

Mais tel que mentionné plus haut, il faut porter une attention particulière à cet album si l’on veut en saisir les nuances, l’apprécier, et qu’on ne veut pas qu’il nous passe par les oreilles inaperçu.

Everything Must Go (1996) – 471 jours, 629 albums

J’ai aussi écouté un deuxième album des Manic Street Preachers. Il s’agissait de Everything Must Go.

Manic Street Preachers - Everything Must Go

J’aime ce groupe : leur ton insolent, leur énergie contagieuse, leur son britpop aux inspirations punk. Cet album n’y fait pas défaut. Et cela est vrai dès le morceau d’ouverture, Elvis Impersonator: Blackpool Pier.

Le morceau est accrocheur, énergique, d’une énergie jeune, révoltée, irrévérencieuse. Juste après vient A Design for Life et son refrain touchant, presque déchirant par son ton. J’ignorais que le groupe put faire quelque chose d’aussi profond, d’aussi émotionnel, et en voyant la grandeur de leur talent, je ne peux pas dire que je fus surpris non plus.

J’ai aussi adoré Kevin Carter, que je trouve simplement merveilleux dans son mélange britannique, punk et pop.

Le morceau éponyme vaut également votre attention, mais la fin de l’album passe plus inaperçue. Les morceaux y sont bons, mais ils ont semblé manquer ce petit quelque chose d’accrocheur, pour retenir mon attention. Même si le tout demeure fichtrement bien travaillé et rendu. Mais en même temps, ce groupe, malgré les apparences, offre une musique complexe, profonde, qui mériterait bon nombre d’écoutes avant d’être pleinement appréciée. Mais ça, c’est quelque chose qui devra attendre après ce défi.

Californication (1999) – 490 jours, 635 albums

J’ai ensuite changé d’ambiance avec un album des Red Hot Chili Peppers : le funk-metal et rap-rock de Californication.

Red Hot Chili Peppers - Californication

Il s’agit de loin de mon album favori du groupe. Peut-être pas dans son ensemble, mais certainement pour tous les morceaux forts et accrocheurs qui s’y trouvent. Et il y en a beaucoup ! Et donc, ça compte pour beaucoup. Et sur tout l’album, on a ce mélange judicieux, que je trouvais au départ étrange mais que j’ai appris à pleinement apprécier, de métal, de hard rock et de rap, qui a tout pour retenir mon attention. En fait, je dis de rap, mais j’ai l’impression que ce sont les restants de reggae, de ska et de punk qui, à cause de la contemporanéité des styles, s’apparente désormais davantage au rap.

L’album s’ouvre avec force, présentant trois morceaux que j’ai trouvés particulièrement puissants et accrocheurs dès l’ouverture de l’album, soit le tourmenté et calme Parallel Universe, le plus rap et contrôlé Scar Tissue, et l’excellent Otherside.

Avec sa construction lente, son développement détaillé et travaillé, le morceau nous amène peu à peu dans son univers, avant que le rythme ne débute et que les instruments ne prennent de la force et de l’assurance. Puis vient l’inoubliable Californication, que j’ai tant entendu à la radio, et qui est construit sur le même concept, mais qui semble atteindre même un niveau de plus. Bref, je l’adore.

L’album compte ensuite bien d’autres morceaux savoureux, dont EasilySaviorPorcelainRight on Time… Certes, on ne se fait pas à cette musique sans un peu d’effort, sans un peu de travail et d’ouverture d’esprit, car je la trouve particulière, nouvelle, défiante par moments, et une fois qu’on a percé la carapace, elle se découvre et en vaut franchement la peine.