Make Yourself (1999) – 279 jours, 536 albums

Incubus - Make YourselfSi vous ajoutez du hip hop et un peu de grunge à du métal, ça donne Make Yourself du groupe Incubus: une petite perle de nü metal.

Les voix franches et dénudées du hip hop sont parfaites pour les mélodies du métal. Le grunge semble venir simplifier un peu plus la musique, en y injectant du caractère (comme s’il en manquait!). Il en résulte des morceaux puissants, mais lisses et doux à l’oreille. Les aspérités du hip hop, du grunge ou de l’héritage punk sont aplanies par une musicalité renversante.

Malgré sa force, Nowhere Fast s’écoute sans effort, passant des moments délicats aux plus intenses. Consequence est construit sur le même gabarit, pour un effet aussi accrocheur, tout comme le morceau éponyme. When It Comes est plus inquisiteur, plus rap, mais aussi plus harmonique, plus accompli. Enfin, Drive mêle une guitare acoustique à des éléments de rap, rappelant étrangement le britpop doux et badin des The Verve et Oasis qui ont précédé, mais avec une signature qui est propre au groupe.

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Superfuzz Bigmuff (1988) – 287 jours, 550 albums

Le grunge sombre de Mudhoney trouve aisément sa place aux côtés des grands du style. Avec une lourdeur qui rappelle le rock de garage, mais l’harmonie musicale caractéristique du heavy metal, Superfuzz Bigmuff vaut bien l’écoute.

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Il serait d’abord bon de mentionner que j’ai écouté la version Superfuzz Bigmuff Plus Early Singles, parue en 1990, histoire de transformer un EP en LP. Sur l’EP, NeedMudride et No One Has retiennent définitivement l’attention. Need est un bel archétype du grunge. Mudride est plus lent, insistant. No One Has penche plus vers le criard et le punk, avec une ambiance plus sèche, plus viscérale aussi.

Du côté des early singles, les morceaux semblent avoir un quelque chose de plus pop (légèrement), de plus accrocheur. Touch Me I’m Sick reste dans l’oreille, malgré sa puissance et sa hargne. Sweet Young Thing Ain’t Sweet No More tombe complètement dans le métal, avec, même, une ambiance qui se rapproche dangereusement du blues, mais avec le poids des guitares électriques et la voix révoltée du chanteur.

The College Dropout (2004) – 467 jours, 622 albums

Histoire de passer un autre album de rap, et de découvrir un autre artiste pop, j’ai écouté The College Dropout de Kanye West.

Kanye West - The College Dropout

Après avoir tant entendu son nom à la radio, et avoir écouté quelques uns de ses morceaux (toujours les mêmes), je me suis dit que l’artiste méritait bien un peu de mon attention. Surtout en faisant partie de ce défi. Et, ma foi, j’ai fortement apprécié ! En fait, je crois même qu’il s’agit de l’un des premiers albums de rap/hip hop que j’ai franchement apprécié. Tout d’abord, j’ai adoré l’esthétisme de ses compositions, difficilement définissables. Ma favorite : Jesus Walks.

 D’autres morceaux que j’ai bien aimés : We Don’t Care qui nous introduit bien à l’album, l’accrocheur All Falls Down et sa voix féminine, l’arabisant The New Workout Plan à l’énergie contagieuse, et l’intéressant Slow Jamz. Enfin, il y a l’excellent School Spirit, précédé et clôt par une satire vitriolée envers le système d’éducation que j’ai trouvée savoureuse par son ironie.

Ce qui, inévitablement, me rappelle l’importance des paroles dans le rap; importance à laquelle je ne peux malheureusement pas vouer une attention suffisante, faute de temps.

En attendant, je vous dirais que vous avez ici un bon album pour débuter dans le style de manière douce et sans trop de heurts. La musique est belle à entendre, et j’adore le mélange parfait de samples, d’électro et de paroles, juste bien détaillés, travaillés et amalgamés ensemble. Qui aurait cru que, un jour, je conseillerais du Kanye West ? Ce défi me fait découvrir des choses folles.

Master of Puppets (1986) – 650 jours, 773 albums

Ensuite, saut dans le speed metal, qui deviendra rapidement le thrash metal, avec l’album Master of Puppets du groupe Metallica.

Metallica - Master of Puppets

C’est drôle : je croyais que Metallica faisait partie d’un heavy metal plus conventionnel. Je me souviens, étant jeune adolescent, voir mes amis étonnés de mon manque flagrant de culture musicale. La surprise passée, ils me nomment quelques groupes, dont j’ignorais l’existence ou seul le nom m’est connu. Parmi cette liste figure le nom mystique de Metallica. Avec surprise, ils me demandent : « Mais ton père écoutait pas ça, du Metallica ? » Non fut bien sûr la réponse, la chose la plus intense que mon père écoute étant toujours du Johnny Cash.

Mais l’idée a fait son chemin. Metallica… le nom évoquait la base même du métal. Aujourd’hui, à la lumière de mon expérience et de ce défi, je peux écouter cette musique avec une nouvelle perspective. Disons qu’on est loin de Black Sabbath, Led Zeppelin, ou même Iron Maiden ! Ici, la précision du heavy metal est alliée à la vitesse et à l’intensité technique et sonore du hardcore punk. Bon, peut-être pas la totalité de son intensité sonore… Ainsi, alors que pour mon père le ton sombre de Black Sabbath aurait déjà été de trop, je l’imagine encore plus mal écouter cette musique autrement énergique, cadencée et d’une complexité parfois difficile à suivre. On vous lance une kyrielle de notes, en rafale, jouée avec une virtuosité démente mais sans vous laisser le temps de les assimiler toutes. Et le plus étonnant, mais aussi le plus agréable, c’est que le tout est toujours fluide, clair, précis, ce qui donne aux racines hardcore une audibilité fort appréciable. Et c’est tant mieux, parce qu’il y a encore plusieurs albums de speed et de thrash metal à écouter dans ce défi et dans les prochains jours. Aussi bien y prendre plaisir.

Le premier morceau qui a retenu mon attention, comme souvent, fut le premier, soit Battery.

Le départ lent et délicat à la guitare acoustique, qui donne une ambiance faussement latine. Puis arrivent les lourdes guitares électriques, de leur poids immense, juste avant que la batterie ne se déchaîne de manière surhumaine. Le morceaux éponyme, qui suit, m’a plutôt déçu, étonnamment. Si on le compare à la complexité et à rondeur des autres morceaux de l’album, je l’ai trouvé plutôt ordinaire et plat. Tout le contraire de Disposable Heroes !

Avec sa longue construction, sa complexité appréciable et ses différents mouvements, ce morceau n’a pas été sans me rappeler les grandes épopées chantées par Iron Maiden. Enfin, il y a aussi Orion, long morceau instrumental qui nous montre toute la virtuosité dont le groupe est capable.

Certes, ce n’est pas un album de métal classique, mais il s’agit certainement d’un incontournable du genre.

Parsley, Sage, Rosemary and Thyme (1966) – 902 jours, 974 albums

Aujourd’hui, j’ai apprécié bien davantage mon album de la journée. C’était Parsley, Sage, Rosemary and Thyme du duo Simon & Garfunkel.

Avec cet album, il s’est passé l’inverse d’avec The Mamas and the Papas. Je connaissais déjà quelques classiques du groupe, tels que Mrs. Robinson et The Sound of Silence, que j’appréciais beaucoup, mais l’écoute de quelques autres morceaux m’avait laissé plutôt indifférent. Mais là, en écoutant cet album, j’ai découvert un monde beaucoup plus appréciable et doux que je ne l’espérais. Dès Scarborough Fair/Canticle, l’ambiance est créée et établie : http://www.youtube.com/watch?v=ZVzdNGX8syo . Les arrangements musicaux sont gracieux et envoûtants, sans pour autant voler la vedette. Les voix en harmonie de Simon et de Garfunkel sont douces et poétiques. Ensuite, l’album prend parfois un peu plus d’énergie, ou au contraire s’adoucit un peu plus, mais somme toute, le ton est donné.

Il y a aussi le plus joyeux The 59th Street Bridge Song (Feelin’ Groovy) que j’ai bien aimé, ainsi que le très poétique Flowers Never Bend with the Rainfall dont les paroles m’ont profondément touché. Enfin, il ne voudrait pas que j’oublie de mentionner le mélancolique For Emily, Whenever I May Find Her, même si le morceau ne m’a pas particulièrement interpellé. Peut-être mériterait-il une ou deux écoutes plus minutieuses…

Bref, c’est ce genre de folk-rock que j’apprécie : des paroles poétiques, des voix harmonieuses et une guitare acoustique rehaussées et approfondissant une musique plus rythmée, plus soutenue et développée. Cela m’est infiniment plus intéressant et touchant que du country ou la voix difficile de Bob Dylan.

Mr. Tambourine Man (1965) – 913 jours, 980 albums

Dernièrement, j’ai aussi découvert The Byrds, avec leur album Mr. Tambourine Man.

Je savais qu’il s’agissait d’un groupe de grande importance pour les années 60, mais je n’étais jamais vraiment tombé sur eux. Je dois maintenant admettre que je regrette de ne pas les avoir découverts plus tôt ! Certes, il ne s’agit pas d’un groupe haut-en-couleur ou bien particulier. Mais ce que j’aime chez eux, c’est leur simplicité, leur facilité. Il est facile de les écouter, de savourer doucement leur musique et leurs harmonies. Leurs guitares sont présentes et caractéristiques, sans pour autant être agressives. Ils ont définitivement trouvé une bonne manière de me faire apprécier le folk (!).

D’ailleurs, leurs interprétations de quelques compositions de Bob Dylan sont tout simplement savoureuses. Vous vous souvenez sans doute que j’avais aimé les textes de Dylan, mais non sa voix ? Ici, la voix de Jim McGuinn convient parfaitement. Même chose pour le jeu instrumental du reste du groupe. Il y a, bien sûr, le classique Mr. Tambourine Man, rendu célèbre grâce au groupe : http://www.youtube.com/watch?v=mj0H1d9_lgw&feature=fvst , mais il y a également Spanish Harlem Incident, et surtout Chimes of Freedom qui m’a particulièrement accroché. Le morceau était inspirant, poétique et, surtout, bien chanté !

J’ai aussi bien apprécié Here Without You, ainsi que It’s No Usehttp://www.youtube.com/watch?v=bTgp9hXqjOE . L’énergie qui se dégage du groupe y est un mélange parfait de folk et de rock, sans tomber dans les extrêmes, ni de l’un, ni de l’autre. Bref, The Byrds me semble être d’une classe à part : une sorte d’hybride doux et candide de deux styles rudes, énergiques. Et ils ont l’immense mérite de m’avoir fait apprécié davantage Dylan et sa poésie.