All Hail the Queen (1989) – 220 jours, 500 albums

Queen Latifah - All Hail the Queen - 1989Avec son mélange de rap et de house, et sa voix féminine, All Hail the Queen de Queen Latifah sort du lot.

Le rap, ordinairement plutôt sec, gagne ici une belle rondeur avec l’ajout du house. Il transforme des morceaux autrement entièrement centrés sur les paroles en morceaux accrocheurs, voire dansants. Come into My House l’illustre bien, avec une place importante au house. Dance for Me mêle plus également les styles, formant un amalgame fort. Wrath of My Madness se centre davantage sur le rap, pour un résultat toujours réussi.

Pour qu’un album de rap retienne mon attention, il faut qu’il soit très musical, le temps m’étant accordé me laissant bien peu de temps pour me concentrer sur les paroles. Ici, sur ce point, Queen Latifah ressort du lot, mais une plus grande attention lui serait bénéfique.

The Score (1996) – 229 jours, 520 albums

Fugees - The ScoreLe rap imprégné de R&B et de soul des Fugees est présenté sur leur album The Score.

Certains morceaux semblent plutôt conservateurs, tombant dans l’image qu’on se fait du rap et du hip hop, avec sirènes de police en arrière-plan et un peu de langage vulgaire. Mais quelques uns sortent du lot, en offrant une teinte à la R&B sentie, donnant une profondeur inattendue à l’œuvre. Zealots et le plus gangster Fu-Gee-La en sont.

Les reprises de Killing Me Softly With His Song, avec ses racines soul, et de No Woman No Cry aux fumées reggaes méritent également une oreille attentive. À ces deux morceaux en particulier, le hip hop vient donner une dimension nouvelle, venant remanier le rythme de manière fort intéressante.

Street Signs (2004) – 445 jours, 594 albums

Un mélange de salsa, de hip hop, d’influences arabes et latines : voilà comment je décrirais la musique ensoleillée et colorée de Ozomatli et de leur album Street Signs.

Ozomatli - Street Signs

Un mélange bien festif, en effet. Et ça commence dès le complexe et entraînant Believe, où on se croirait dans une fête de tous les pays du monde, ou du moins de tous ceux qui sont chauds. Dans certains passages, on dirait un marché du Moyen-Orient, dans d’autres, on se retrouve au Carnaval coloré de Rio de Janeiro. Quelques moments me rappellent même le Bollywood et ses scènes époustouflantes. Le tout, bien sûr, avec un esthétisme tiré du hip hop et parfaitement adapté à la situation.

Un peu plus loin, (Who discovered) America? est plus calme, plus latin, plus langoureux aussi, alors que Saturday Night nous ramène dans une soirée chaude et rouge, avec l’accent mis sur le rap.

Déjame Paz a quant à lui une énergie déchaînée, au tempo rapide et enflammé. Dona Isabelle est une courte interlude au piano, juste avant Nadie Te Tira, qui retrouve une festivité renouvelée, intarissable, peu avant la fin de l’album.

Les multiples facettes et influences de l’album ont donc ensoleiller ma journée et mon écoute. J’espère qu’elles sauront faire de même avec vous.

The Blueprint (2001) – 467 jours, 622 albums

Pour sauter de nouveau du coq à l’âne, j’ai écouté un autre album de rap, soit The Blueprint de Jay-Z : un autre artiste pop que je souhaitais découvrir.

Jay-Z - The Blueprint

Je dois dire d’entrée de jeu que je n’ai pas été aussi satisfait qu’avec l’album de Kanye West. Cet album m’a paru intéressant, surtout sur certains morceaux, mais sans plus. Beaucoup de ses moments sont passés inaperçus dans mes oreilles. C’est dire à quoi point la ligne est mince pour m’atteindre ou non.

Mais quelques morceaux ont tout de même retenu mon attention, comme Jigga That Nigga que j’ai trouvé assez accrocheur, Hola’ Hovita et ses tendances latines, et All I Need qui était fichtrement bien fichu. Je vous le ferais bien écouter, mais deux morceaux en particulier ont remporté la palme. Le premier : l’excellent Song Cry.

Je n’aurais pas cru qu’un morceau de rap pût être touchant. Et pourtant…

Le second : Renagade, avec Eminem.

Donc oui, certains morceaux sont particulièrement bons, et méritent votre attention, mais le reste de l’album m’a paru plutôt décevant.

Doggystyle (1993) – 525 jours, 650 albums

Depuis le temps que j’entends le nom, j’ai décidé de donner un peu d’attention à Snoop Dogg et d’écouter un de ses albums, soit Doggystyle.

Snoop Dogg - Doggystyle

Après l’album de Dr. Dre, j’ai aussi voulu passer rapidement un autre album de gangsta rap, histoire de ne pas à avoir à l’écouter plus tard. Mais je dois dire que malgré la culture derrière cette musique, malgré les paroles obscènes (dans le mauvais sens) et dégradantes, la musique contenue dans cet album était tout même plutôt appréciable. Malgré tout ça. Du moins, quelques morceaux bien précis. Car l’album a également une longueur assez appréciable qui aurait pu, selon moi, être réduite. Cela dit, j’ai bien aimé l’ouverture, avec le morceau G Funk (Intro), et son langage cru qui nous plonge dans l’ambiance. Sans rire, les rythmes y sont bien ficelés et l’esthétisme du hip hop y est à son meilleur. Même si j’ai apprécié un peu plus Gin and Juice, avec son tempo lent et son ambiance de lounge.

Bien plus loin dans l’album se trouve l’entraînant For All My Niggaz & Bitches et son ambiance décadente, suivi de Ain’t No Fun (If the Homies Can’t Have None) et son rythme inspiré du R&B. Toujours, les paroles crues sont au rendez-vous. Je vous fais écouter le premier des deux.

Sinon, le reste de l’album m’a plutôt laissé indifférent, et je dois bien avouer que je l’ai écouté d’une oreille distraite. Disons simplement que j’ai quelques difficultés à consacrer beaucoup d’attention à de tels albums. Mais les albums sont tout de même, toujours, écoutés. Et maintenant, je connais un peu plus de cette culture si particulière.

Planet Rock – The Album (1986) – 647 jours, 767 albums

J’ai découvert un album plutôt surprenant. Il s’agit de Planet Rock – The Album, du groupe Afrika Bambaataa and the Soul Sonic Force.

Afrika Bambaataa - Planet Rock - The Album

Un autre précurseur et fondateur du hip hop et du rap, Afrika Bambaataa offre ici une mosaïque musicale plutôt étonnante. Alors que je m’attendais à découvrir un autre album de rap, j’y ai plutôt trouvé un mélange d’influences qui rappellent la funk, le dance, l’électro et même le jazz fusion. Difficile, en effet, de ne pas avoir à l’esprit Future Shock, l’album révolutionnaire de Herbie Hancock. Cela, d’ailleurs, est particulièrement apparent sur le morceau Looking for the Perfect Beat.

Le rythme engageant, l’ambiance minimaliste malgré la complexité immense des instruments et du beat, l’expérimentation audacieuse qui fonctionne à la perfection, l’utilisation d’une table tournante comme instrument de musique à part entière : tout, ici, nous transporte ailleurs, m’a fait vivre quelque chose de nouveau et de frais. Même si, ironique, il est déjà facile de voir des récurrences dans les structures musicales du style. Et pourtant, les artistes réussissent à m’impressionner à tout coup par leur créativité Et ici, c’est encore plus vrai. D’ailleurs, le morceau éponyme ne donne pas sa place non plus.

Encore une fois, on a ici une explosion de sons, de textures, d’un contenu musical riche et dense, mais avec une atmosphère légère et étonnamment épurée. Peut-être y a-t-il même ici quelques influences de Kraftwerk et du kraut rock…

L’autre morceau exceptionnel de l’album est Renegades of Funk qui porte vraiment bien son nom. Avec une mélodie accrocheuse et plus pop, mais toujours avec la même verve et audace musicale, il s’agit d’un autre tour de force qui vaut définitivement le détour.

Et dire, au début de ce défi, que j’avais peur d’arriver au rap et au hip hop !