Playing with Fire (1989) – 291 jours, 554 albums

Spacemen 3 réinvente le space rock, avec son album Playing with Fire. Le groupe reprend ce mélange éthéré et psychédélique inauguré par Pink Floyd, Hawkwind et consorts, en ajoutant des influences d’ambient, d’électro et un peu d’expérimentation. Les voyages spatiaux des années 70 se transforment en séances méditatives, lentes et hypnotiques.

Spacemen 3 - Playing with Fire

Le groupe remet au goût du jour ces ambiances oubliées, qui méritent d’être visitées de nouveau. On se perd dans ces morceaux, dans ces explorations musicales. How Does It Feel? joue sur la répétition, avec un rythme lent et méditatif, agrémenté d’électro et d’éléments hétéroclites. Sur Let Me Down Gently, la musique est encore plus dénudée, se concentrant sur le voile éthéré, sur une simple trame sur laquelle quelques éléments naviguent. Alors que Suicide est plus intense, offrant plutôt un mur de son qui rappelle la violence du punk, ou la guitare acérée du hard rock. Che, enfin, s’avance davantage dans le néo-psychédélique, où les éléments se mêlent, se confondent, et parfois ressortent du lot.

Certains moments sont unis et centrés. D’autres sont décousus, semblent se terminer abruptement, créant un sentiment d’incomplétude, de manque, qui n’est pas désagréable. Mais l’essentiel participe d’un seul album et forme un tout reconnaissable: une signature du groupe. Dommage qu’elle n’apparaîtra plus durant ce défi…

Ambient 1: Music for Airports (1978) – 412 jours, 588 albums

Ambiance éthérée, piano en écho, notes parcimonieuses : l’album Ambient 1: Music for Airports de Brian Eno fut parfait pour traverser les hauts conifères du parc de La Vérendry et prendre un moment de calme, la ville déjà loin derrière nous.

Brian Eno - Ambient 1 - Music for Airports

On dit qu’Eno a inventé le ambient. Ce n’est pas totalement le cas, mais disons que le style serait peu de choses sans son apport. Ambient 1… est d’ailleurs un tour de force à cet égard. Il offre de longs paysages aériens, de près d’une dizaine de minutes chacun, qui se peignent de manière douce et légère. La musique ressemble à de longs filaments de nuages, qu’on regarde passer lentement, poussés par le vent. Les thèmes des morceaux sont plutôt répétitifs, mais ils en deviennent hypnotiques. L’album est d’abord contemplatif, et serait parfait pour vos séances de méditation.

Plongez dedans avec le piano éthéré et relaxant de 1/1, le premier morceau de l’album.

La lenteur et la simplicité de se morceau me semblent époustouflants. On peut créer une ambiance si riche et si enveloppante avec pourtant si peu de choses.

A Rush of Blood to the Head (2002) – 471 jours, 629 albums

Un second album de Coldplay me tentait bien, déjà. J’ai donc écouté la britpop éthérée de A Rush of Blood to the Head.

Coldplay - A Rush of Blood to the Head

Je dois avouer que j’aime moins cet album-ci. Il n’en demeure pas moins un excellent album, et comporte bon nombre de bons moments, dont DaylightClocksPolitikThe Scientist… C’est simplement, me semble-t-il, qu’il manque la fraîcheur et la vitalité de Parachutes. Les morceaux sont plus détendus, plus désinvoltes en un sens. Ce n’est pas une mauvaise chose, mais de la même manière, ils perdent de leur vitalité, de leur poigne.

Quoiqu’il faut bien avouer que Clocks est difficile à détrôner, comme morceau phare du groupe.

Exception à l’album, Politik est mordant, dès le début. Il ouvre l’album avec force, émotion, tripes. God Put a Smile Upon Your Face est aussi bien savoureux, un brin tourmenté, et est composé avec le brio qu’on connaît bien à Coldplay. The Scientist est plus mélancolique et touchant, mais manque un peu de fraîcheur. Enfin, Daylight a quelques sonorités arabisantes et fait partie des morceaux du groupe que je pourrais écouter en boucle pendant longtemps.

Cela dit, pour le reste, X&Y demeure mon album favori entre tous. Avis aux intéressés et aux fans…

Cross (2007) – 475 jours, 629 albums

Je n’ai pas pu résister plus longtemps à l’idée d’écouter le classique de l’électro-dance français : l’album Cross du groupe Justice.

Justice - Cross

J’ai découvert ce groupe en même temps que The Divine Comedy, au cégep, par l’intermédiaire de ma première copine. Mais contrairement au chamber pop, la première impression ici ne fut pas la bonne. Il m’a fallu plusieurs années, et plusieurs écoutes, pour enfin apprécier à sa juste valeur un morceau tel que D.A.N.C.E., que je ne comprenais tout simplement pas. Ce mélange de sons électroniques, de rythmes lourds et appuyés, mais avec un début qui ressemble à une chanson pour enfant : tout cela était bien loin de la musique que j’étais en mesure d’apprécier à l’époque.

Mais cette époque est révolue, et Justice est désormais un groupe que j’affectionne tout particulièrement. Et en particulier cet album. Le premier morceau duquel je me suis entiché ? D.V.N.O., que j’ai dû écouter des milliers de fois dans le bus, dans le train, dans le métro, en route vers l’université ou à mon retour. Durant un mois entier, je ne devais écouter que ce morceau, en boucle, sans fin.

Ce morceau a quelque chose d’inexplicablement accrocheur. C’est peut-être le rythme outrageusement appuyé, les sonorités électrisantes, le refrain inoubliable… Je sais seulement que je pourrais encore l’écoute, encore et encore.

J’ai aussi rapidement eu un faible pour Phantom, Pt. II et sa composition complexe, éthérée et satisfaisante.

Après tout ce que j’ai écouté ici, je semble être encore plus en mesure d’apprécier toutes les subtilités et les détails de ces enregistrements, et j’espère que c’est la même chose pour vous ! Les textures sont mystifiantes, fascinantes. Vous cherchez quelque chose de plus doux ? Allez pour D.A.N.C.E.. Vous souhaitez au contraire quelque chose de plus thrash, de plus écorchant et de plus saisissant ? Allez pour Waters of Nazareth, vous ne serez pas déçus ! Genesis offre également une ouverture en force pour l’album : lourde et pompeuse, comme le groupe le mérite. Stress porte bien son nom, offrant un moment de pure angoisse de près de 5 minutes comme vous n’en avez jamais vécu.

Bref, écoutez l’album.

Vespertine (2001) – 476 jours, 629 albums

J’ai poursuivi ce défi avec Vespertine de Björk.

Bjork - Vespertine

J’attendais ce défi pour enfin découvrir tel qu’il se doit cette artiste unique, si appréciée d’une de mes amies. Et pourtant, voilà que j’ai déjà écouté les deux albums de Björk que contient ce défi. Je suis un peu triste que les choses se soient passées si vite, et je devrai donc investir un peu plus de temps, à l’extérieur de ce défi, pour approfondir toute l’oeuvre d’une artiste si particulière, à l’imaginaire si fascinant et envoûtant.

Encore une fois, l’album nous offre un trip-hop lent, détaillé, complexe, et enrichi d’électro expérimental comme seul Björk sait le faire. Tout l’album a cette atmosphère éthérée, hypnotique, qui fait toujours mon bonheur. Premier morceau remarquable, selon moi : It’s Not Up to You.

Il se construit tranquillement et de manière étincelante, comme une pyramide de cristal qui miroite sur la lumière de la Lune. Pagan Poetry m’a également séduit avec son ambiance mystérieuse, enveloppante, et toujours ce cristal fragile et miroitant. À ce titre, le trop court Frosti va encore plus loin. Vient ensuite Aurora qui m’a séduit par sa grandeur, son ampleur et ses grands espaces.

Pour le reste, faites comme moi, et n’ayez pas peur de découvrir cette artiste fabuleuse, une incontournable selon moi.

Parachutes (2000) – 476 jours, 629 albums

J’ai toujours été un fan de Coldplay, du moment où j’ai découvert leur musique à aujourd’hui. L’un de mes albums favoris, même s’ils sont tous bons et délectables, est Parachutes. Je me suis dit qu’il était plus que temps que je me plonge dans cette musique éthérée et empreinte de britpop.

Coldplay - Parachutes

La dream pop est également un composé important de cette musique. Les ambiances éthérées et presque hypnotiques de Coldplay sont une part fort importante de l’attraction qu’exerce sur moi cette musique rêveuse et méditative. Et je n’avais jamais remarqué avant de le lire, mais c’est vrai qu’il y a ici quelque chose de britannique dans le son, quelque chose d’élégant et de charmant.

Le morceau qui ouvre l’album est un morceau que j’adore. Il m’a accompagné lors de nombreux voyages, et j’adore l’écouter dans l’avion, en regardant à travers le hublot la terre qui s’étend sous moi, ou alors dans un autobus qui sillonne les vallées de l’Italie du Sud. Il s’agit du merveilleux Don’t Panic.

Il y a dans ce morceau une sérénité indescriptible, qui me met en transe à chaque fois, ou qui me plonge dans un calme rassurant, complet. Suit l’émotif et puissant Shiver, qui porte bien son nom et me donne des frissons à chaque écoute. Sparks offre une ambiance calme, comme s’il s’agissait d’un soleil levant, ou alors un crépuscule piqué de quelques étoiles à peine. Bref, une complainte des plus touchantes que j’affectionne tout particulièrement. Yellow offre plus d’énergie et semble nous sortir de notre torpeur, et je comprends pourquoi ce morceau accrocheur fut si populaire à sa sortie. Enfin, il y a High Speed qui, ironiquement, débute au ralenti, pour nous permettre d’apprécier toute l’ampleur que prend ce morceau.

Heureusement, je ne serai pas en reste. Ce défi comporte encore quelques albums de ce groupe que, vous l’aurez compris, j’apprécie tant.

Ray of Light (1998) – 490 jours, 635 albums

Je me suis lancé dans une autre artiste populaire, mais cette fois il s’agit d’une qui a déjà beaucoup de mon respect et de mon admiration. J’ai écouté Ray of Light de Madonna.

Madonna - Ray of Light

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une artiste populaire ordinaire. Pour moi, elle se classe aux côtés de grands comme Michael Jackson : sa popularité et la grandeur de ses oeuvres dépassent le cadre des masses. Attention : je ne suis pas un fan affirmé de l’artiste. Disons simplement que je sais apprécié sa musique et que je trouve qu’elle a une valeur plus étendue que sa contemporanéité. L’atmosphère dance-pop, cette fois, vient me chercher, m’entraîner, et me séduit le temps de quelques morceaux. L’un d’eux est l’élégant Ray of Light, chanson-titre de l’album.

Il faut dire que l’on est préparé à un tel album dès le premier morceau. Le lent et vaporeux Drowned World/Substitute for Love nous accueille dans cette musique, tout en douceur, nous transportant comme sur une barque, au fil d’un ruisseau endormi. Skin aussi s’ouvre sur une ambiance qui m’a rappelé le new age, avec son air éthéré, avant de lancer la basse cadencée, mais toujours en demeurant dans ce monde quelque peu mystique, hypnotique, à la fois captivant et relaxant. Frozen est également un morceau que j’ai beaucoup apprécié, ne serait-ce que parce qu’il m’a semblé plus accrocheur que les autres.

Enfin, The Power of Good-Bye apporte une certaine mélancolie, douce, toujours en restant dans cette ambiance calme, lente, caressante. Ainsi, l’album n’est pas tant fait pour la danse, pour l’énergie, mais plutôt pour la contemplation, pour qu’on puisse se recueillir en soi-même et fermer un peu les yeux. Cela m’a étonné de la part de Madonna, mais pas tant que ça non plus. Puisque, en même temps, cette délicatesse et élégance lui va comme un gant.