Five Leaves Left (1969) – 110 jours, 474 albums

Nick Drake - Five Leaves Left (1969)Le folk personnel de Nick Drake est sensible, touchant, délicat. Five Leaves Left est un de ces petits trésors qu’on a l’impression d’ouvrir, et qui contient une quantité infinie de souvenirs uniques, nostalgiques.

La voix de Drake est douce, suave. Sa simple guitare occupe tout l’espace, mais est parfois aidée de violons, comme sur le mélancolique River Man. Si ce n’était de la voix réconfortante de Drake, on en pleurerait. Day Is Done a aussi ce charme unique, qui allie une orchestration subtile, une mélodie qui fait frissonner votre cœur et, encore, cette voix unique. On se sent démuni devant ce morceau.

Pourtant, Drake est toujours mesuré, jamais poignant. Et pourtant, votre cœur en ressort serré, serré…

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Destroy Rock & Roll (2004) – 206 jours, 482 albums

Mylo - Destroy Rock and Roll - 2004Que vous aimiez le house, l’électro, les atmosphères éthérées ou tout simplement la bonne musique, il vous faut Destroy Rock & Roll du groupe Mylo. On est instantanément séduit par ce sens du rythme, par ces textures infiniment détaillées et par cette ambiance qui donne envie de danser, même dans l’autobus.

Chaque morceau est une perle. Drop the Pressure et ses sons mal enregistrés rappelle les débuts de Justice avec un peu d’humour. Paris Four Hundred nous happe immédiatement avec sa construction ingénieuse, accrocheuse. Sunworshipper est rempli de rêves avec son laissez-aller relaxant. Rikki surprend: son début hachuré fait penser à un disque qui saute, mais le thème est rapidement repris pour être exploré, amplifié, avant de devenir très entraînant. Muscle Cars et Musclecar Reform Reprise sont incroyablement mélodieux et doux à l’oreille.

Un véritable plaisir à découvrir et tout aussi satisfaisant, sinon plus, à réécouter. Un incontournable du house et de l’électro, à mon humble avis.

British Steel (1980) – 219 jours, 498 albums

Judas Priest - British SteelUn groupe incontournable du métal britannique, surtout de celui de la nouvelle vague, est sans contredit Judas Priest. Et à l’écoute du hard rock et du heavy métal harmonieux de British Steel, c’est facile de comprendre pourquoi.

De la musique puissante sans être bruyante, agressive sans être agressante, et surtout des mélodies structurées, harmonieuses et accrocheuses: on est rapidement séduit par ce son rond, accessible, mais qui n’a pourtant pas peur de défier et qui nous en met plein les oreilles.

Rapid Fire ouvre l’album avec un rythme enflammé. Breaking the Law est captivant avec son leitmotiv. Grinder est plus rude et lourd, mais sans écorcher les oreilles: tout glisse sans heurt. United ressemble à un anthem rassembleur.

Chaque morceau ou presque retient l’attention. Aucun n’a de lacune. On mise sur la mélodie et la puissance à la fois, et on parvient à concilier les deux avec maîtrise et talent. Je le répète: un incontournable pour comprendre et apprécier le style.

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) – 220 jours, 500 albums

The Beatles - Sgt Pepper's Lonely Hearts Club BandSans les Beatles, la musique n’aurait jamais été la même. Ce défi non plus. Avec leur statut d’auteurs/compositeurs, leur audace et leurs expérimentations toujours maîtrisées, ils ont établi le paradigme du rock psychédélique, de la musique populaire et ont influencé toute celle à venir.

Cela semblait donc naturel que leur plus grand chef-d’œuvre, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, soit le 500e album écouté de ce défi. Ce fut l’album le plus populaire et le plus vendu pendant longtemps. Ce fut également mon préféré durant de longues années. Lorsque mon exploration de la musique devint plus sérieuse, ce sont les Beatles qui m’ont fait découvrir à quel point la musique pouvait être riche, complexe, satisfaisante à écouter et à découvrir.

Écouter les Beatles pour la première fois, c’est quelque chose de mystique, presque. C’est comme un premier amour: le sentiment se reproduira, mais ne sera jamais le même. Et Sgt. Pepper’s est une découverte sans égal.

Si vous ne l’avez jamais écouté, alors je vous envie. Si vous l’aimez déjà, alors vous me comprenez. S’il vous laisse indifférent, je vous répondrai par une citation d’Amélie Nothomb: « Il faut s’éprendre soi-même ou se résoudre à ne jamais comprendre. » Un peu comme moi avec les Rolling Stones, j’imagine…

L’album

Sgt. Pepper’s est le paradigme de la musique psychédélique. Il a un peu de tout: des balades romantiques, des morceaux naïfs, d’autres complètement éthérés, des influences indiennes, du classique… Chaque morceau est un petit monde, une expérience en elle-même, tout en formant un tout assez homogène, harmonieux.

L’introduction Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band a les guitares et la batterie de hard rock, mais avec des éléments de fanfare. She’s Leaving Home est une perle de baroque pop, avec ses violons, sa harpe, sa contrebasse et son chant doux et mesuré. Within You Without You est la composition aux inspirations indiennes de George Harrison, traversée d’effluves mystiques. Good Morning Good Morning est joyeux et pimpant, alors que A Day in the Life est morose, triste, dramatique et sonne comme un glas à la fin de l’album.

Quelques morceaux sont psychédéliques en eux-mêmes, comme l’étrange Being for the Benefit of Mr. Kite. Mais l’accomplissement le plus marquant (et cela est très subjectif) est définitivement le voyage psychotrope de Lucy in the Sky with Diamonds. L’atmosphère éthérée, le texte sublime d’imagination, le détail de l’instrumentation calme, la mélodie qui semble flotter dans le cours d’un ruisseau: j’ai dû écouter ce morceau un millier de fois.

Dans cet album, tout y est: l’exploration musicale et le souci du détail qui mèneront au art rock, des balades douces qui inspireront le soft rock, les influences indiennes qui marquent déjà une ouverture vers les autres cultures du monde, le baroque pop qui reverra ici et là. C’est un microcosme de la musique populaire contemporaine. Et c’est le 500e album que j’ai écouté pour ce défi. Plus 501 pour terminer la course.

Et comme deux morceaux ne sont pas assez:

Orbital II (1993) – 224 jours, 509 albums

Orbital - Orbital IIDes samples en loop, des rythmes complexes mais mécaniques, des textures sans cesse en mouvance: l’album Orbital II du groupe Orbital est une perle d’électro, à mi-chemin entre l’ambient et la techno.

Parfois c’est le beat lourd qui prime, parfois c’est l’ambiance éthérée et méditative. Planet of the Shapes ressemble à un paysage lunaire aux mille étoiles. Lush 3-1 est une composition complexe et hautement satisfaisante avec ses mille textures, son ton techno et ses sons qui rappellent le timbre des .midi. Remind s’amuse dans les mêmes eaux mais en plus rythmé. Pour Walk Now…, c’est vers l’expérimental qu’on tire, avec des passages à la Cyriak.

Une découverte parfaite qui mérite d’être incontournable. L’électro a ici une forme unique.

Getz/Gilberto (1963) – 226 jours, 514 albums

Stan Getz and Joao Gilberto - Getz GilbertoLa bossa nova rappelle les plages de sable chaud, la mer ondoyante, les vents doux et l’air salin. Mais sans Stan Getz et João Gilberto, peut-être ce style ne serait jamais parvenu à vos oreilles. Ce sont des albums comme Getz/Gilberto que ces petits rythmes latins, ces percussions discrètes et cette guitare légère comme tout sont devenus populaires.

Sans l’inoubliable douceur de The Girl from Ipanema aussi, la bossa nova serait bien peu de choses. Ce classique a une délicatesse tout simplement divine, et la voix d’Astrud Gilberto (la femme de João) a la douceur du miel. Lorsqu’elle entonne Corcovado (Quiet Nights of Quiet Stars), c’est d’une beauté simple et complète, unique, qui fait croire en la beauté. Le plus langoureux O Grande Amor reste aussi dans l’oreille et le cœur.

Un incontournable qu’il faut connaître, et qui sera parfait pour vos balades en voiture d’été, vos après-midi à la plage, vos matinées à prendre le thé dans le jardin, ou même pour ensoleiller, comme aujourd’hui, vos jours de printemps pluvieux et autrement gris.

Back to Black (2006) – 226 jours, 514 albums

Amy Winehouse - Back to BlackAmy Winehouse rappelle Janis Joplin: morte à 27 ans, alors qu’elle était déjà célèbre, une voix inoubliable et un talent fou. Le neo-soul qui sort de Back in Black est à la hauteur de la légende. Il s’agit d’un R&B bien senti, d’un soul viscéral, mais avec une touche contemporaine qui l’empêche de paraître vieillot et qui, au contraire, rend le style éternel.

Rehab est déjà connu de plusieurs: avec son rythme appuyé et sa mélodie accrocheuse, il a tourné sur les ondes pendant longtemps. Mais c’est en écoutant des morceaux comme le profond Back in Black que l’on découvre tout le talent de l’artiste, avec une ambiance lourde et un chant touchant. Love Is a Losing Game satisfera ceux qui affectionnent les classiques du soul et du R&B. Avec Some Unholy War, c’est davantage le blues qui prend la place.

Un album incontournable pour les fans du genre, et un à découvrir, impérativement, pour ceux qui cherchent à le découvrir. Avec Winehouse, on ne se trompe pas.