Germ Free Adolescents (1978) – 111 jours, 474 jours

X-Ray Spex - Germ Free AdolescentsLe groupe X-Ray Spex pourrait facilement passer inaperçu dans le monde du punk. Mais sur Germ Free Adolescents, quelques originalités permettent de le distinguer, comme le saxophone qu’on entend ça et là, et quelques mélodies plus structurées que la simple anarchie commandée par le style.

Il s’agit d’un album qui mérite sa place auprès des fans du punk, mais que les autres peuvent passer outre.

Quelques morceaux recommandés: Identity, le plus lent Germ Free Adolescents et le musical Warrior in Woolworths.

Dig Me Out (1997) – 225 jours, 512 albums

Sleater-Kinney - Dig Me OutRage, guitares et punkettes: le punk n’est pas mort avec les années 80. Ni leur révolte d’ailleurs. Les membres du groupe féminin Sleater-Kinney s’en assurent. Avec Dig Me Out, on a l’impression d’être projeté 10-15 ans en arrière, durant les heures de gloire du style: même fougue, même énergie juvénile, même musique bruyante et vitriolée. Mais avec sa touche indie, ce groupe du mouvement riot grrrl n’a rien d’anachronique.

L’album a peu de moments faibles. Chacun est éclatant. Que ce soit le suppliant Dig Me Out, le plaintif Turn It On, l’accrocheur The Drama You’ve Been Craving, l’affirmé It’s Enough, le nuancé Little Babies ou l’excellent Not What You Want, la prestation est parfaite.

Un punk mature, féminin et sans concession.

First Band on the Moon (1996) – 279 jours, 536 albums

The Cardigans - First Band on the MoonCandide serait le meilleur mot pour définir la musique du groupe The Cardigans. Les morceaux twee pop et dream pop de First Band on the Moon rappellent les prés ensoleillés et la nostalgie des premiers amours.

Légères, badines et habitées d’une énergie juvénile, ces mélodies ne peuvent que faire sourire, même les journées grises. Le lent Heartbreaker ressemble à une comptine. Mais la plupart des morceaux sont joyeux et énergiques, comme le festif Never Recover, l’accrocheur Your New Cuckoo, ou même le lent mais présent Losers. Des morceaux comme Choke sont plus imposants, en ne perdant rien de leur simplicité et de leur petit côté rêveur.

Si vous connaissez déjà le groupe, ce sera peut-être grâce à Lovefool et ses tendances disco, qui fut un succès en rappelant à certains leurs meilleures années. Pour ma part, je m’en souviendrai pour l’excellente réinterprétation de Iron Man de Black Sabbath, transformé en morceau langoureux et rêveur: un véritable exploit.

The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators (1966) – 405 jours, 575 albums

The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators : le titre dit tout. C’est un son éclaté, coloré et hétéroclite à souhait que nous offre le groupe de rock psychédélique The 13th Floor Elevators.

The 13th Floor Elevators - The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators

Il peut être difficile de s’y retrouver dans cet univers enfumé, aérien et complètement déjanté. Les sons fusent, se mêlent, se séparent. Et à ce titre, les 13th Floor Elevators maîtrisent très bien le rock psychédélique, mais avec une folie et une extravagance peu commune. Ils offrent de longs paysages colorés aux formes étranges et inconnues, et renouvellent le coup morceau après morceau.

Ce morceau s’inscrit même dans un rock & roll endiablé, mais en y amenant tellement plus de texture, de couleur et de détails. Roller Coaster s’inscrit dans la même ambiance, mais avec un jeu de guitare plutôt mystérieux, qui amène une sorte de suspense. Fire Engine ne donne pas sa place non plus, dans le déjanté.

Plusieurs autres morceaux valent la peine, et tous ont cette intensité, cette énergie, cette désinvolture. Décidément, il faudra encore bon nombre d’albums avant que je ne m’épuise d’écouter du rock psychédélique.

Doolittle (1989) – 407 jours, 577 albums

Le noise rock agressif et révolté des Pixies est certainement plus intense que celui de Pavement, surtout sur un album comme Doolittle. Cris, halètements, guitares électriques stridentes et sales : tout y est dans ce renouveau du punk habillé de grésillements.

Pixies - Doolittle

Certains morceaux sont toutefois fichtrement accrocheurs, comme Here Comes Your Man, qui est presque candide lorsqu’on le compare au reste de l’album.

Mais les débuts de l’album ne laissent rien présager de cette accalmie à venir. Debaser est intense, criard, voire agressif et brutal. Et je passe sur Tame

Debaser est toutefois fort appréciable et passe de manière bien remarquée.

Le reste de l’album partage davantage l’ambiance et le ton du premier morceau de l’album : force, révolte et jeunesse insouciante. Je n’arrive pas à me décider sur la valeur respective des autres morceaux de l’album : je vous laisse donc en juger par vous-mêmes. Une seule chose est sûre, c’est que ce genre de musique n’est pas accessible à tous. Par sa brutalité, elle peut en rebuter plusieurs. Par sa complexité, elle peut demander plusieurs écoutes avant d’être pleinement comprise et appréciée.

Crooked Rain, Crooked Rain (1994) – 408 jours, 579 albums

Les sons parasites, la mauvaise qualité et le grésillement sont les éléments qui font tout l’attrait de la musique de Pavement. Avec leur album Crooked Rain, Crooked Rain, ils nous plongent dans cette atmosphère pleine, rude et aérienne à la fois, et presque méditative.

Pavement - Crooked Rain Crooked Rain

Le noise rock contient tous ces éléments ensemble : il mêle la rudesse et l’énergie jeune héritée du punk à l’atmosphère éthérée créée par un voile de grésillement. Pavement sait réaliser cet effet avec brio, et le renouvelle sur cet album. On se perd dans ces morceaux parfois vigoureux, parfois mélancoliques et sentimentaux. Cut Your Hair est un exemple du premier genre, avec son ton insolent. Il est accrocheur et vivant.

Alors que Newark Wilder est un exemple du deuxième, avec sa voix plaintive, son ambiance légère et sa guitare déconstruite vers la fin.

Simplement pour dire que le noise rock peut mener à tout et à toutes les émotions.

Bien sûr, plusieurs autres morceaux de l’album valent votre attention, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir vous-mêmes.

Violent Femmes (1982) – 412 jours, 588 albums

Le post-punk complexe et accrocheur du groupe Violent Femmes et de leur album éponyme fut une précieuse découverte. Un côté brut et juvénile, mais aussi fin et simple m’a immédiatement séduit.

Violent Femmes - Violent Femmes

Le post-punk est l’un de ces styles musicaux que j’ai appris à apprécier durant ce défi. Il a la simplicité et la force du punk, mais la composition va plus loin, fait un pas de plus. Une complexité à peine palpable rend cette musique tellement plus riche. Et l’épuration amenée par le punk rend ses morceaux follement accrocheurs, instantanément. Add It Up, la perle de l’album, saura vous convaincre.

Ce morceau est chanté avec une telle passion, et l’instrumentation est habitée d’une telle intensité : il est impossible de ne pas la remarquer, impossible de ne pas la réécouter, en boucle. Avec la simplicité musicale vient une authenticité, une franchise qui n’est pas sans attrait. L’énergie juvénile est elle aussi contagieuse.

Le folk-rock discret de Blister in the Sun a aussi ses fans. Mêlé au post-punk et à une touche bien indie, il participe de superbe façon au chant nerveux et fragmenté.

Un autre moment remarquable : le rock & roll mystérieux et le suspense, qui rappellent les films de détective ou d’action des années 50, de Gone Daddy Gone.

Sister (1987) – 413 jours, 590 albums

Les plaisirs insoupçonnés du noise rock sont retrouvés le temps de Sister, album de Sonic Youth. Le grésillement électrique de l’enregistrement forme un mur sur lequel le groupe peint des morceaux hypnotiques, énergiques et introspectifs.

Sonic Youth - Sister

J’adore ce grésillement. Sous le couvert d’une mauvaise qualité d’enregistrement, le noise rock nous plonge dans une ambiance pleine, enveloppante, complète. Tout l’espace sonore est occupé par ce voile, par cette toile. Dessus se superpose parfois un jeu d’ombre, parfois un jeu de couleurs. Il en ressort des images parfois sombres et oppressives, parfois impressionnistes et lumineuses. Sonic Youth, surtout ici, tombe plus souvent dans les premières images. Avec des morceaux comme Schizophrenia, il n’y a pas à en douter.

Ce qu’il y a de fascinant avec ce style musical, c’est qu’on peut y sentir une multitudes d’influences : le punk simple et un restant de son énergie juvénile, l’introspection éthérée, les paysages sombres du goth rock, un peu du métal qui donnera le grunge…

Dans les bons moments de l’album, on note Stereo Sanctity, plus agressif, plus imposant; Catholic Block, plus pop et accrocheur; Beauty Lies in the Eye, doux et flottant; Hot Wire My Heart, destructif et explosif; Kotton Krown, construit de manière lente mais imposante; et enfin Master-Dik, plus ancré dans le punk. Pour l’écoute, je vous laisse le méditatif Beauty Lies in the Eye.

Buffalo Springfield Again (1967) – 414 jours, 590 albums

Le mélange de country et de rock psychédélique de Buffalo Springfield, où ont débuté Neil Young et Stephen Stills, vous rendra nostalgique des sixties et de sa meilleure année, en particulier avec l’album Buffalo Springfield Again.

Buffalo Springfield - Buffalo Springfield Again

À force d’en écouter, je me fais l’oreille au country. Ce style a quelque chose de terreux, de campagnard que j’aime bien, et qui se marie avec bien des moments musicaux. Mêlé au rock psychédélique, comme le font plusieurs groupes, il semble exprimer quelque chose d’encore plus authentique, d’encore plus pénétrant.

C’est ce qu’il y a avec Buffalo Springfield : une fraîcheur. Pas de celle de l’eau, mais celle du gazon fraîchement coupé, de la terre fraîchement remuée, celle des sous-bois et du bruissement des feuilles.

Mr. Soul joue sur un rock solide, presque rock & roll, avec ses guitares électriques insistantes et grésillantes.

Everydays va plutôt avec le piano et l’air badin, mis à part de bas éclairs électriques, passagers. Expecting to Fly va même plus loin, plongeant dans l’éther ou dans les cieux.

Rock & Roll Woman a aussi quelque chose de bien attrayant, d’accrocheur, avec ses changements de rythmes, son orgue électrique et sa guitare acoustique grattée avec nonchalance.

Dommage que le groupe n’ait pas fait long feu, et que ce soit son seul album du défi. Mais maintenant j’ai encore plus le goût de découvrir Neil Young, et j’ai une nouvelle envie de faire connaissance avec Stephen Stills. Eux ont encore quelques oeuvres à me présenter.

Everything Must Go (1996) – 471 jours, 629 albums

J’ai aussi écouté un deuxième album des Manic Street Preachers. Il s’agissait de Everything Must Go.

Manic Street Preachers - Everything Must Go

J’aime ce groupe : leur ton insolent, leur énergie contagieuse, leur son britpop aux inspirations punk. Cet album n’y fait pas défaut. Et cela est vrai dès le morceau d’ouverture, Elvis Impersonator: Blackpool Pier.

Le morceau est accrocheur, énergique, d’une énergie jeune, révoltée, irrévérencieuse. Juste après vient A Design for Life et son refrain touchant, presque déchirant par son ton. J’ignorais que le groupe put faire quelque chose d’aussi profond, d’aussi émotionnel, et en voyant la grandeur de leur talent, je ne peux pas dire que je fus surpris non plus.

J’ai aussi adoré Kevin Carter, que je trouve simplement merveilleux dans son mélange britannique, punk et pop.

Le morceau éponyme vaut également votre attention, mais la fin de l’album passe plus inaperçue. Les morceaux y sont bons, mais ils ont semblé manquer ce petit quelque chose d’accrocheur, pour retenir mon attention. Même si le tout demeure fichtrement bien travaillé et rendu. Mais en même temps, ce groupe, malgré les apparences, offre une musique complexe, profonde, qui mériterait bon nombre d’écoutes avant d’être pleinement appréciée. Mais ça, c’est quelque chose qui devra attendre après ce défi.