Five Leaves Left (1969) – 110 jours, 474 albums

Nick Drake - Five Leaves Left (1969)Le folk personnel de Nick Drake est sensible, touchant, délicat. Five Leaves Left est un de ces petits trésors qu’on a l’impression d’ouvrir, et qui contient une quantité infinie de souvenirs uniques, nostalgiques.

La voix de Drake est douce, suave. Sa simple guitare occupe tout l’espace, mais est parfois aidée de violons, comme sur le mélancolique River Man. Si ce n’était de la voix réconfortante de Drake, on en pleurerait. Day Is Done a aussi ce charme unique, qui allie une orchestration subtile, une mélodie qui fait frissonner votre cœur et, encore, cette voix unique. On se sent démuni devant ce morceau.

Pourtant, Drake est toujours mesuré, jamais poignant. Et pourtant, votre cœur en ressort serré, serré…

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Blue (1971) – 221 jours, 504 albums

Joni Mitchell - BlueAvec son chant folk et émotif aux accents jazzy, Joni Mitchell est une artiste écoutée avec passion par plusieurs. Blue est un des quelques albums de l’artiste qui se trouvent dans ce défi: signe que l’artiste jouit d’une grande reconnaissance.

Mais comme avec plusieurs autres voix du vocal jazz, l’attachement d’un auditeur envers un artiste est souvent une question de personnalité. La voix toute particulière de Mitchell, avec ses inflexions et son timbre plus aigu, et son chant personnel et intime peuvent en laisser plusieurs indifférents. Alors que pour d’autres, ce sera le coup de foudre. Après une écoute plus prolongée (trois ou quatre écoutes), on finit tout de même par s’attacher.

My Old Man est particulièrement émotive. Le discret piano laisse toute la place à la voix, ici de virtuose, de Mitchell, avec des inflexions tourmentées et mélancoliques. Little Green fait place à une simple guitare acoustique et la voix est plus posée, mais toujours dans une ambiance bleue. Blue est très intime et frissonnant. California donne davantage dans le folk, comme le plus énergique This Flight Tonight.

Si vous n’accrochez pas tout de suite, donnez-lui une deuxième chance: on s’entiche assez facilement, sans que cela ne doive devenir l’amour fou. Le folk sauce jazzy est fort appréciable, et la douceur de Joni Mitchell n’est pas à ignorer. Mais il est aussi possible que vous aimiez, beaucoup, dès les premières notes.

Come On Feel the Illinoise (2005) – 224 jours, 509 albums

Sufjan Stevens - Come On Feel the IllinoiseUn monde de rêveries et de couleurs, teinté de chamber pop aux violons et à l’instrumentation classique et de folk-rock indie: c’est ce qu’offre Sufjan Stevens sur son album Come On Feel the Illinoise (ou Illinoise pour les intimes). Une musique personnelle et intime. Une perle à découvrir.

Le folk mesuré de Jacksonville m’a fait rêver de grands chemins, de prairies et de soirées à la campagne. Chicago m’a donné des frissons avec ses violons et sa voix à fleur de peau. La composition a un quelque chose de rêveur, de fabuleux, de divin. Le morceau ressemble à une confession innocente et à une aventure épique à la fois.

Et que dire du piano! Il traverse tout l’album avec ses notes claires, ses accords bleus, son jeu parfois joyeux, parfois mélancolique. Il expose toute sa splendeur dans le frissonnant The Seer’s Tower: un morceau qui m’a tiré quelques larmes.

Tout l’album est une merveille, un sac au trésor où se cachent des rêves, des couleurs (souvent bleues), des cieux au crépuscule ou à l’aube. Il est habité milliers d’instruments: autant de violons, de vibraphones, de tambours, de guitares, de chant qu’il est possible d’en rêver. Il séduit dès le piano mélancolique de Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois, et nous transporte tout l’album durant, sans jamais nous laisser retomber au sol. On se sent un peu comme Peter Pan, qui aurait connu une peine d’amour.

En bonus:

Back to Black (2006) – 226 jours, 514 albums

Amy Winehouse - Back to BlackAmy Winehouse rappelle Janis Joplin: morte à 27 ans, alors qu’elle était déjà célèbre, une voix inoubliable et un talent fou. Le neo-soul qui sort de Back in Black est à la hauteur de la légende. Il s’agit d’un R&B bien senti, d’un soul viscéral, mais avec une touche contemporaine qui l’empêche de paraître vieillot et qui, au contraire, rend le style éternel.

Rehab est déjà connu de plusieurs: avec son rythme appuyé et sa mélodie accrocheuse, il a tourné sur les ondes pendant longtemps. Mais c’est en écoutant des morceaux comme le profond Back in Black que l’on découvre tout le talent de l’artiste, avec une ambiance lourde et un chant touchant. Love Is a Losing Game satisfera ceux qui affectionnent les classiques du soul et du R&B. Avec Some Unholy War, c’est davantage le blues qui prend la place.

Un album incontournable pour les fans du genre, et un à découvrir, impérativement, pour ceux qui cherchent à le découvrir. Avec Winehouse, on ne se trompe pas.

Buenas Noches from a Lonely Room (1988) – 229 jours, 520 albums

Dwight Yoakam - Buenas Noches from a Lonely RoomLe country n’est pas accessible à tous. Ses mélodies larmoyantes et ses paroles mélancoliques en rebutent plus d’un. Pourtant, le genre a une profondeur émotive bien appréciable, et Dwight Yoakam nous l’a rend accessible avec Buenas Noches from a Lonely Room.

Son country alternatif amène quelque chose de pop et de moins dépressif à la musique. Bien sûr, l’essentiel reste là: violons campagnards, voix qui casse, honky tonk et guitares électriques caractéristiques. Mais on sent aussi l’effort de sortir des ornières du rang et d’amener de nouveaux auditeurs au patelin.

I Got You a quelques influences rock, mais demeure authentique. What I Don’t Know va un peu plus loin avec une batterie sentie et une guitare plus affirmée. Home of the Blues rappelle la familiarité entre les deux genres. I Sang Dixie est plus émotif, alors que Send Me the Pillow s’apparente à une balade où le rythme rappelle un cheval déambulant calmement.

I’ve Got a Tiger by the Tail (1965) – 405 jours, 575 albums

Un peu de country avec Buck Owens and his Buckaroos au milieu de ce défi, sur leur album I’ve Got a Tiger by the Tail.

Buck Owens and his Buckaroos - I've Got a Tiger by the Tail

Le country a plus en commun avec le blues qu’il n’y paraît : le rythme souvent lent, l’ambiance mélancolique, parfois même larmoyante ou déchirante, l’aspect campagnard et terreux… Mais parfois, on dirait que le country va plus loin, sous certains aspects émotifs. Les inflexions si caractéristiques de la voix font passer certains moment de mélancolique à littéralement pathétiques. Cependant, le country sait être plus rapide, par moments, et plus énergique et festif.

Buck Owens est un peu tout ça. Avec le morceau éponyme de l’album, par exemple, l’atmosphère est plus mouvementée.

Alors que d’autres moments sont terriblement touchants, comme Cryin’ Time.

Ensuite, Trouble and Me est le stéréotype même du country : stéréotype que je commence à apprécier. Wham Bam m’a paru cocasse et bien amusant. If You Fall Out of Love with Me donne dans le romantique. Enfin, The Band Keeps Playin’ On est plutôt accrocheur.

Night Life (1962) – 407 jours, 577 albums

Du country avec une voix de crooner ? C’est ce que nous offre Ray Price sur son album bleu et mélancolique Night Life.

Ray Price - Night Life

En faisant recherches, je suis tombé sur les termes Country-Pop et Honky Tonk. Le terme pop, ici, me semble désigné davantage une accessibilité que ce qu’il vaudra dire quelques décennies plus tard. Car il s’agit d’un country aimable, facile, où son langage musical parfois difficile est simplifié par la voix de Price. Celui-ci nous porte comme un crooner, comme le ferait un Sinatra, par exemple, mais sur fond de guitares country, de rythmes chevalins et de thèmes larmoyants.

Le morceau qui nous introduit à l’album, Night Life, en est un excellent, qui se démarque par sa tendresse et sa mélancolie. Il donne véritablement l’impression d’être en fin de soirée, un verre vide à la main, dans l’éclairage tamisé d’un bar.

Ce morceau est moins country que le reste de l’album. Des morceaux comme Pride en sont plus empreints, mais c’est pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

J’ai aussi bien apprécié le pensif Sittin’ and Thinkin’ et le triste, et plus campagnard, The Twenty-Fourth Hour.