Harvest (1972) – 405 jours, 575 albums

Le plus grand album canadien de tous les temps : voilà le mot d’ordre qui m’a introduit à Harvest de Neil Young. Le meilleur, je ne sais pas. Mais avec son folk-rock touchant, personnel, travaillé et parfaitement livré, il mérite définitivement sa place dans ce défi.

Neil Young - Harvest

Cet album ressemble à un grand vin : c’est avec le temps qu’il s’affine, et c’est sous l’attention qu’il se découvre. Après quelques écoutes, il s’ouvre, expose tous ses détails, toute sa richesse. Cette musique a quelque chose de fragile et, ainsi, de puissant, de pénétrant et touchant. Avec quelques guitares, une batterie, un harmonica et la voix de Young, on obtient une ambiance intime, personnelle, chaleureuse même dans les moments tristes ou plus frisquets. Tous les morceaux sont mesurés, contrôlés, et on cède jamais sous l’émotion ou l’emportement, ce qui en fait un album réaliser avec précision. De cette retenue ressort une intensité nouvelle.

Pour vous familiariser avec cette maisonnette chauffée au bois dans laquelle nous invite Young, je vous propose le morceau éponyme, Harvest.

Un autre morceau qui m’a atteint droit au coeur est Heart of Gold.

Il y a dans ce dernier morceau une nostalgie qui fut loin de me laisser indifférent.

Old Man est dans les mêmes eaux, avec une teinte réflexive, et est une autre des perles de l’album. Are You Ready for the Country a un peu plus d’énergie mais reste doux et relativement lent. Alabama est bien accrocheur, comme presque tout l’album d’ailleurs. Enfin, The Needle and the Damage Done est silencieux, simple.

Et dire que ce disque, dans tous mes vinyles, était d’abord passé complètement inaperçu.

Buffalo Springfield Again (1967) – 414 jours, 590 albums

Le mélange de country et de rock psychédélique de Buffalo Springfield, où ont débuté Neil Young et Stephen Stills, vous rendra nostalgique des sixties et de sa meilleure année, en particulier avec l’album Buffalo Springfield Again.

Buffalo Springfield - Buffalo Springfield Again

À force d’en écouter, je me fais l’oreille au country. Ce style a quelque chose de terreux, de campagnard que j’aime bien, et qui se marie avec bien des moments musicaux. Mêlé au rock psychédélique, comme le font plusieurs groupes, il semble exprimer quelque chose d’encore plus authentique, d’encore plus pénétrant.

C’est ce qu’il y a avec Buffalo Springfield : une fraîcheur. Pas de celle de l’eau, mais celle du gazon fraîchement coupé, de la terre fraîchement remuée, celle des sous-bois et du bruissement des feuilles.

Mr. Soul joue sur un rock solide, presque rock & roll, avec ses guitares électriques insistantes et grésillantes.

Everydays va plutôt avec le piano et l’air badin, mis à part de bas éclairs électriques, passagers. Expecting to Fly va même plus loin, plongeant dans l’éther ou dans les cieux.

Rock & Roll Woman a aussi quelque chose de bien attrayant, d’accrocheur, avec ses changements de rythmes, son orgue électrique et sa guitare acoustique grattée avec nonchalance.

Dommage que le groupe n’ait pas fait long feu, et que ce soit son seul album du défi. Mais maintenant j’ai encore plus le goût de découvrir Neil Young, et j’ai une nouvelle envie de faire connaissance avec Stephen Stills. Eux ont encore quelques oeuvres à me présenter.

After the Gold Rush (1970) – 414 jours, 590 albums

Un peu folk, un peu rock, personnel surtout : After the Gold Rush est un album doux et juste assez lyrique pour découvrir le mythique Neil Young.

Neil Young - After the Gold Rush

Neil Young est l’un des musiciens canadiens les plus respectés au monde. CBC music considère même Harvest comme le meilleur album canadien de tous les temps. Ce n’est pas peu dire ! Et comme ce défi compte plusieurs albums de l’artiste, le temps était arrivé de découvrir ce géant.

After the Gold Rush offre un son intime, personnel. Il est touchant et émotif, mais sans tomber dans le larmoyant. Young mêle d’ailleurs avec aisance ces aspects de la musique folk avec le côté plus accrocheur du rock. C’est donc un folk-rock assez puissant et rassembleur qui occupe l’album. La plupart des morceaux sont grattés sur une guitare acoustique, et on se croirait au coin du feu, une veste de laine sur les épaules, et juste assez gris pour laisser son esprit devenir nostalgique.

L’album s’ouvre avec le touchant Tell Me Why, passionné et chanté en choeur. Plus loin, Only Love Can Break Your Heart est écrit comme une valse, avec quelques notes de piano, mais surtout la guitare acoustique et la batterie, qui font penser à une chanson fredonnée simplement.

Southern Man est plus poignant, plus intense. Le morceau a d’ailleurs quelque chose de presque viscéral.

Oh, Lonesome Me touche davantage au country, mais ce n’est pas une mauvaise chose : la tristesse de Young devient bleue, nostalgique, lyrique, et aidée par l’harmonica. Enfin, When You Dance You Can Really Love ajoute une touche bien rock à l’album, avec ses guitares électriques.

Le reste de l’album laisse présager une découverte bien satisfaisante de cet artiste monumental.