A Short Album About Love (1997) – 286 jours, 548 albums

Une explosion de pop, d’orchestrations et d’émotions sur A Short Album About Love de The Divine Comedy. Le chanteur y met le paquet, avec intensité et abandon, transformant son chamber pop badin en orchestre puissant et viscéral.

The Divine Comedy - A Short Album About Love

L’orchestre, définitivement, donne une ampleur incommensurable à ces morceaux venus des tripes et du cœur. La pop reste, mais l’album prend un certain sérieux, donnant davantage de place à l’émotion que son prédécesseur, Casanova. Ou sont-ce les émotions qui sont plus grandes? Dans In Pursuit of Happiness et Someone, entre autres, la musique construit un crescendo incroyable vers la fin, et le poids de l’ambiance devient presque insoutenable.

Certains préféreront peut-être l’alliage plus délicat du classique à la pop qu’on peut retrouver sur les autres albums de l’artiste. Mais on ne peut nier la puissance émotive de ce petit album, où on l’a distillé pour la rendre encore plus concentrée et poignante.

Deux autres morceaux qui valent votre oreille: If I Were You (I’d Be Through With Me) et Timewatching. Quoique la qualité relative des morceaux est facilement contestable.

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Casanova (1996) – 504 jours, 642 albums

Après une longue attente, j’ai aussi pris le temps d’écouter un album complet, du début à la fin, du chanteur The Divine Comedy. Eh oui ! Et ce fut Casanova.

The Divine Comedy - Casanova

Cela fait quelques années que je connais cette musique, que j’écoute à l’occasion, quelques morceaux à la fois, distraitement. Mais comme l’artiste participait au défi, je me suis dit qu’il était temps d’écouter un album dans son entier, pour saisir un peu mieux ce monde musical étrange, unique, et scintillant. À ce titre, Casanova ne m’a pas déçu. Avec son judicieux mélange d’orchestrations et d’hymnes pop, sous l’appellation de chamber pop, l’album nous transporte dans une soirée distinguée, mais qui n’a pas relevé son langage musical outre mesure non plus. Et cela se passe dès Something for the Weekend, qui ouvre l’album.

La diversité des instruments offre une ambiance riche, mais qui demeure légère par ses thèmes, par le chant désinvolte, par sa composition profondément pop. Même si Something for the Weekend offre un rythme plus mouvementé, Middle-Class Heroes en offre plutôt une nostalgique, mais toujours empreinte de légèreté. Charge, quant à lui, est impérieux, fragmenté et appuyé, rappelant le tango.

Songs of Love est davantage badin, alors que The Frog Princess tombe solidement dans la pop, et demeure ainsi un des morceaux marquants de l’album et du groupe.

Avec autant d’ambiances différentes, The Divine Comedy emploie la flexibilité de la musique orchestrale pour faire passer toute une gamme d’émotions, mais tout en conservant son album uni, complet et homogène. Et avec une musicalité aussi raffinée, cela semble donner une profondeur et une appréciation de plus à la pop, qui peut facilement être futile ou éphémère. D’un autre côté, les morceaux ne sont pas diablement accrocheurs non plus, l’orchestration aveuglant un peu l’aspect catchy potentiel des morceaux.  Mais somme toute, il s’agit d’un bon assemblage, intéressant et appréciable. C’est pourquoi je trouve si regrettable que ce musicien aura si peu de place dans ce défi.

Out of the Blue (1977) – 744 jours, 827 albums

Le plaisir de ce défi, c’est aussi de réécouter quelques groupes qu’on connaissait déjà, mais que l’on souhaitait enfin écouter sérieusement ou simplement redécouvrir sous un angle différent. Avec le groupe Electric Light Orchestra, alias ELO, c’est un peu les deux. J’ai donc écouté leur album double Out of the Blue.

Comme avec plusieurs autres groupes de ces années, ma découverte de ELO s’est faite par le truchement de ma quête inlassable pour trouver des disques vinyles bon marché. J’étais tombé sur une compilation de leurs meilleurs morceaux et j’avais fort apprécié ce mélange audacieux de rock, de pop, de sonorités futuristes et d’arrangements orchestraux. Plus tard, tombant sur un gros lot de disques, j’ai fini par acquérir leur discographie presque complète. J’ai ainsi appris que tous leurs bons morceaux n’étaient pas que sur ma compilation…

Avec Out of the Blue, le présent album, c’est une longue orgie de ces sonorités si particulières et avant-gardistes; c’est un peu plus d’une heure de ce concept nouveau et malheureusement unique. En débutant avec Turn to Stone, le coup d’envoi est donné, et on est déjà transporté par cette ambiance électrisante et grisante.

Les voix en écho, le rythme qui ressemble à une marche, le ton épique et énergique, les violons qui donnent un raffinement infini au morceau : tout y est. Pas tellement plus loin, c’est Sweet Talkin’ Woman qui retient l’attention avec ses airs plus pop et son ton accrocheur. Beaucoup plus loin, c’est l’exploratoire Standin’ in the Rain qui m’a passionné.

Enfin, Mr. Blue Sky est aussi un excellent morceau, qui rappelle d’ailleurs le rock psychédélique de la décennie précédente.

Il s’agit donc d’un grand imbroglio de styles en apparences distincts et éloignés, mais ici rassemblés de manière étonnante et étonnamment fluide. Rien n’accroche et on ne reste qu’avec l’aspect lisse et électrisant des morceaux. Avec leurs refrains accrocheurs et leur côté pop, tout l’album a quelque chose de ragoutant. Bien sûr, tous les morceaux ne sont pas des perles, mais la fluidité de l’album fait qu’on écoute le tout d’un trait, même si certains chefs-d’oeuvre ressortent, à quelques occasions, du lot.