Reggatta de Blanc (1979) – 110 jours, 474 albums

The Police - Reggatta de Blanc (1979)The Police est pas mal connu de tous. On a tous entendu Message in a Bottle, contenu sur cet album, Reggatta de Blanc. Mais beaucoup de leurs morceaux demeurent méconnus, ou ont été oubliés par l’histoire. Pourtant, le groupe offre une musique assez riche et des morceaux intéressants. Bien que la plupart soient, naturellement, moins accrocheurs que les hits que vous connaissez.

Cette richesse, elle vient de cet ajout subtil de reggae à un post-punk très inspiré du album rock rond et pop. Il ne ment pas dans l’ambiance décontractée de Walking on the Moon, mais des morceaux comme It’s Alright for You sont clairement pop. Contact flirte avec l’expérimental mais n’y tombe jamais, donnant une texture fascinante à un morceau très abordable.

Pour dire que certains hits viennent parfois ombrager des groupes beaucoup plus diversifiés qu’il n’y paraît.

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Tom Tom Club (1981) – 111 jours, 474 albums

Tom Tom Club - Tom Tom Club (1981)Un album assez étrange qu’est le dance-pop et new wave Tom Tom Club, du groupe du même nom. Ses mélodies et ses rythmes semblent être fragmentés, hachés, de manière presque robotique. Peut-être est-ce ce mélange particulier entre la chaleur pop du new wave et la froideur mécanique du kraut rock qui cause cette ambiance étrange?

Quelques morceaux sont uniques en leur genre, en cette ambiance. Wordy Rappinghood somme tout ce que les années 80 ont d’étrange. Genius of Love y ajoute même une chaleur reggae, qui est ici presque extraterrestre. Et que dire de l’amalgame bizarre qu’est le spacial et rétro, voire bubblegum Lorelei?

Un album qui fera froncer vos sourcils, mais qui est tout autant fascinant.

Pelican West (1982) – 132 jours, 478 albums

Haircut 100 - Pelican West (1982)Le post-punk et le new wave regorge de groupes pop qui ont chacun leur charme. Haircut 100 (ou Haricut One Hundred) en fait partie. Des morceaux catchy et épurés, quelques cuivres et une guitare acoustique qui répète, sans fin, le même riff sur lequel tout le morceau est bâti: voilà Pelican West en quelques mots.

Si on aime les années 80, on peut écouter de sa musique des semaines durant. Ce qui démarque Haircut 100, ce n’est pas tant ses quelques hits qui restent dans les oreilles, comme Favourite Shirts (Boys Meet Girls), mais plutôt son éclectisme. Un peu de piano par-ci, quelques saxophones et trompettes par-là, et quelques bongos pour le rythme.

Ainsi, des morceaux comme Milk FilmMarine Boy ou le plus rocailleux Baked Bean restent un peu dans les oreilles. Mais à moins d’être un fana des eighties, vous les oublierez rapidement.

Public Image (1978) – 207 jours, 486 albums

Public Image Limited - Public ImageUne image publique doit être travaillée, lisse, épurée. Pourtant, la musique du groupe Public Image Ltd. est anarchique, criarde, lourde. L’album Public Image: First Issue est punk à souhait.

Quelque peu post-punk pour certaines mélodies, le tout est surtout difficile, pesant. Theme ouvre l’album avec un grand cri, puis enchaîne avec des guitares et beaucoup de distorsion. Le tout sur un rythme lent, appuyé. Religion II mise sur la répétition, toujours avec guitares et voix punks lointaines. Annalisa est plus mélodique, mais c’est encore le tapage qui ressort le plus. Fodderstompf ressemble à une expérimentation dans le kraut rock, avec son rythme sec et mécanique, voix aiguës et agaçantes en prime.

Difficile de trouver cet album très intéressant. Je comprends mieux pourquoi les morceaux punks se limitent à 1 ou 2 minutes. 5 minutes sur les 2 ou 3 mêmes accords, c’est long.

Kings of the Wild Frontier (1980) – 207 jours, 486 albums

Adam and the Ants - Kings of the Wild FrontierAlbum mêlant les guitares lourdes et quelque peu sombres du post-punk et le pop accrocheur du new wave, Kings of the Wild Frontier d’Adam and the Ants fut une belle découverte.

Dog Eat Dog commence avec des percussions profondes, enchaîne avec des guitares rudes et résonnantes et se réalise avec une mélodie intéressante qui reste dans l’oreille. Ensuite, les morceaux jouent avec cette inspiration presque tribale des percussions et du chant, avec les guitares brutes et l’atmosphère un peu sombre. Los Rancheros a même quelque chose de latin, mais avec une voix profonde qui nous rappelle que l’on est bel et bien dans le punk. Killer in the Home est une plainte à la voix tribale mais aux contours glam rock.

Le tout fait penser par moments à une bacchanale, toujours avec une structure incroyablement mélodique pour les influences. Une découverte intéressante avec son énergie brute sans être brutale.

The Cars (1978) – 219 jours, 498 albums

The Cars - The Cars - 1978Le new wave a beaucoup d’expressions différentes. Il ne s’agit pas que de synthétiseurs et de rythmes dansants. The Cars, par exemple, adopte plutôt un genre de post-punk pop, mêlé à des mélodies rondes et accrocheuses. Bref, du punk sans l’aridité. Et c’est particulièrement réussi sur l’album éponyme The Cars.

Plusieurs hits vous resteront sûrement dans les oreilles, comme l’excellent Just What I Needed ou le mémorable et plus lent Good Times Roll. D’autres morceaux plus complexes, comme le plus punk et haché I’m in Touch With Your World ou le plus électro et près de la synth pop Moving in Stereo, viennent compléter cet album.

Un bel amalgame des influences punk, post-punk et électro de l’époque, fait avec talent, et avec quelques hits pop en plus.

The Modern Dance (1978) – 220 jours, 500 albums

Pere Ubu - The Modern Dance - 1978Il y a toujours une fébrilité à l’idée d’écouter un nouvel album de rock expérimental: tout peut arriver. À ce titre, The Modern Dance de Pere Ubu, avec son mélange de post-punk, d’anarchie et d’expérimentation, ne m’a pas déçu.

On entend la distorsion des guitares. On entend des sons suraigus nous percer les oreilles. On entend une cacophonie électrique, métallique, sèche comme le punk, de laquelle émergent une mélodie plus structurée. Il s’agit d’une complexité intriguante, qui vient embellir les morceaux plutôt que de les ternir vraiment.

Non-Alignment Pact ouvre avec un son strident, puis les guitares embarquent et une mélodie bien accrocheuse se compose, avec une voix typiquement punk. The Modern Dance mêle à merveille les éléments dissonants et mélodieux. Les autres morceaux jouent sur ce même motif.

Un résultat exigeant mais satisfaisant, si on accepte de se faire écorcher les oreilles.