The Clash (1977) – 686 jours, 810 albums

Pour un énième album de punk, j’ai écouté l’album The Clash du groupe éponyme.

The Clash - The Clash

Je dois avouer que, avant ce défi, j’appréhendais un peu le moment où je devrais me plonger dans le punk, ce style de musique agressif, lourd et sans trop de substance. Pourtant, force est de constater que c’est un style que je me prends à apprécier de plus en plus. Il faut dire que la perspective historique avec laquelle je fais ce défi aide beaucoup. Je comprends maintenant mieux le style, ses éléments, sa provenance et son évolution. En fait, ce fut même un plaisir de retrouver ce son de garage simple et brouillon, mais franc et habité d’une force nue et brute, de retrouver aussi les racines du rock & roll et de la musique populaire subséquente. Avec la musique des Clash, c’est un peu tout ça, comme avec bien des groupes de punk. Avec un son moins agressif que chez les Sex Pistols, mais avec la même simplicité, la même énergie brute et le même entrain. I’m So Bored With the USA ferait d’ailleurs un excellent morceau pop, malgré sa hargne et sa ténacité.

Leur son a aussi quelque chose de plus doux, de poli. Janie Jones, par exemple, est facile à écouter, malgré sa force. Les Clash sont bruyants, mais juste assez, et jamais trop. Même London’s Burning, malgré son titre provocateur, semble presque retenu si on le compare aux Sex Pistols. Police and Thieves, enfin, un refrain pop qui surprend dans ce contexte. Bref, il s’agit ici d’un punk plus facile, plus accessible que chez d’autres groupes. Certes, il y a toujours la force et une certaine brutalité, mais le groupe semble se rapprocher davantage du bon vieux rock que de la révolte ouverte.

Destroyer (1976) – 766 jours, 841 albums

Changeant par la suite de registre, j’ai enfin pris le temps de découvrir l’un des grands groupes populaires, l’un de ces incontournables, caractérisé, ici, non seulement pas leur son et leur musique, mais également par leurs costumes, leur mise en scène et toute la mythologie qu’ils ont réussi à créer autour d’eux-mêmes et de leurs oeuvres. Je parle ici du groupe mythique Kiss, et j’ai écouté leur album Destroyer.

Comment demeurer indifférent à un morceau tel que Detroit Rock City ?

Avec leurs costumes suggestifs et leur théâtralité puissante, le groupe ne passe certes pas inaperçu. Leur musique est clairement un mélange de hard rock et de heavy metal, mais avec une touche de glam rock qui fait toute la différence. Bien sûr, il y a les costumes, mais il y a aussi l’aspect accrocheur des morceaux, ainsi qu’une espèce de simplicité ou de lustre qui rend cette musique si accessible malgré sa force apparente.

Dans ces morceaux accrocheurs, j’ai retenu, entre autres, Do You Love Me et ses passages qui rappellent presque une balade. Disons simplement que, avec un tel style, un morceau romantique n’est pas passé inaperçu. Il y a aussi King of the Night Time World, un peu plus rude, que j’ai bien apprécié.

Avec ces trois morceaux seulement, Kiss m’a montré qu’il était à la hauteur de sa réputation presque divine. Ce n’est pas un style que j’affectionne tout particulièrement, mais je ne peux rester indifférent à une musique qui est le parfait hybride de la puissance, de l’énergie, de la sensualité et de la théâtralité. Dommage que ce défi ne comporte qu’un album du groupe…

Toys in the Attic (1975) – 769 jours, 844 albums

Pour un peu plus d’énergie et d’électricité, j’ai écouté Toys in the Attic du groupe Aerosmith.

Cet album illustre à merveille l’idée que je me faisais du rock des années 70. Avec un peu plus d’expérience, je peux même décortiquer les différentes composantes et influences de ce son si unique et si particulier. Il ne pouvait exister avant cette époque, car il fallait que le rock gagne en force, en puissance, en raffinement aussi, autant qu’en audace. On sent d’ailleurs le blues, mais ici plus lourd, de Led Zeppelin : c’est la partie heavy metal. On sent également l’héritage des Stones, de Deep Purple, des Who, d’Alice Cooper, mais en plus dosé, plus équilibré avec ses autres composantes.

C’est aussi un son qui mutera assez rapidement, comme tous les autres. La musique punk volera l’énergie et la puissance de ce style, alors que la pop prendra une autre tangente. Où se retrouvera le hard rock et le heavy metal ? Bien hâte de voir…

Parmi les incontournables de l’album, il y a le morceau éponyme qui ouvre l’album de manière accrocheuse, avec des instruments et des voix maîtrisés à la perfection, surtout lorsqu’ils sont employés en choeur.

Le morceau résume aussi assez fidèlement le style du groupe et ce qui vous attendra pendant le reste de l’album.

Autre morceau notable : Walk This Way, avec sa guitare électrique à l’avant-plan et, encore une fois, son refrain intense et accrocheur. Enfin, Sweet Emotion nous amène ailleurs, avec son atmosphère plus calme et éthérée, rappelant pendant un court moment la période psychédélique déjà si lointaine !

Pour le reste, c’est une découverte qui en vaut certainement la peine.

Horses (1975) – 773 jours, 850 albums

Sans trop m’en rendre compte, je me suis ensuite plongé dans le punk en découvrant Patti Smith et son premier album, Horses.

C’était un paquet de vinyles d’une qualité rare, que j’avais obtenu dans une vente de garage, pour une somme modique. Certains titres en particulier m’intéressaient alors que d’autres m’étaient inconnus, mais comme souvent, j’avais pris le lot au complet. C’était moins cher, et je faisais parfois de belles découvertes. Parmi ces inconnus, quelques vinyles d’une Patti Smith, qui semblait avoir une valeur particulière. En parcourant bien plus tard mon fameux livre des 1001 albums, je suis tombé de nouveau sur elle. Arrivant enfin à l’époque de son premier album, je l’ai donc écouté avec une impatience certaine.

C’est en faisant des recherches par la suite que j’ai découvert qu’il s’agissait de la reine du punk, et de sa poésie. Tiens, déjà ? Bon, je m’attendais quand même à le voir surgir bientôt, mais pas avant deux autres bonnes années. Mais le proto-punk était déjà là, avec le glam rock, et le rock de garage existait depuis déjà une décennie !

Ce fut donc une belle surprise, surtout que l’album s’est révélé être plus accessible que je ne l’aurais cru. Avec Gloria, on est tout de suite plongé dans l’ambiance.

On a surtout l’impression que dans le punk, le rock ne fait que revenir aux sources, en se purifiant et en se simplifiant, mais en comblant le manque par une énergie viscérale et une puissance inégalable. J’ai eu cette même impression sur Free Money, tout comme sur l’accrocheur Break It Up qui a même quelque chose de glorieux.

Mais Smith sait également être complexe et élaborée, malgré ce côté simple du style. Des morceaux comme le long Land: Horses/Land of a Thousand Dances/La Mer (De) mériteraient sûrement de nombreuses écoutes avant que je puisse en savourer tous les détails.

Bref, comme toujours, j’ai bien hâte de voir où tout cela va me mener…

Billion Dollar Babies (1973) – 774 jours, 852 albums

Un artiste qui m’avait impressionné lorsque je l’ai découvert, durant ce défi, fut Alice Cooper. J’ai donc écouté un second album de cet artiste, soit Billion Dollar Babies.

La première fois, alors que je croyais tomber sur un son dur et vide, plat et presque sans intérêt, j’étais plus tombé sur un album d’une complexité étonnante. Avec cet album, ce fut un peu la même chose, sauf que, cette fois-ci, je m’y attendais. Hello, Hooray ouvre l’album comme s’il s’agissait d’un spectacle, avec une mise en scène prenante, avec une certaine cérémonie et solennité. Plus loin, Elected nous accroche avec son énergie franche et sur les dents.

Mais c’est vraiment la poésie acide de No More Mr. Nice Guy qui m’a séduit sur cet album.

Le reste de l’album ressemble assez au précédent, avec cette variété de tons, sur fond de force et d’énergie jeune, avec comme principal outil une guitare électrique bien présente et la voix affirmée du chanteur. Quoiqu’ici, j’avais l’impression que l’album était un peu plus épuré, un peu plus pop. Mais cela n’avait rien de déplaisant.

Gasoline Alley (1970) – 776 jours, 855 albums

Tout comme Cat Stevens, Rod Stewart faisait partie de ces noms que je risquais de croiser et, enfin, de connaître. Ce fut le cas avec l’album Gasoline Alley.

Cette fois, ce fut avec un folk-rock affirmé que l’artiste m’a accueilli. Sa voix un peu rauque, la guitare bien présente, un rythme assez prenant : dès le morceau éponyme qui ouvre l’album, on sait à peu près à quoi s’attendre.

Ici, même la guitare acoustique, accompagnée de cette voix essoufflée, a quelque chose de rock, de puissant. La mélodie, aussi, a le mérite d’être bien accrocheuse.

Avec It’s All Over Now, le début très folk se transforme rapidement en un rythme effréné et se trouve habité d’une énergie presque électrisante, malgré les instruments majoritairement acoustiques. You’re My Girl (I Don’t Want to Discuss It) est encore plus franche, s’affirmant une dernière fois avant de terminer l’album.

L’album fut donc bien agréable et le style, plutôt prenant. Par contre, il manquait quelque chose : les morceaux n’étaient pas si accrocheurs que ça, et n’ont pas retenu mon attention outre mesure. Et avec un folk-rock comme celui que nous offre Stewart, c’est quelque chose qui ne pardonne pas.

Future Days (1973) – 777 jours, 857 albums

Le kraut rock me manquait également. J’ai donc écouté un second album du groupe Can, et cette fois-ci ce fut Future Days.

Je m’attendais à quelque chose d’aussi nouveau, d’aussi diversifié et révélateur que Tago Mago. Mais ce ne fut pas le cas. Il s’agit bien sûr d’un album d’ambiance, avec de longues et complexes constructions qui s’étalent dans le temps, mais elles m’ont semblé moins expérimentales, moins poussées que sur le précédent album. Cela dit, ce fut tout de même un bon album, que j’ai écouté tranquillement en faisant autre chose, mais qui ne m’a pas marqué outre mesure. Seul morceau vraiment digne de mention : Moonshake, un single d’un peu plus de 3 minutes.

Avec son petit format, son rythme puissant et insistant, sa voix douce à moitié enterrée, et sa mélodie accrocheuse, ce morceau a retenu mon attention. Ça, c’était du kraut rock ! Alors que le reste me semblait davantage être de l’électro d’ambiance ou d’expérimentation un peu douce…

Cela dit, le dernier morceau de l’album, soit Bel air, en valait également la peine. Avec presque 20 minutes de longueur, j’ai eu l’impression que le temps qui était imparti au groupe était mieux utilisé.

Mais ne me méprenez pas : il s’agit d’un excellent album, qui s’est retrouvé dans les 1001 pour de bonnes raisons. Si vous appréciez le style ou le groupe, vous allez à coup sûr apprécier l’album. C’est simplement que, encore une fois, je m’attendais à quelque chose de plus…

Machine Head (1972) – 790 jours, 874 albums

Bien entendu, les Who ne peuvent jamais être aussi puissants et bruyants que Deep Purple, et surtout pas lorsqu’il s’agit de les comparer à l’album Machine Head.

Après tout, il s’agit ici de heavy metal. Et avec cette simple distinction, on semble être transporté complètement ailleurs. Dès l’ouverture avec Highway Star, cela saute aux yeux, pour ne pas dire aux oreilles.

La guitare est simplement explosive avec ces solos qui n’en finissent plus, cette virtuosité démente. La voix est déchaînée et criarde, mais seulement pour appuyer l’énergie incandescente du morceau. Le passage trop court avec l’orgue est aussi une merveille. Ensuite, avec le rythme lent et appuyé de Maybe I’m a Leo, on comprend encore un peu mieux les inspirations que le heavy metal a tiré du blues. Pictures of Home est également bien accrocheur et mérite définitivement le détour, si vous êtes fan de heavy metal, ou non. Cependant, le clou de l’album, c’est sans ambiguïté l’éternel Smoke on the Water.

Avec ce début inoubliable, emblématique de toute une génération et de tout un style de musique, il est impossible de n’avoir jamais entendu ce morceau, et il ne peut être oublié. Il ne peut, non plus, vous laisser indifférent. Même si vous n’êtes habituellement pas friand de ce genre de musique, ce morceau est trop complexe, trop bien travaillé pour qu’il ne vous accroche pas dès la première écoute, et pour qu’il ne mérite pas votre attention pour quelques écoutes de plus.

Avec ce morceau sur l’album, j’avais peur que le reste soit futile et sans intérêt. Et pourtant, tel que mentionné plus haut, il n’en est rien, et tout l’album en vaut la peine. Il s’agit d’un classique, et après l’avoir écouté avec attention, je ne peux que comprendre pourquoi.

Who’s Next (1971) – 790 jours, 874 albums

Durant la dernière semaine, j’ai eu l’occasion d’écouter plusieurs albums, mais il me restait encore à vous parler de Who’s Next, l’autre album des Who que j’ai écouté.

Un peu de hard rock du début des années 70 fait toujours du bien. Après Tommy, j’avais envie d’écouter de ce rock franc et dur, mais aussi accrocheur et énergique. Et avec des morceaux comme BargainGoing Mobile et Won’t Get Fooled Again, il est difficile de rester de glace, de ne pas fermer à demi ses yeux, et de ne pas se dire, juste un peu, que le rock n’a plus jamais été le même. Écoutez Bargain, juste pour voir :

Je préfère bien sûr le art rock, ou tout ce qui est plus recherché et plus détaillé. Mais j’ai toujours besoin de revenir aux sources, de toucher une nouvelle fois aux racines. Avec cet album, c’est fait. Et surtout, cet album a bien plus que ce son brutal. Déjà, les détails de Bargain et ses moments doux font sourire. Avec le classique Baba O’Riley, c’est le début qui reste dans l’esprit à l’infini, avant que le morceau d’une force étonnante ne débute. Mais le morceau qui est le plus remarquable, c’est définitivement Behind Blue Eyes.

Il est poignant, il est mesuré, il est criant d’émotion et de mélancolie. C’est encore quelque chose qui m’étonne des Who : ce talent si polyvalent. Ils peuvent faire du rock bruyant et puissant, tout comme la plus bleue des mélodies. Je ne comprends pas pourquoi j’ai pris autant de temps à les aimer. Mystère…

Pearl (1971) – 800 jours, 888 albums

Enfin, pour mettre un peu plus la clé dans la porte des sixties, j’ai écouté Pearl de la divine Janis Joplin.

Aussi courte mais aussi éclatante, peut-être même plus, que la carrière de Syd Barrett, celle de Joplin me fait même verser une larme par sa fin tragique. Sorti peu après la mort de Joplin, il en est doublement poignant, et donne une quantité effrayante de frissons. Il y a même un morceau, Buried Alive in the Blues, que la chanteuse n’a pas eu le temps d’enregistrer. L’absence de sa voix y est donc pesante et remarquée. Surtout que le reste de l’album est plein de cette voix puissante, viscérale, de cette force de vivre immense et difficile à contenir, de cette énergie jeune et rafraîchissante.

L’ouverture de l’album, avec ses deux morceaux Move Over et Cry Baby, expose déjà toute la polyvalence de l’artiste. Le premier est plus rock et plus pesant avec son rythme soutenu, alors que le second est plus posé et émotionnel, plus viscéral.

Devant autant d’émotions et autant d’intensité, je demeure presque sans mots. Je n’ajouterai donc que la mention du morceau Half Moon que j’ai trouvé également très intéressant et accrocheur. Dommage que les si belles choses partent si vite…