Amnesiac (2001) – 479 jours, 630 albums

Ce ne sont pas les albums de Radiohead qui manquent dans ce défi. J’ai donc décidé d’en écouter un troisième, et de me faire plaisir, en mettant dans mes oreilles Amnesiac.

Radiohead - Amnesiac

Alors que OK Computer était puissant et rock, cet album-ci est plutôt calme, doux, tout en relief. Il est plutôt vu comme un album expérimental, avec des éléments d’électro pour créer les longs paysages sombres et textures, et pour créer une atmosphère électrisée, qui semble n’attendre qu’une étincelle qui ne vient jamais. Une sorte de tension créatrice s’y retrouve donc, mais pas une tension désagréable. Plutôt une tension qui s’apparente à celle du jazz, celle du tempo juste parfait, celle de la concordance presque télépathique entre les musiciens et les différents éléments d’un morceau. Un exemple ? Pyramid Song, qui s’ouvre tranquillement, mais de manière extraordinairement précise, calculée, maîtrisée.

Le morceau d’ouverture, Packt Like Sardines in a Crushd Tin Box, ne passe pas inaperçu non plus. Il donne le coup d’envoi d’un album contemplatif, éthéré, presque hypnotique, mais qui ne restera pas trop calme pour autant, qui ne sera ni ennuyant, ni endormant. Au contraire, il nous montre que les morceaux qui suivront, comme lui, seront captivants, intéressants, intrigants. À ce titre, Knives Out est l’autre bon coup de l’album.

Il a cette émotion lyrique et nostalgique si particulière à Radiohead, et qui m’a fait tomber en amour avec le groupe et sa musique.

Et tout l’album est construit sur ce motif, sur cette contemplation qui peut être triste, rassurante, expérimentale, selon les moments. Mais avant tout, l’écouter est ressourçant, et me fait sourire. Ne serait-ce qu’en me rappelant que certains styles musicaux autrement exigeants sont déjà loin. Du moins, pour le temps d’un album.

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OK Computer (1997) – 504 jours, 642 albums

J’ai enfin pu céder à la tentation d’écouter mon album favori de Radiohead : OK Computer. Il faut dire que c’est le seul que j’eus écouté au complet mais, même en en ayant écouté quelques autres, celui-ci, avec sa texture fascinante et sa britpop envoûtante, conserve pour toujours une place particulière dans mon coeur.

Radiohead - OK Computer

En fait, 3 morceaux en particulier me fascinent sur cet album. 3 morceaux que j’ai écouté des dizaines de fois et qui, par extension, et peu à peu, m’ont fait découvrir et apprécier le reste de l’album. Le premier, c’est l’intense Airbag.

Il est poignant, assez complexe pour qu’on s’y plonge, assez éthéré pour qu’on y flotte. Avec la voix, si caractéristique, du chanteur et son lyrisme, on se retrouve dans une nostalgie à la fois pesante et libératrice. La guitare électrique, lorsqu’elle prend les devants, est une tourmente grelottante. Bref, c’est ce morceau qui m’a fait tomber en amour avec le groupe. Celui-ci, et celui-là : Paranoid Android.

Tout de suite après un morceau énergique et insistant, on a ce morceau plus calme, posé d’abord, mais qui devient rapidement une tourmente, un lyrisme déchirant aussi. La crise s’exprime d’abord de manière contenu, mais bientôt elle explose et devient incontrôlable, ou presque, lorsque la guitare électrique vient accompagner cette tourmente.

Ensuite, il y a l’album, où s’exprime le spatial Subterranean Homesick Alien, le sobre et mesuré, non moins expressif Exit Music (For a Film), le très apprécié Karma Police pour lequel, étonnement, je ne partage pas la même passion…, puis vient le 3e morceau envoûtant de l’album (selon moi) : Electioneering.

Il n’y a pas grand chose à dire : je le trouve incroyablement accrocheur. Je pourrais l’écouter en boucle pendant des heures. Pourquoi ? Difficile à dire… Mais je l’adore, tout simplement.

Après, il y a le sombre Climbing Up the Walls et sa texture noire mais un brin reluisante, de par ses mouvements et la lumière glauque qu’elle dégage, qui s’y réfléchit. Enfin, il y a Lucky. Bref, ce ne sont pas les bons morceaux qui manquent sur cet album. Cependant, il faut aimer l’ambiance, il faut apprécier ce lyrisme, cette nostalgie, cette mélancolie profonde et collante. Sans quoi, le groupe vous apparaîtra sans saveur. Mais si, comme moi, vous êtes un grand nostalgique, il s’agit alors d’un incontournable.

The Bends (1995) – 603 jours, 697 albums

Tout comme je suis arrivé au moment béni de pouvoir écouter du Björk, je suis également arrivé à celui de pouvoir écouter du Radiohead. J’ai commencé par The Bends.

Radiohead - The Bends

Cette ambiance nostalgique et lyrique m’a toujours fasciné, dès ma première découverte du groupe. Et cela n’a pas changé depuis. Prenez High and Dry, un classique du groupe, où se mêlent une petite ambiance éthérée, un tempo lent, une voix légère et aérienne, mais empreinte d’une émotion certaine, et une guitare acoustique des plus charmantes.

Sans trop de surprise, j’ai découvert que cet album participait au britpop. Mais ses constructions mélodieuses et accrocheuses, à la fois pop et profondes, l’avait déjà vendu un peu, lorsque l’on connaît le terme. Et cela se voit aussi dans la variété parfaitement maîtrisée des tons et des ambiances. Plus viscérale et intense sur Just, plus rêveuse sur Planet Telex, plus introspective sur My Iron Lung, et plus folk et poignante sur (Nice Dream)

J’ai trouvé ce dernier morceau particulièrement travaillé, avec ses violons, ses choeurs discrets, ses textures de guitares, acoustique ou électrique, et la voix à son plus simple, à son plus beau, à son plus fort.

J’ai déjà hâte d’écouter les autres oeuvres du groupe avec attention. Dès celui-ci, on sent déjà une maturité et un contrôle certains.