Destroy Rock & Roll (2004) – 206 jours, 482 albums

Mylo - Destroy Rock and Roll - 2004Que vous aimiez le house, l’électro, les atmosphères éthérées ou tout simplement la bonne musique, il vous faut Destroy Rock & Roll du groupe Mylo. On est instantanément séduit par ce sens du rythme, par ces textures infiniment détaillées et par cette ambiance qui donne envie de danser, même dans l’autobus.

Chaque morceau est une perle. Drop the Pressure et ses sons mal enregistrés rappelle les débuts de Justice avec un peu d’humour. Paris Four Hundred nous happe immédiatement avec sa construction ingénieuse, accrocheuse. Sunworshipper est rempli de rêves avec son laissez-aller relaxant. Rikki surprend: son début hachuré fait penser à un disque qui saute, mais le thème est rapidement repris pour être exploré, amplifié, avant de devenir très entraînant. Muscle Cars et Musclecar Reform Reprise sont incroyablement mélodieux et doux à l’oreille.

Un véritable plaisir à découvrir et tout aussi satisfaisant, sinon plus, à réécouter. Un incontournable du house et de l’électro, à mon humble avis.

Publicités

Water from an Ancient Well (1985) – 287 jours, 550 albums

Un jazz calme et mesuré, mais qui sait aussi être audacieux et sortir des sentiers battus: Abdullah Ibrahim nous offre sa version du jazz avec Water from an Ancient Well.

Abdullah Ibrahim - Water from an Ancient Well

Cela dit, il faut être patient avant que l’eau ne sorte du puits. La première moitié de l’album est plutôt plate, sans relief, sans éclat. On cherche ce qui fait la distinction des morceaux. Seule exception: le magnifique Mannenberg (Revisited), avec son post-bop angulaire et attrayant, mais aussi sensuel et rempli de suspense.

C’est à partir du morceau éponyme Water from an Ancient Well que l’album débute véritablement. Son ambiance calme, délicate dégage quelque chose de suave, de relaxant. Wedding reste dans le doux. Mountain gagne en énergie et développe quelque chose de plus complexe, de plus lumineux aussi. Là aussi, il y a un suspense à la post-bop, un mystère bien attrayant. Enfin, Sameeda nous plonge dans une longue composition doucereuse, mais qui a tout de même ses moments d’éclat.

Kind of Blue (1959) – 412 jours, 588 albums

On ne connaît pas le jazz si on ne connaît pas le hard bop. Et on ne connaît pas le hard bop sans connaître Miles Davis. Et pour connaître Miles Davis, il faut avoir écouté Kind of Blue. Bref, tout le jazz semble être contenu dans cet album. C’est, selon moi, où tout commence, et où on revient toujours.

Miles Davis - Kind of Blue

Ma copine ne connaît rien au jazz. Et moi, vous savez peut-être que j’ai écouté 365 albums de jazz en moins d’un an. Il était indispensable que je partage cette passion avec elle. Je ne pouvais imaginer un meilleur point de départ que Kind of Blue, cet album mythique, pierre angulaire de trop de courants du jazz. C’est à la fois une quintessence et un début. Il m’a donc pris beaucoup de patience pour ne pas réécouter cet album tout de suite en débutant ce nouveau défi. Mais pourquoi insisté autant sur un seul album ? Qu’a-t-il de si spécial, de si unique ?

D’abord, les musiciens derrière l’album. Ce n’est pas que Miles Davis, ce colosse du jazz, derrière la trompette. Il y a aussi John Coltrane au saxophone ténor, Cannonball Adderley au saxophone alto, Bill Evans au piano, Paul Chambers à la basse et Jimmy Cobb à la batterie. Il s’agit de maîtres du style, en groupe ou en solo, qui ont façonné le hard bop.

Ensuite, la musique. Tout du hard bop est présent dans cet album, et dans sa meilleure expression. Les touches jazzys, mêlées au retour de la soul et du blues, avec une émotion intense, viscérale, mais contrôlée, tenue en laisse pour mieux qu’elle ne s’exprime, et avec la douceur des thèmes, leur élégance et leur raffinement : tout y est. Puisque, bien sûr, le tout est livré par les meilleurs musiciens du style et de l’époque, qui jouent de manière presque télépathique (n’oublions pas que de grands pans de ces morceaux sont improvisés !)

Donc, si vous souhaitez vous initiez au jazz, c’est ici qu’il faut commencer, avec des morceaux comme So What, même si chaque moment de cet album vaut votre attention.

Quoique Freddie Freeloader occupe toujours une place de choix dans mon coeur.

Ambient 1: Music for Airports (1978) – 412 jours, 588 albums

Ambiance éthérée, piano en écho, notes parcimonieuses : l’album Ambient 1: Music for Airports de Brian Eno fut parfait pour traverser les hauts conifères du parc de La Vérendry et prendre un moment de calme, la ville déjà loin derrière nous.

Brian Eno - Ambient 1 - Music for Airports

On dit qu’Eno a inventé le ambient. Ce n’est pas totalement le cas, mais disons que le style serait peu de choses sans son apport. Ambient 1… est d’ailleurs un tour de force à cet égard. Il offre de longs paysages aériens, de près d’une dizaine de minutes chacun, qui se peignent de manière douce et légère. La musique ressemble à de longs filaments de nuages, qu’on regarde passer lentement, poussés par le vent. Les thèmes des morceaux sont plutôt répétitifs, mais ils en deviennent hypnotiques. L’album est d’abord contemplatif, et serait parfait pour vos séances de méditation.

Plongez dedans avec le piano éthéré et relaxant de 1/1, le premier morceau de l’album.

La lenteur et la simplicité de se morceau me semblent époustouflants. On peut créer une ambiance si riche et si enveloppante avec pourtant si peu de choses.

Birth of the Cool (1957) – 469 jours, 626 albums

A suivi un autre album de jazz, cette fois de cool jazz, soit Birth of the Cool du légendaire Miles Davis.

Miles Davis - Birth of the Cool

Miles Davis est littéralement une légende du jazz. Il a créé ou participé à la création de bon nombre de styles de jazz, et il a aidé à les définir et à ainsi pousser le jazz plus loin. Le cool est l’un de ces styles auxquels il a donné naissance et forme. Le cool, c’est comme le bop, mais en plus détendu, en plus senti et profond. En plus cool, bref. C’est un peu le pont entre la virtuosité sans âme du bop et le retour au soul et au blues du hard bop : c’est un style transitoire, mais qui a son propre charme et ses propres adeptes. J’en suis à demi, mais cet album me séduit à chaque fois, et ne me déçoit que par sa longueur trop courte. Mais 40 minutes à peine, et un nouveau genre est né : c’est ça le génie de Davis.

Encore une fois, l’album s’écoute d’un seul coup, en se perdant dans son ambiance et dans ses propres pensées. Définir des morceaux particuliers est donc, encore une fois, ardu. Jeru serait par contre un bon moment à vivre.

Mais sinon, il faudrait vraiment écouter l’album lui-même pour se plonger dans le style. Et pour débuter dans le jazz en général, ça peut également être un bon point de départ.

Want Two (2004) – 477 jours, 630 albums

Dernier album écouté lors de ce voyage à Québec : Want Two de Rufus Wainwright.

Rufus Wainwright - Want Two

Depuis le temps que je souhaitais écouter la musique de cet artiste, je me le suis enfin permis. Car ce n’était pas la première fois que j’entendais parler de Wainwright, ou des Wainwright en famille. Ne pas connaître la musique de Rufus était donc une lacune fort inconfortable pour moi. Désormais, ce n’est plus le cas. Et désormais, je suis séduit, comme beaucoup d’autres, par cette musique touchante et sensuelle, hétéroclite et fascinante, rêveuse et éthérée, juste assez. Bref, du chamber pop, comme on l’aime, mais avec une touche presque britannique, qui n’est pas sans rappeler le britpop que j’affectionne tant.

Après un chant incantatoire un peu troublant, l’album s’ouvre véritablement avec le morceau The One You Love qui est accrocheur, séduisant, doux, et qui, encore une fois, rappelle un jardin anglais particulièrement lumineux.

Un peu plus loin, Little Sister s’ouvre même avec des violons et une structure classique qui renforcent cette image si particulière, un peu baroque et anglaise, qui me fascine tant. The Art Teacher reprend d’ailleurs cette ambiance, mais de manière encore plus exquise et poignante.

Et tout l’album fourmille de ces petites perles brillantes, qu’on ne peut pas toutes saisir en une seule écoute de l’album. Malgré nos efforts, elles semblent se défiler entre nos doigts, comme des notes insaisissables, et qui demandent une attention toute particulière pour se laisser prendre et se dévoiler. This Love Affair est lyrique et mélancolique, Gay Messiah donne plutôt dans l’acoustique, mais ne se prive pas de violons et d’émotion aussi poignante, alors que Waiting for a Dream est plus mystérieux et éthéré.

Bref, un album ne sera pas assez non plus pour pleinement découvrir les multiples facettes de cet artiste fascinant. D’autres devront suivre, mais en parallèle de ce défi.

Ys (2006) – 478 jours, 630 albums

Un album qui m’intriguait, ne serait-ce que par son titre minimaliste : Ys de Joanna Newsom. J’ai donc décidé de découvrir cet indie folk aux saveurs new age.

Joanna Newsom - Ys

Indie folk, oui, mais ce n’est pas du tout le même que celui de Devendra Banhart. Ici, ce sont plutôt 5 longs morceaux qui nous sont offerts, et au lieu d’une ambiance pop ou lyrique, on se laisse plutôt porter par le son des harpes, des doux violons et par la voix si particulière de Newsom. C’est une ambiance qui rappelle le new age et son côté un peu mystique, alors que la voix de Newsom me rappelait en partie celle de Björk, par sa flexibilité et son aspect presque hypnotique.

Pour être franc, j’ai remarqué peu de différences entre les morceaux. Comme souvent, je me suis plutôt laissé porter par la musique sans trop me poser de questions. Peut-être était-ce la fatigue du voyage… Mais malgré ce manque d’attention, le voyage fut pourtant fort appréciable. Pour vous en convaincre, prenez le temps d’écouter Monkey & Bear, et de relaxer quelques minutes.

Pour le reste, c’est le genre de musique que j’écouterais dans un bon bain chaud, en fermant les yeux, afin de me laisser calmer et pénétrer par l’imaginaire de cette artiste. Un album tel que celui-ci fait toujours du bien dans un défi comme le mieux.