Lost Souls (2000) – 229 jours, 520 albums

Doves - Lost SoulsAmbiance éthérée, mélodies harmonieuses, espace saturé: Lost Souls de Doves est une pop britannique qui fait rêver.

Ajoutez à cela quelques morceaux accrocheurs, des mélodies qui n’ont pas peur de devenir émotives ou d’être légèrement audacieuses, et vous avez cet album qui transporte, qui enveloppe.

Firesuite ouvre l’album avec une ambiance sous-marine qui rappelle Air, avant de tomber dans un drame étrange et voilé. Here It Comes cède à la tentation et à la tourmente (la douce). Sea Song conserve le même aspect tragique, mais semble s’envoler tout à la fois, comme dans un vol au crépuscule, alors que Catch the Sun tombe dans un rock plus lourd et appuyé, mais diablement entraînant.

Plusieurs moments de l’album passent toutefois inaperçus. Les albums de dream pop britannique ne manquent pas: se distinguer est un pari risqué. Le groupe l’emporte sur les morceaux nommés, mais perd sur le reste.

Nowhere (1990) – 278 jours, 531 albums

Ride - NowhereLivré un concert la tête basse, en fixant ses souliers et en se dandinant sur scène (ce qu’on appelle le shoegaze) semble avoir un effet mystique sur les artistes. L’album enfumé, éthéré et méditatif Nowhere de Ride en est un exemple probant.

C’est le noise qui crée cet écran de fumée. En saturant l’espace de sons, de grésillements et de guitares, la musique forme une sorte de voile, de trame sur laquelle s’inscrivent les détails. Avec une voix éloignée et en écho et des dissonances dans les instruments, l’effet est saisissant.

Seagull parvient à concentrer cet effet de manière époustouflante, en accumulant les couches musicales l’une par-dessus l’autre, et Kaleidoscope reprend l’exploit dans une mesure moindre mais aussi satisfaisante. Dreams Burn Down se concentre davantage sur l’éther et le mystique.

Il n’y a que dans le noise que l’on peut retrouve un rock à la fois musclé et rêveur, à la fois terrestre et rude, et céleste et doux. Ride n’échappe pas à la règle.

Seventh Tree (2008) – 304 jours, 558 albums

Goldfrapp refait le coup: avec Seventh Tree, c’est une ambiance douce, éthérée et rafraîchissante qui nous habite. Après Felt Mountain, il affirme et définit un peu plus ce mélange unique et personnel de trip-hop et de chamber pop.

Goldfrapp - Seventh Tree

Le folk doux et badin de Clowns se transforme rapidement en une ambiance riche et mystérieuse. Immédiatement, on est saisi d’un léger frisson: une clairière sonore s’ouvre devant nous, où paissent les instruments presque immatériels qui construisent le paysage.

Happiness porte ce voyage un peu plus loin, avec une balade accrocheuse et insistante. Elle rappelle les mélodies innocentes de sixties, avec sa légèreté. Mais un mince voile lumineux recouvre tout de même la scène, amenant une dimension plus pleine et envoûtante au morceau.

Cet album est aussi saisissant que l’autre que j’ai écouté du groupe, mais pas de la même façon. Il troque l’intensité et la grandeur pour la candeur et une insoutenable légèreté.

The Soft Bulletin (1999) – 411 jours, 587 albums

Le son coloré et fantaisiste des Flaming Lips est bien attrayant sur leur album néo-psychédélique The Soft Bulletin.

covers4u.net

Mais bon, peut-être pas autant que sur Yoshimi Battles the Pink Robots. Ici, la musique était certes psychédélique et colorée à souhait, mais elle semblait moins finalisée que sur l’autre album que j’ai écouté. Aussi, les morceaux étaient moins accrocheurs. Mis à part, bien sûr, l’excellent Race for the Prize.

Pour le reste, je sens la richesse et la complexité des morceaux. Certains semblent être de véritables méandres dans lesquels on pourrait s’engouffrer complètement, sans regarder en arrière. Mais on dirait que beaucoup de ces morceaux ne m’ont pas particulièrement appelé. Peut-être que, comme trop souvent, quelques écoutes supplémentaires seraient nécessaires pour pleinement apprécier ces paysages rêveurs.

Cela étant dit, je garde une profonde admiration pour ce genre de musique. Le psychédélisme, et maintenant le néo-psychédélique, me fascine, et a toujours une place de choix dans mon coeur. Peut-être est-ce simplement pour ça que je suis plus critique à l’encontre de ces groupes.

Yoshimi Battles the Pink Robots (2002) – 469 jours, 626 albums

J’ai enfin pris le temps de découvrir un autre groupe qu’il me titillait d’entendre depuis un bon bout de temps. J’ai écouté le groupe The Flaming Lips et leur album Yoshimi Battles the Pink Robots : un savoureux mélange de néo-psychédélique, de dream pop, et d’un peu d’expérimentation.

The Flaming Lips - Yoshimi Battles the Pink Robots

Il serait difficile de mieux définir cette musique éclatée, qui semble partir dans tous les sens, mais qui pourtant reste unie et relativement homogène. On a l’impression d’avoir une multitude d’influences et d’inspirations mises ensemble, mais de manière hétérogène, comme le rock psychédélique s’y prenait. Quelques moments plus expérimentaux parsèment l’album, mais lui confère ainsi une atmosphère plus surréaliste et rêveuse, un brin futuriste, où le monde est peuplé de robots roses et de paysages colorés. À ce titre, Yoshimi Battles the Pink Robots, Pt. 1 est définitivement mon morceau favori.

Mais l’album n’est fait que de ces morceaux accrocheurs, rêveurs, éthérés et inoubliables. Fight Test qui ouvre l’album, In the Morning of the Magicians et son ambiance céleste, It’s Summertime qui réveille et vivifie, et enfin Do You Realize??, l’autre perle de l’album.

Dommage que ce défi ne comporte qu’un autre album du groupe : je devrai découvrir le reste par moi-même. Mais déjà, avec cet album, le groupe m’a séduit et m’a fait rêver.

Ys (2006) – 478 jours, 630 albums

Un album qui m’intriguait, ne serait-ce que par son titre minimaliste : Ys de Joanna Newsom. J’ai donc décidé de découvrir cet indie folk aux saveurs new age.

Joanna Newsom - Ys

Indie folk, oui, mais ce n’est pas du tout le même que celui de Devendra Banhart. Ici, ce sont plutôt 5 longs morceaux qui nous sont offerts, et au lieu d’une ambiance pop ou lyrique, on se laisse plutôt porter par le son des harpes, des doux violons et par la voix si particulière de Newsom. C’est une ambiance qui rappelle le new age et son côté un peu mystique, alors que la voix de Newsom me rappelait en partie celle de Björk, par sa flexibilité et son aspect presque hypnotique.

Pour être franc, j’ai remarqué peu de différences entre les morceaux. Comme souvent, je me suis plutôt laissé porter par la musique sans trop me poser de questions. Peut-être était-ce la fatigue du voyage… Mais malgré ce manque d’attention, le voyage fut pourtant fort appréciable. Pour vous en convaincre, prenez le temps d’écouter Monkey & Bear, et de relaxer quelques minutes.

Pour le reste, c’est le genre de musique que j’écouterais dans un bon bain chaud, en fermant les yeux, afin de me laisser calmer et pénétrer par l’imaginaire de cette artiste. Un album tel que celui-ci fait toujours du bien dans un défi comme le mieux.

Loveless (1991) – 606 jours, 703 albums

Ce n’est pas parce que le grunge est né que le noise rock est mort. La preuve est faite avec un autre album de My bloody Valentine : Loveless.

My Bloody Valentine - Loveless

Avec leur mélange toujours aussi parfait de noise rock et de dream pop, My Bloody Valentine crée encore une fois une atmosphère à la fois dense et légère, hypnotique et libératrice. En ouvrant leur album avec Only Shallow, ils montrent qu’ils seront doux, mais sans concession.

Sans concession, par leur son saturé et exigeant, mais aussi doux, grâce à leur ambiance éthérée, aérienne. Plus loin, avec To Here Knows When, il nous est d’ailleurs présenté un long paysage lourd mais clair, qui pèse un peu, mais qui permet ainsi de se plonger dans une rêverie sans borne. Le fond de grésillement opaque rend le morceau plus hypnotique encore. Juste après, When You Sleep reprend un ton plus pop, mais toujours en conservant cette marque si caractéristique, et si unique, au groupe.

Plus loin, il y a aussi le languissant ou indolent Come In Alone, puis Blown a Wish qui s’inspire des balades, le plus métallique et chaotique mais sans trop What You Want, et enfin Soon qui sait conclure l’album de belle façon.

Certes, la musique de My Bloody Valentine n’est pas accessible du premier coup, et peut même être assez exigeante, mais elle en vaut véritablement la peine. Ce mélange à la fois rêveur et tourmenté est un véritable charme, pour qui sait comment écouter.