Bayou Country (1969) – 110 jours, 474 albums

Creedence Clearwater Revival - Bayou Country (1969)Pour un savoureux mélange de country terreux et de bon rock des années 60, Creedence Clearwater Revival est le groupe vers lequel se tourner. Bayou Country porte bien son nom, avec son ambiance de blues, de guitares acoustiques et de chant country.

Le morceau éponyme est plutôt décontracté, il prend son temps, mais a toute la puissante du blues et du rock bien senti. Graveyard Train s’étend sur un 8 minutes 30 d’harmonica, de contre-basse folk et d’émotions blues. Et Good Golly Miss Molly est à un classique du rock & roll, avec toute sa fougue et des guitares plus lourdes.

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Sticky Fingers (1971) – 132 jours, 478 albums

The Rolling Stones - Sticky Fingers (1971)Je n’en suis pas à mon premier album des Rolling Stones pour ce défi. Et à chacun d’entre eux, je cherche la particularité, l’étincelle qui me fera les comprendre.

Avec Sticky Fingers, c’est presque réussi. Mais pas avec Brown Sugar, comme vous pourriez peut-être le croire.

Ne me méprenez pas: Brown Sugar est un excellent morceau, que j’adore. Une mélodie accrocheuse, la voix un peu rugueuse de Mick Jagger, les cuivres pompeux, les guitares rock: tout y est. Il s’agit d’un des meilleurs morceaux des Stones.

Mais voilà: pour moi, les Stones, c’est des hits qui s’enchaînent. Sauf sur Sticky Fingers. J’arrive à entrer dans cet album, à le vivre, à le sentir. Et j’ai l’impression que le groupe aussi.

Peut-être est-ce l’influence du blues, du folk et de la soul? Elle est lourde, pesante. Et le groupe la soulève et la porte avec aisance. Ils trouvent leur chemin dans les marécages et la terre de ces racines sans effort.

Et, peut-être, le blues amène un côté plus vrai, plus franc. Plus intime aussi. Sur plusieurs morceaux, ils se découvrent un peu, sans pourtant se mettre à nu. Wild Horses est touchant. Sister Morphine est trompeuse, agitée sous la simplicité des instruments. Moonlight Mile surprend par son ton presque léger, qui détonne avec l’idée ravageuse qu’on peut se faire du groupe.

Cela n’empêche pas quelques bons moments de bon rock senti, comme Brown Sugar ou Can’t You Hear Me Knocking. Mais là n’est pas le point de l’album. Ni, peut-être, du groupe. Et, aussi, peut-être que je commence à le comprendre. Peut-être.

Mais je vous donne quand même Brown Sugar.

The Modern Lovers (1976) – 219 jours, 498 albums

The Modern Lovers - The Modern LoversAvec un nom de groupe et d’album comme The Modern Lovers et une pochette en néons, on s’attendrait à du new wave romantique. Non. Ce n’est pas du punk, mais on s’y rapproche.

Le proto-punk permet aux mélodies de se développer, aux morceaux de prendre forme et de se boucler. On sent tout de même le sec des guitares, le retour aux sources du rock & roll.

Astral Plane et She Cracked maîtrisent à merveille l’avènement de ce nouveau paradigme: une énergie brute, mais mêlée à la musicalité simple du rock & roll. Les compositions Pablo Picasso et l’excellent I’m Straight parviennent à créer des ambiances plus lourdes et complexes, plus lentes. Modern World sonne presque comme du surf rock ensoleillé et Government Center tombe quasiment dans le bubble gum.

Un album hétéroclite, varié, mais accompli et mélodieux. Une belle découverte.

The Clash (1977) – 686 jours, 810 albums

Pour un énième album de punk, j’ai écouté l’album The Clash du groupe éponyme.

The Clash - The Clash

Je dois avouer que, avant ce défi, j’appréhendais un peu le moment où je devrais me plonger dans le punk, ce style de musique agressif, lourd et sans trop de substance. Pourtant, force est de constater que c’est un style que je me prends à apprécier de plus en plus. Il faut dire que la perspective historique avec laquelle je fais ce défi aide beaucoup. Je comprends maintenant mieux le style, ses éléments, sa provenance et son évolution. En fait, ce fut même un plaisir de retrouver ce son de garage simple et brouillon, mais franc et habité d’une force nue et brute, de retrouver aussi les racines du rock & roll et de la musique populaire subséquente. Avec la musique des Clash, c’est un peu tout ça, comme avec bien des groupes de punk. Avec un son moins agressif que chez les Sex Pistols, mais avec la même simplicité, la même énergie brute et le même entrain. I’m So Bored With the USA ferait d’ailleurs un excellent morceau pop, malgré sa hargne et sa ténacité.

Leur son a aussi quelque chose de plus doux, de poli. Janie Jones, par exemple, est facile à écouter, malgré sa force. Les Clash sont bruyants, mais juste assez, et jamais trop. Même London’s Burning, malgré son titre provocateur, semble presque retenu si on le compare aux Sex Pistols. Police and Thieves, enfin, un refrain pop qui surprend dans ce contexte. Bref, il s’agit ici d’un punk plus facile, plus accessible que chez d’autres groupes. Certes, il y a toujours la force et une certaine brutalité, mais le groupe semble se rapprocher davantage du bon vieux rock que de la révolte ouverte.

This Year’s Model (1978) – 687 jours, 811 albums

Sans trop attendre, j’ai écouté un second album d’Elvis Costello, son style musical m’intriguant trop. Cet album fut This Year’s Model.

Elvis Costello - This Year's Model

Avec cet album, j’ai commencé à comprendre un peu mieux l’artiste. J’ai aussi trouvé l’album meilleur, les morceaux plus accrocheurs, la musique plus facile et plus aboutie. Cela dit, Costello ne semble avoir rien perdu de son charme. Je dirais peut-être seulement que son style s’est raffiné, que son focus est davantage déterminé. No Action, par exemple, est clairement pop et rock & roll, avec une énergie contagieuse et un refrain accrocheur. Avec Pump It Up, on nous présente un gros beat lourd et appuyé qui sait exactement où il va. Ici, une version live où on entend moins bien la basse, mais où l’énergie est tout simplement électrisante. La guitare elle, par contre, est toujours aussi scandée.

Je crois, aussi, que c’est l’aspect rétro de sa musique que je trouve attrayant. Rétro, mais avec une touche moderne, avec la touche de simplicité qu’amène le punk, avec le frisson qu’apporte l’orgue électrique. Costello sait également maîtriser les rythmes avec génie. Le rythme effréné de Lipstick Vogue en est un bon exemple, si on le met en contraste avec Pump It Up.

La voix est également parfaitement contrôlée, vibrant d’émotion, d’ironie, d’énergie. Bref, j’ai découvert un artiste de plus à mettre dans ma longue liste de préférés.

My Aim Is True (1977) – 689 jours, 813 albums

Après un album que je connaissais bien, j’en ai profité pour explorer un artiste qui m’intriguait depuis longtemps, soit le mystérieux Elvis Costello. J’étais tombé sur son nom quelques fois, et son son caractéristique, qui ne ressemble à aucun autre, avait retenu mon attention, mais faute de temps, comme toujours… Mais maintenant que ce défi l’exige, j’ai écouté son premier album, soit My Aim Is True.

Elvis Costello - My Aim is True

Et après avoir écouté cet album, je dois avouer que j’ai l’impression de ne pas connaître davantage cet artiste qu’avant. Ces morceaux avaient une qualité étrange, et un aspect tout aussi étrange. Le style me semblait difficile à définir. Pour ma part, j’aurais dit du New Wave, du moins dans ces débuts, et je trouvais que le terme punk n’était peut-être pas approprié ici. Mais en réécoutant quelques morceaux, force est de constater que, non, cet album n’a pas la force brute ni la hargne de certains groupes du même style, mais il possède néanmoins cette simplicité et cette franchise si caractéristique du style. Blame It on Cain me semble être, sur ce point, un bon exemple.

On sent le retour aux sources, l’influence du rock & roll pur et oublié. On a également cet aspect accrocheur des morceaux, cet aspect pop qui nous rappellerait presque le glam rock, mais en plus rude, en plus franc.

J’ai aussi eu l’impression que ces morceaux avaient une complexité et une qualité qui ne sont que décelables et appréciables après bon nombre d’écoutes. Malgré l’aspect pop ci-haut mentionné, l’album m’a semblé difficile, exigeant. Comme si le savourer demandait un effort nouveau, différent des autres albums exigeants qui me sont tombés sous la main. Ainsi, quelques écoutes supplémentaires, ainsi que de nouveaux albums du même artiste, seront bien entendus au menu.

Mais en attendant, quelques morceaux me sont quand même, bien sûr, restés dans l’oreille. Alison, par exemple, et son ambiance calme, romantique, posée que je ne croyais retrouver sur un tel album. Il y a aussi Mystery Dance qui est tout simplement du rock & roll comme on n’en fait plus. Less Than Zero et son tempo lent serait également digne de mention, et d’écoute.

Gasoline Alley (1970) – 776 jours, 855 albums

Tout comme Cat Stevens, Rod Stewart faisait partie de ces noms que je risquais de croiser et, enfin, de connaître. Ce fut le cas avec l’album Gasoline Alley.

Cette fois, ce fut avec un folk-rock affirmé que l’artiste m’a accueilli. Sa voix un peu rauque, la guitare bien présente, un rythme assez prenant : dès le morceau éponyme qui ouvre l’album, on sait à peu près à quoi s’attendre.

Ici, même la guitare acoustique, accompagnée de cette voix essoufflée, a quelque chose de rock, de puissant. La mélodie, aussi, a le mérite d’être bien accrocheuse.

Avec It’s All Over Now, le début très folk se transforme rapidement en un rythme effréné et se trouve habité d’une énergie presque électrisante, malgré les instruments majoritairement acoustiques. You’re My Girl (I Don’t Want to Discuss It) est encore plus franche, s’affirmant une dernière fois avant de terminer l’album.

L’album fut donc bien agréable et le style, plutôt prenant. Par contre, il manquait quelque chose : les morceaux n’étaient pas si accrocheurs que ça, et n’ont pas retenu mon attention outre mesure. Et avec un folk-rock comme celui que nous offre Stewart, c’est quelque chose qui ne pardonne pas.