The Modern Dance (1978) – 220 jours, 500 albums

Pere Ubu - The Modern Dance - 1978Il y a toujours une fébrilité à l’idée d’écouter un nouvel album de rock expérimental: tout peut arriver. À ce titre, The Modern Dance de Pere Ubu, avec son mélange de post-punk, d’anarchie et d’expérimentation, ne m’a pas déçu.

On entend la distorsion des guitares. On entend des sons suraigus nous percer les oreilles. On entend une cacophonie électrique, métallique, sèche comme le punk, de laquelle émergent une mélodie plus structurée. Il s’agit d’une complexité intriguante, qui vient embellir les morceaux plutôt que de les ternir vraiment.

Non-Alignment Pact ouvre avec un son strident, puis les guitares embarquent et une mélodie bien accrocheuse se compose, avec une voix typiquement punk. The Modern Dance mêle à merveille les éléments dissonants et mélodieux. Les autres morceaux jouent sur ce même motif.

Un résultat exigeant mais satisfaisant, si on accepte de se faire écorcher les oreilles.

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New York Dolls (1973) – 288 jours, 552 albums

Avec leur glam rock, hard rock, proto-punk, les New York Dolls en mettent plein la vue avec leur album éponyme qui déménage.

New York Dolls - New York Dolls

En fait, on penche davantage vers un rock dur et solide, qui tend vers les débuts du punk, avec un chant sec et rugueux, que vers les subtilités artistiques du glam rock. Dès Personality Crisis qui ouvre l’album, on est plongé dans une ambiance ravagée, puissante, criarde. Plus loin, Frankenstein et Trash sont plus accomplis, offrant des compositions plus travaillées et plus harmoniques. Mais l’ambiance demeure la même: ferme, rugueuse, presque hargneuse.

Certains moments comme Lonely Planet Boy offrent un répit, mais le glam rock réside bien davantage dans les costumes, l’attitude et les racines du punk que dans la musique elle-même.

Sound of Silver (2007) – 303 jours, 557 albums

Le rythme répétitif et insistant du house, appliqué à un rock indie qui a le sec du punk et l’accrocheur du pop: c’est cet alliage étrange que nous offre LCD Soundsystem sur son album Sound of Silver.

LCD Soundsystem - Sound of Silver

Get Innocuous! ouvre avec une ambiance proprement électrique et électro. Déjà, on sent l’indie qui se profile à l’horizon, et qui s’affirmera davantage avec North American Scum. Il s’agit d’un morceau accrocheur et insolent, aux teintes de post-punk simple et dénudé, mais agrémenté de cette répétition qui habite tout l’album. Avec Someone Great, elle redevient électronique. Avec All My Friends et Us v Them, elle est purement rock, mais pour résultat beaucoup moins convainquant. Seul le complexe et travaillé Sound of Silver, morceau éponyme, rattrape les choses pour finir l’album en beauté.

Le mélange house et rock indie offre donc une belle expérience, intéressante, mais qui semble perdre souvent l’accrocheur des deux styles. Et la répétition, mais utilisée, finie par devenir redondante.

Vulgar Display of Power (1992) – 596 jours, 685 albums

J’ai ensuite fait un petit retour vers le métal, avec l’album Vulgar Display of Power, du groupe Pantera.

Pantera - Vulgar Display of Power

Il y a différentes raisons pour lesquelles l’écoute de ce genre d’albums me manquait. La première est que ce style et ses variations représentent encore un certain défi, car je n’en saisit pas encore pleinement l’esthétique. La seconde est que cette énergie est peut-être intense, mais parfaite pour vous plonger dans l’ambiance, pour débuter une journée, bref pour vous donner du pep. Mais Pantera n’était pas tant à la hauteur. L’album était bien plaisant, mais le groupe semble avoir eu de la difficulté à se démarquer, avec son ton sec, et surtout après tous les albums du style que j’ai écouté ces derniers temps. Cela étant dit, quelques morceaux se détachent quand même du peloton, dont Walk, malgré son aridité.

Suit Fucking Hostile, qui est plus accrocheur, mais aussi plus intense.

This Love est aussi bien appréciable, alors qu’il s’agit d’un morceau plus calme, plus détaillé aussi. Quoique cela soit toujours relatif…

Pour le reste, je ne fais que constater qu’il peut être difficile de se démarquer dans cette mare de groupes de speed/trash metal.

Among the Living (1987) – 648 jours, 769 albums

Toujours dans le speed/thrash metal, j’ai écouté Among the Living du groupe Anthrax.

Anthrax - Among the Living

Sérieusement, parmi les divers groupes du genre, je croyais sérieusement qu’Anthrax allait être le pire. Pourtant, si je compare leur musique à celle de Metallica ou de Slayer, Anthrax est définitivement la plus facile à écouter, la plus accrocheuse, bref la meilleure. Leur ambiance un peu sèche leur donne une ambiance bien appréciable; mélange parfait entre l’aspect franc du punk et le détail technique du métal. Cela est très apparent dans l’excellent morceau Caught in a Mosh.

Je ne m’attendais vraiment pas à trouver un refrain aussi accrocheur sur un tel album. Certes, l’agressivité est toujours là, mais ici, l’ambiance n’est pas trop thrash ni saturée comme peut l’être un morceau de hardcore punk. Mais d’un autre côté, les guitares électriques et la voix sont plus sèches et arides que chez Metallica. Il en résulte une musique étonnamment simple, claire et facile à suivre. C’est aussi le cas avec Efilnikufesin (N.F.L.) qui m’a semblé encore plus brut, ou avec One World et sa complexité musicale, ironiquement. D’ailleurs, A.D.I./Horror of It All m’a agréable surpris sous cet aspect.

Avec son départ doux et lent à la guitare, qui ne fait que présager la complexité détaillée du reste du long morceau, ce morceau en est également un que je ne croyais pas retrouver ici. Mais ce genre de surprise est de ceux qui rendent ce défi si agréable.

Atomizer (1986) – 650 jours, 773 albums

Alors que je voyais le hardcore punk comme un dérivé du post-punk, me voilà maintenant en train d’écouter du post-hardcore, avec l’album Atomizer du groupe Big Black.

Big Black - Atomizer

Peut-être trouvez-vous que j’insiste beaucoup sur la classification de chaque album. Mais c’est qu’avec 1001 albums à écouter, il est assez facile de s’y perdre si l’on ne fait pas attention. D’un autre côté, il peut être tout aussi facile de se perdre dans une classification trop spécifique, chose que j’essaie d’éviter à tout prix. Mais disons qu’avec tout ce qui sort d’hétéroclite dans mes recherches pour le milieu des années 80, il devient difficile de faire la bonne part des choses. J’essaie donc de faire au mieux de mes connaissances, simplifiant sans pour autant omettre les distinctions importantes.

Mais une chose est certaine avec cet album : il s’agit au moins de noise-rock. Avec une ambiance saturée, un fond de grésillement et d’enregistrement de mauvaise qualité (toujours à dessein), il n’y a pas à en douter. Cela est apparent dès la longue note de guitare qui ouvre l’album, avec Jordan, Minnesota.

Avec une densité exceptionnelle, un rock abrasif, ce morceau nous montre déjà que l’album ne sera pas de tout repos. Mais le reste de l’album ne se contente certes pas d’un punk hardcore simple et nu. Dès Passing Complexion qui suit tout de suite après, on voit un travail détaillé derrière cette ambiance lourde, oui, mais complexe et texturée à souhait. Plus loin, c’est définitivement Kerosene qui remporte la palme du meilleur morceau, en poussant cette complexité un peu plus loin.

Bien sûr, cette musique n’est pas faite pour les néophytes, ni même pour plusieurs auditeurs aguerris, mais si ce morceau vous laisse indifférent alors que vous croyez avoir l’expérience pour l’écouter, inutile de tenter d’explorer le style plus avant. Mais attention : en ignorant cette musique lourde et thrash, vous passez à côté de beaucoup de choses, surtout si vous dédaignez ce qui suit. Le grunge, ça vous dit quelque chose ? Pour ma part, j’ai déjà hâte d’y être.

Crocodiles (1980) – 655 jours, 779 albums

Avant d’aller plus avant dans le temps, j’ai décidé de consacrer quelques albums de plus à l’exploration du début des années 80. J’avais en effet l’impression d’être passé dessus trop rapide, et les quelques découvertes que j’ai faites ensuite m’ont donné raison. Parmi celles-ci était l’album Crocodiles du groupe Echo & the Bunnymen.

Echo & the Bunnymen - Crocodiles

Conservant l’authenticité du punk et son énergie, mais en l’emballant dans du rock alternatif juste assez accrocheur, le groupe nous offre quelques morceaux un peu déroutants. Parce qu’il y a aussi la sonorité sèche de la guitare et de la voix, l’ambiance un peu sombre mais pas trop. Do It Clean est un de ces morceaux.

On sent la ressemblance avec des groupes comme R.E.M. et Lloyd Cole and the Commotions, mais en même temps, on est encore bien ancré dans le post-punk. Et ce dernier fait, Pride nous le rappelle, mais en offrant une voix qui ressemble étrangement à celle de Bono de U2…

Comme si cela n’était pas déjà assez, le xylophone vient brouiller un peu plus les pistes. J’ai aussi lu le style de Neo-Psychedelia, mais je n’ai franchement pas vu la ressemblance avec le rock psychédélique. Si j’avais à faire un rapprochement, ce serait avec le garage rock mais qui, dans ce contexte, rappelle plutôt le post-punk.

Crocodiles est plus animé, comme morceau, alors que Pictures on My Wall m’a semblé plus introspectif, rappelant l’aspect sombre et ténébreux de l’album. Pour le reste, j’ai bien hâte d’écouter un second album du groupe, histoire de, peut-être, comprendre davantage leur oeuvre qui m’est apparue bien mystérieuse pour une première écoute.