Paul Simon (1972) – 220 jours, 500 albums

Paul Simon - Paul SimonLe duo d’auteurs/compositeurs Simon and Garfunkel a marqué la musique des années 60 avec ses balades. La carrière solo de Paul Simon n’est donc pas passée inaperçue. Quelques albums figurent dans ce défi. L’éponyme Paul Simon y figure, avec un mélange de soft rock et de folk-rock bien personnel.

Ne cherchez pas de hits ici. Il s’agit plutôt de morceaux calmes, lents, doux. Everything Put Together Falls Apart est d’une grande simplicité, avec sa guitare acoustique, la voix proche de Simon et quelques notes de basse, à peine. Duncan est légèrement plus énergique, mais on se croit toujours au bord d’un feu de camp, les flûtes de pan en plus. Me and Julio Down the Schoolyard est plus accrocheur et mouvementé avec sa guitare acoustique grattée fébrilement. Le court Hobo’s Blues est aussi assez appréciable avec son violon style manouche. Enfin, Congratulations reprend un peu le fameux wall of sound, créant une ambiance enveloppante.

Un soft rock intéressant, qui gagnerait à être écouté plusieurs fois.

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(GI) (1979) – 221 jours, 504 albums

The Germs - (GI)The Germs offre avec (GI) un album à l’image de sa pochette: simple, épuré, voire conservateur. Sauf qu’il s’agit de punk. Simple et épuré puisqu’on ne garde que l’énergie, la rage et la jeunesse. Conservateur puisqu’il s’agit d’un album sans grande surprise.

L’énergie dégagée par le bourdonnement des guitares, la voix enrouée du chanteur et le déchaînement de la batterie produit de bons moments, avec quelques mélodies qui restent dans l’oreille. Le format des courtes pistes, comme tout album punk qui se respecte, nous fait goûter les morceaux plutôt que de nous plonger dedans.

Toutefois, rien de vraiment nouveau. Il serait facile de confondre cet album avec un autre du même style. Il s’agit d’un bel effort, d’un bon album, qui aurait gagné beaucoup avec un peu d’audace.

Kilimanjaro (1980) – 226 jours, 514 albums

The Teardrop Explodes - KilimanjaroLes albums de punk et de post-punk ne manquent pas. Se distinguer peut donc être ardu. L’album Kilimanjaro du groupe The Teardrop Explodes n’échappe pas à cette difficulté.

On sent l’aspect rude et simple du punk, et aussi l’évolution du style vers la maturité du post-punk, mais les morceaux ont de la difficulté à se démarquer et à rester dans l’oreille. Ha Ha I’m Drowning est tout de même accrocheur, mais il lui manque quelque chose pour que cela soit suffisant. Brave Boys Keep Their Promises est plus intéressant, Books est plus rock et puissant, When I Dream offre un paysage plus intriguant, mais le tout ne parvient pas à toucher l’auditeur.

On reste sur notre faim, on espère plus. L’album a peu de défauts, mais les qualités, elles-mêmes, semblent lacunaires.

Shaka Zulu (1987) – 229 jours, 520 albums

Ladysmith Black Mambazo - Shaka ZuluLes voix a capella et africains de Ladysmith Black Mambazo sont d’une douceur exquise, avec une touche étrangère. Alors que ce timbre de voix, noir, est souvent associé à des rythmes tribaux, festifs ou enflammés, l’ambiance ici est simple, épurée, et presque mielleuse. L’impression est presque celle d’un chant classique.

On se laisse habiter par les mélodies qui ressemblent à des incantations, à la fois méditatives sous les voix plus graves, et célestes sous celles plus clairs. Les deux types ne mettent en scène que la terre et le ciel.

À travers les morceaux, cette forme musicale perd toutefois de sa fraîcheur: les morceaux se confondent et se perdent. Cette répétition devient quelque peu blasant vers la fin de l’album, où on finit par écouter d’une oreille que distraite.

Parfait pour les amateurs d’a capella, fascinant pour quelques morceaux, mais sans plus.

Raw Like Sushi (1989) – 278 jours, 531 albums

Neneh Cherry - Raw Like SushiNeneh Cherry s’expose dans un mélange de rap, de pop et de dance dans un album léger et facile à écouter: Raw Like Sushi.

Et le rap, c’est celui des débuts, celui qui m’a rappelé le hip hop et le funk de Future Shock de Herbie Hancock. Celui où on entend clairement les vinyles sur les planches, et l’aiguille remonter les sillons. L’artiste utilise aussi une musique dénudée, où l’électro des années 80 prend une place importante. Le tout est poli pour rendre l’album bien pop et l’alléger.

Ainsi, on écoute les morceaux sans réfléchir, et on répète en boucle les plus accrocheurs. Buffalo Stance est de ceux-là, avec ses rythmes funky. Avec Manchild, c’est l’ambiance détendue et romantique qui reste dans l’oreille. Le segmenté Heart et R&B/électro Phoney Ladies valent également l’écoute.

The Pleasure Principle (1979) – 281 jours, 539 albums

Les heures de gloire du synthétiseur et de la synth pop étaient comptés. Après la disparition du new wave, il a perdu sa texture électrisante et déphasée. Ainsi, se plonger dans la musique de Gary Numan et de The Pleasure Principle est grisant.

Gary Numan - The Pleasure Principle

Les textures électriques, rythmées à point, légèrement éthérées de Numan créent une ambiance pop ou méditative, au choix. L’évolution du morceau se fait lentement, sans presse, mais sans s’étendre non plus. On sent un naturel derrière un travail, si on s’y attarde, plutôt complexe: il rend les choses complexes simples, il les décortique pour nous.

Metal est fait état. M.E. mêle new wave et rock. Observer est presque badin. Et Conversation se permet quelques largesses, pour le plaisir de l’auditeur. Bref, un album simple mais rempli de récompenses électrisantes.

The Scream (1978) – 284 jours, 544 albums

Siouxsie and the Banshees offre sa version originale du punk et du post-punk avec l’album The Scream. Avec des mélodies accrocheuses, mais fidèles à la simplicité et à l’énergie du punk, le groupe se taille une place de choix parmi les groupes du style.

Siouxsie and the Banshees - The Scream

Certains morceaux vaudraient aussi la renommer à eux seuls: Jigsaw Feeling et sa structure alambiquée mais accrocheuse, Overground et sa délicatesse pas si délicate, ou Carcass, morceau typiquement post-punk comme on les aime. Suburban Relapse est plus intense, complexe et exigeant. Il est aussi plus gratifiant. Switch ferme l’album avec une structure encore plus travaillé, qui sort presque de la simplicité du punk. On pourrait presque parler de art punk, si une telle chose n’était pas si contradictoire. Et avec cette simplicité complexe (ou cette complexité simple?), l’album est à la fois une écoute facile et gratifiante.