Reggatta de Blanc (1979) – 110 jours, 474 albums

The Police - Reggatta de Blanc (1979)The Police est pas mal connu de tous. On a tous entendu Message in a Bottle, contenu sur cet album, Reggatta de Blanc. Mais beaucoup de leurs morceaux demeurent méconnus, ou ont été oubliés par l’histoire. Pourtant, le groupe offre une musique assez riche et des morceaux intéressants. Bien que la plupart soient, naturellement, moins accrocheurs que les hits que vous connaissez.

Cette richesse, elle vient de cet ajout subtil de reggae à un post-punk très inspiré du album rock rond et pop. Il ne ment pas dans l’ambiance décontractée de Walking on the Moon, mais des morceaux comme It’s Alright for You sont clairement pop. Contact flirte avec l’expérimental mais n’y tombe jamais, donnant une texture fascinante à un morceau très abordable.

Pour dire que certains hits viennent parfois ombrager des groupes beaucoup plus diversifiés qu’il n’y paraît.

Destroy Rock & Roll (2004) – 206 jours, 482 albums

Mylo - Destroy Rock and Roll - 2004Que vous aimiez le house, l’électro, les atmosphères éthérées ou tout simplement la bonne musique, il vous faut Destroy Rock & Roll du groupe Mylo. On est instantanément séduit par ce sens du rythme, par ces textures infiniment détaillées et par cette ambiance qui donne envie de danser, même dans l’autobus.

Chaque morceau est une perle. Drop the Pressure et ses sons mal enregistrés rappelle les débuts de Justice avec un peu d’humour. Paris Four Hundred nous happe immédiatement avec sa construction ingénieuse, accrocheuse. Sunworshipper est rempli de rêves avec son laissez-aller relaxant. Rikki surprend: son début hachuré fait penser à un disque qui saute, mais le thème est rapidement repris pour être exploré, amplifié, avant de devenir très entraînant. Muscle Cars et Musclecar Reform Reprise sont incroyablement mélodieux et doux à l’oreille.

Un véritable plaisir à découvrir et tout aussi satisfaisant, sinon plus, à réécouter. Un incontournable du house et de l’électro, à mon humble avis.

Orbital II (1993) – 224 jours, 509 albums

Orbital - Orbital IIDes samples en loop, des rythmes complexes mais mécaniques, des textures sans cesse en mouvance: l’album Orbital II du groupe Orbital est une perle d’électro, à mi-chemin entre l’ambient et la techno.

Parfois c’est le beat lourd qui prime, parfois c’est l’ambiance éthérée et méditative. Planet of the Shapes ressemble à un paysage lunaire aux mille étoiles. Lush 3-1 est une composition complexe et hautement satisfaisante avec ses mille textures, son ton techno et ses sons qui rappellent le timbre des .midi. Remind s’amuse dans les mêmes eaux mais en plus rythmé. Pour Walk Now…, c’est vers l’expérimental qu’on tire, avec des passages à la Cyriak.

Une découverte parfaite qui mérite d’être incontournable. L’électro a ici une forme unique.

The Pleasure Principle (1979) – 281 jours, 539 albums

Les heures de gloire du synthétiseur et de la synth pop étaient comptés. Après la disparition du new wave, il a perdu sa texture électrisante et déphasée. Ainsi, se plonger dans la musique de Gary Numan et de The Pleasure Principle est grisant.

Gary Numan - The Pleasure Principle

Les textures électriques, rythmées à point, légèrement éthérées de Numan créent une ambiance pop ou méditative, au choix. L’évolution du morceau se fait lentement, sans presse, mais sans s’étendre non plus. On sent un naturel derrière un travail, si on s’y attarde, plutôt complexe: il rend les choses complexes simples, il les décortique pour nous.

Metal est fait état. M.E. mêle new wave et rock. Observer est presque badin. Et Conversation se permet quelques largesses, pour le plaisir de l’auditeur. Bref, un album simple mais rempli de récompenses électrisantes.

Cross (2007) – 475 jours, 629 albums

Je n’ai pas pu résister plus longtemps à l’idée d’écouter le classique de l’électro-dance français : l’album Cross du groupe Justice.

Justice - Cross

J’ai découvert ce groupe en même temps que The Divine Comedy, au cégep, par l’intermédiaire de ma première copine. Mais contrairement au chamber pop, la première impression ici ne fut pas la bonne. Il m’a fallu plusieurs années, et plusieurs écoutes, pour enfin apprécier à sa juste valeur un morceau tel que D.A.N.C.E., que je ne comprenais tout simplement pas. Ce mélange de sons électroniques, de rythmes lourds et appuyés, mais avec un début qui ressemble à une chanson pour enfant : tout cela était bien loin de la musique que j’étais en mesure d’apprécier à l’époque.

Mais cette époque est révolue, et Justice est désormais un groupe que j’affectionne tout particulièrement. Et en particulier cet album. Le premier morceau duquel je me suis entiché ? D.V.N.O., que j’ai dû écouter des milliers de fois dans le bus, dans le train, dans le métro, en route vers l’université ou à mon retour. Durant un mois entier, je ne devais écouter que ce morceau, en boucle, sans fin.

Ce morceau a quelque chose d’inexplicablement accrocheur. C’est peut-être le rythme outrageusement appuyé, les sonorités électrisantes, le refrain inoubliable… Je sais seulement que je pourrais encore l’écoute, encore et encore.

J’ai aussi rapidement eu un faible pour Phantom, Pt. II et sa composition complexe, éthérée et satisfaisante.

Après tout ce que j’ai écouté ici, je semble être encore plus en mesure d’apprécier toutes les subtilités et les détails de ces enregistrements, et j’espère que c’est la même chose pour vous ! Les textures sont mystifiantes, fascinantes. Vous cherchez quelque chose de plus doux ? Allez pour D.A.N.C.E.. Vous souhaitez au contraire quelque chose de plus thrash, de plus écorchant et de plus saisissant ? Allez pour Waters of Nazareth, vous ne serez pas déçus ! Genesis offre également une ouverture en force pour l’album : lourde et pompeuse, comme le groupe le mérite. Stress porte bien son nom, offrant un moment de pure angoisse de près de 5 minutes comme vous n’en avez jamais vécu.

Bref, écoutez l’album.

Amnesiac (2001) – 479 jours, 630 albums

Ce ne sont pas les albums de Radiohead qui manquent dans ce défi. J’ai donc décidé d’en écouter un troisième, et de me faire plaisir, en mettant dans mes oreilles Amnesiac.

Radiohead - Amnesiac

Alors que OK Computer était puissant et rock, cet album-ci est plutôt calme, doux, tout en relief. Il est plutôt vu comme un album expérimental, avec des éléments d’électro pour créer les longs paysages sombres et textures, et pour créer une atmosphère électrisée, qui semble n’attendre qu’une étincelle qui ne vient jamais. Une sorte de tension créatrice s’y retrouve donc, mais pas une tension désagréable. Plutôt une tension qui s’apparente à celle du jazz, celle du tempo juste parfait, celle de la concordance presque télépathique entre les musiciens et les différents éléments d’un morceau. Un exemple ? Pyramid Song, qui s’ouvre tranquillement, mais de manière extraordinairement précise, calculée, maîtrisée.

Le morceau d’ouverture, Packt Like Sardines in a Crushd Tin Box, ne passe pas inaperçu non plus. Il donne le coup d’envoi d’un album contemplatif, éthéré, presque hypnotique, mais qui ne restera pas trop calme pour autant, qui ne sera ni ennuyant, ni endormant. Au contraire, il nous montre que les morceaux qui suivront, comme lui, seront captivants, intéressants, intrigants. À ce titre, Knives Out est l’autre bon coup de l’album.

Il a cette émotion lyrique et nostalgique si particulière à Radiohead, et qui m’a fait tomber en amour avec le groupe et sa musique.

Et tout l’album est construit sur ce motif, sur cette contemplation qui peut être triste, rassurante, expérimentale, selon les moments. Mais avant tout, l’écouter est ressourçant, et me fait sourire. Ne serait-ce qu’en me rappelant que certains styles musicaux autrement exigeants sont déjà loin. Du moins, pour le temps d’un album.

The Fat of the Land (1997) – 491 jours, 635 albums

Pour le défi, un second album du groupe Prodigy que j’avais déjà bien apprécié. Cette fois, il s’agissait de l’album The Fat of the Land.

The Prodigy - The Fat of the Land

Encore une fois, le groupe nous offre un album dense, complexe et texturé à souhait, et ce, dès Smack My Bitch Up, qui ouvre l’album. Après plusieurs albums, je me suis fait à ce son, même que j’ai commencé à grandement l’apprécier. J’aime la basse lourde, j’aime les samples en boucles, répétés jusqu’à nous hypnotiser, j’aime les textures nouvelles et travaillées au maximum, j’aime la simplicité apparente des morceaux, malgré leur complexité profonde, qui permet de se plonger dans la musique sa lever le nez. Et tout ça se trouve à chaque morceau, surtout sur Breathe, que j’ai adoré.

Après ces deux morceaux du début, je dois avouer que je suis tombé dans une sorte de transe, écoutant l’album de manière à demi consciente, transe de laquelle je ne suis sorti qu’avec le morceau Narayan qui a retenu mon attention par construction particulière. Piano éthéré, puis couplet pop, suivi de passes électro géniales et grisantes…

Enfin, Fuel My Fire termine l’album avec un morceau rapide, cadencé à l’extrême, et intense par son énergie. Cela dit, le groupe ne perd jamais le contrôle, toujours avec son rythme constant comme un métronome, et permettant ainsi de détailler au maximum la clôture d’une aussi belle oeuvre.