Le Tigre (1999) – 498 jours, 640 albums

Belle découverte : le post-rock du groupe Le Tigre et de leur album éponyme, Le Tigre.

Le Tigre - Le Tigre

Qu’est-ce que le post-rock ? Rapidement, il s’agit d’un mélange d’une variété de styles, dont l’électro en prédominance, associée à des éléments de rock, mais de rock indie, opposés au rock alternatif populaire de l’époque. Et qu’est-ce que Le Tigre ? Une musique hypnotique, fascinante, électrisante, et agrémentée de juste assez de pop. Pour connaître le groupe, écoutez tout de suite Deceptacon.

On sent, bien sûr, les influences du post-punk, peut-être héritées du grunge, et surtout celles du new wave, avec la synth pop en évidence, comme je l’aime. Mais on sent aussi que la musique a maturé, que sa texture s’est complexifiée au contact du indie rock et de 10 ans d’histoire musicale.

Hot Topic est un brin moins énergique, mais on s’y plonge tout autant avec ses guitare/basse hypnotiques, les souffles des trompettes et ses répétitions. Plus loin, c’est Let’s Run qui m’accroche l’oreille, avec son insolence. Puis sur la fin, Dude, Yr So Crazy avec son ambiance mystérieuse, et Les and Ray qui termine l’album sur un air à la fois magique, enfantin et badin. Mais le morceau que j’écoute en boucle ces temps-ci, c’est sans contredit Phanta.

Mon seul regret : que le morceau, comme l’album, soit trop court.

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Music for the Jilted Generation (1994) – 593 jours, 679 albums

Pour demeurer dans la musique intense, j’ai écouté Music for the Jilted Generation, du groupe The Prodigy.

The Prodigy - Music for the Jilted Generation

Comme il semble exister pour tous les styles une version hardcore, le techno n’échappe pas à la règle. Offrant ainsi une ambiance de dance électrisante, mais avec une férocité nouvelle et fraîche, The Prodigy expose un style aussi texturé que faire se peut. Un rythme inlassable, une complexité électro, des thèmes hypnotiques et intéressants, tout est là pour faire une musique remarquable. Bref, j’ai été bien surpris de faire une telle découverte, et de l’apprécier autant.

Cela débute avec Break & Enter.

Il faut avouer que certains thèmes sont franchement accrocheurs ! Un peu plus loin dans l’album vient le bien prenant Full Throttle et son rythme hyperactif. One Love est aussi un bon moment sur lequel danser ne serait pas une chose bien compliquée. Enfin, la The Narcotic Suite termine avec brio l’album, surtout avec ses deux premières parties, 3 Kilos et Skylined.

Qui aurait cru que la culture dance pouvait être aussi intéressante ? Au début de ce défi, certainement pas moi.

Selected Ambient Works 85-92 (1992) – 599 jours, 690 albums

Après le house, pourquoi ne pas écouter du techno ? Je l’ai fait avec l’album Selected Ambient Works 85-92 de Aphex Twin.

Aphex Twin - Selected Ambient Works 85-92

Pour être franc, j’ai parfois l’impression de m’y perdre, dans toutes ces nuances de musique électroniques et de dance. Si j’ai bien compris, avec le techno, on prolonge le house, pour le rendre plus intellectuel, travaillé et détaillé. Tout héritage que le disco avait laissé dans le house disparaît ici. Avec cet album, on va même plus loin, avec du ambient techno et quelques notions expérimentales. Il en résulte un rythme lent, éthéré, presque liquéfié, sur lequel se dessinent de longs paysages électriques mais aussi sombres par moments. Pour se plonger dedans, écoutez donc Xtal.

On assiste ensuite à une multitude d’ambiances vairées, allant du plus sombre à des moments plus urbains et décontractés, mais toujours avec ce rythme limpide et mouvant, malgré sa profondeur amenée par sa production électronique. Pulsewidth apporte quelque chose d’urbain, alors que Ageispolis semble nous plonge dans un donjon blanc et lumineux, dans un abysse parfaitement clair.

Green Calx, par contre, commence de manière un peu plus brute, et se poursuit avec des sonorités plus aiguës et, peut-être pour l’auditeur moins averti, plus agressives. Le tout, rassurez-vous, demeure tout de même très harmonieux et appréciable. Schottey 7th Path fait plutôt entendre un écho étrange et spatial, cette fois avec une mélodie plus hypnotique et enveloppante. Enfin, Ptolemy semble être davantage orienté vers la pop et la dance, avec un rythme un brin plus rapide et soutenu.

Ce n’est donc pas la variété qui manque sur cet album, et Aphex Twin sait bien explorer les possibilités de ce style nouveau et intrigant. Certes, il s’agit de sélections prises sur 7 ans, mais il reste qu’une maturité étonnante se dégage de cette oeuvre.

Goo (1990) – 607 jours, 705 albums

J’ai poursuivi avec un second album de Sonic Youth et de son noise rock. Il s’agissait de l’album Goo.

Sonic Youth - Goo

J’avais été séduit lors de ma découverte du groupe. Ce second album écouté confirme cet amour. Il n’y a plus à en douter : le noise rock fera partie des belles découvertes apportées par ce défi. Avec sa texture et sa profondeur immenses, ce grésillement dû à la mauvaise qualité des enregistrements rend un rock autrement terne ou ordinaire franchement plus intéressant et accrocheur. Encore ici, on se plonge dans l’album, dans son atmosphère, sans attendre et sans douter. Dirty Boots vous en donnera un bon exemple.

C’est un peu comme mélangé du punk et de la pop, en y ajoutant la rondeur du rock alternatif. On se retrouve ainsi avec quelque chose de mélodieux, mais tout même sans concessions. Un peu plus loin, Kool Thing reprend la même ambiance, le même caractère, mais en plus incisif. Disappearer, par contre, est plus calme et posé, plus grave aussi, dans les deux sens du terme. Mais c’est davantage Tunic (Song for Karen) qui a retenu mon attention sur cet album.

Il reprend non seulement le ton franc et accrocheur des autres morceaux, mais également l’ambiance plus éthérée et distante qui m’avait séduit sur EVOL.

Disons qu’après deux albums du groupe, je comprends déjà mieux pourquoi ce défi en compte autant. Espérons seulement que la qualité demeurera aussi aiguisée et que les morceaux, eux, demeureront aussi intrigants et poignants.

Pornography (1982) – 615 jours, 718 albums

Petit retour en arrière, après que je me sois rendu compte que je n’avais pas écouté Pornography de The Cure. C’est désormais chose faite.

The Cure - Pornography

Alors que le groupe m’avait déjà époustouflé avec Seventeen Seconds, ici, il est encore plus saisissant et pénétrant. On sent une certaine maturité de plus, et comme vient ainsi une maîtrise certaine, cela permet une audace de plus, permettant au groupe d’accéder à de nouvelles idées, de nouvelles paysages musicaux, de nouvelles ambiances. Alors que l’autre album débutait par un long morceau, calme et contemplatif, celui-ci nous offre plutôt One Hundred Years.

Un son complexe et texturé, mais aussi, et surtout, tourmenté, sombre, ténébreux. Avec The Hanging Garden, c’est un son presque pop qui nous accueille. L’ambiance demeure bien ancrée dans le goth rock, mais le rythme est quand même plus insistant, plus présent surtout. On voit que le groupe veut aller plus loin. Avec The Figurehead, on sent un retour aux sources, plus expressif certes, mais allant puiser son énergie aux ténèbres les plus profondes de la psyché humaine.

Dommage que le goth rock se soit évanoui si tôt, alors qu’il contenait une intensité si particulière, et exprimée avec un drame incomparable. Une chose est certaine : suite à ce défi, je ferai quelques recherches de plus sur ce style méconnu.

Bug (1988) – 620 jours, 724 albums

J’ai, naturellement, poursuivi avec un autre album de noise rock. Cette fois, c’était Bug de Dinosaur Jr..

Dinosaur Jr. - Bug

Une autre belle révélation du groupe, et du style. Un son chargé et texturé, mais qui laisse toute la place aux nuances et aux subtilités, permettant ainsi un maximum d’effet et d’intensité. D’ailleurs, Dinosaur Jr. propose un son plus brut, plus chargé que les Pixies. La balance est moins bien réussie, moins subtile. Mais bon : lorsque l’on écoute ce groupe, ce n’est pas forcément ce que l’on recherche non plus ! Et pour faire un rock accrocheur, plein et satisfaisant, Dinosaur Jr. sait y faire, et surtout sur cet album. Cela débute dès Freak Scene, avec l’ouverture de l’album.

Mais l’album gagne vraiment toute sa valeur avec Yeah We Know.

J’ignore ce que ce morceau a de si particulier, mais dès les premières notes, il a su me pénétrer. J’aime sa construction, son émotion à la fois morne et sentie, un peu mélancolique, sa mélodie à la fois simple et complexe, mais ô combien accrocheuse, ô combien touchante.

Sinon, il y a aussi l’expressif Let It Ride et le morceau aux expressions étrangement folk Pond Song. Le reste de l’album est moins remarquable en tant que tel, mais contribue néanmoins à cette ambiance pleine et texturée, brute juste assez mais sans être brutale. Ah ! Je m’ennuie déjà du noise rock !

Surfer Rosa (1988) – 620 jours, 724 albums

Encore des problèmes d’organisation ! Mais cette fois, c’est à cause d’un nouvel emploi et d’une réorganisation de mon appartement. Et, à travers tout ça, j’ai néanmoins réussi à baisser mon retard d’un album ! Et surtout, comme mon emploi est juste assez loin de chez moi, j’ai l’occasion parfaite pour écouter un album en me rendant et en revenant du travail. Comme du temps déjà lointain de mon défi jazz !

Cela dit, j’ai encore en banque plusieurs albums déjà écoutés qu’il me reste à commenter. Le premier d’entre eux est Surfer Rosa du groupes Pixies.

Pixies - Surfer Rosa

J’avais déjà écouté les Pixies, un peu. J’étais tombé sur le groupe, un peu par hasard, lorsque je faisais encore une découverte et recherche chaotique de la musique. Et, pour être franc, je n’avais pas vraiment apprécié et, ainsi, j’avais mis le groupe de côté sans trop y repenser. En voyant le nom du groupe dans ce défi, j’y ai vu une bonne occasion de revisiter le groupe, sans vraiment d’appréhension ni d’espoir quelconques. Et je dois dire que je suis plutôt satisfait de cette redécouverte. La musique est la même, mais la perception a totalement changé. J’ai senti que, maintenant que j’ai une certaine maturité musicale, je peux pleinement apprécier cette musique. Et ça, je m’en suis rendu compte avec Something Against You.

Les guitares lourdes et rapides, grésillant par-dessus les voix mal enregistrées et distantes, le tout avec un fond de noise rock texturé à souhait : tout ici est fait pour être aimé. MAIS il faut savoir apprécier et apprivoiser le style, ce que je n’avais pas il y a quelques années. Mais maintenant, j’ai ces outils, et je sais les utiliser. Ainsi, lorsque j’écoute, aussi, le discordant et énergique Broken Face ou le complexe I’m Amazed, je n’y trouve que du bonheur.

Naturellement, les morceaux plus pop, comme l’excellent Gigantic, ne s’y retrouve que rehaussés par cette compréhension et perception nouvelles.

Le refrain accrocheur reste, mais les passages plus exigeants y trouve un attrait jusqu’alors insoupçonné. Même chose pour le plus doux et mélancolique Where Is My Mind?. Il se crée, grâce au noise rock, une atmosphère complète et enveloppante, qui permet ensuite au reste du morceau de transporter l’auditeur, ailleurs ou en lui-même, avec un aspect concret époustouflant. Avec toute cette texture, on a presque l’impression, parfois, de pouvoir toucher la musique. Et là, on en est encore qu’au premier album du groupe…