Joan Armatrading (1976) – 206 jours, 482 albums

Joan Armatrading - Joan Armatrading - 1976Un chant suave, profond, féminin, et pourtant léger, pop par moment: Joan Armatrading surprend sur son album éponyme. Un doux assemblage de folk, de rock & roll et de culture noire en un album bien agréable.

L’auteure/compositrice/interprète est de ceux qui ont suivi l’inspiration de Bob Dylan: compositions personnelles, intimes, simples. On sent quelques moments plus énergiques, où ressort davantage le rock. Mais on se concentre davantage sur la guitare acoustique folk et la voix sensuelle, afro-américaine de la chanteuse. Celle-ci a même quelques inflexions R&B et soul.

Help Yourself est une perle lente, touchante, travaillée. Love and Affection va du côté de la balade, avec une belle affection. Save Me serait déchirante si la chanteuse ne savait si bien contrôler sa voix. On dirait un cri du cœur étouffé. Join the Boys a presque quelque chose de hip hop, avec son rythme particulier, fragmenté. Puis c’est le funk qui arrive en force.

Une chanteuse fort talentueuse mais méconnue. Pourtant, son folk-rock afro-américain est unique.

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S.F. Sorrow (1968) – 292 jours, 557 albums

Peut-on avoir trop de rock psychédélique? Le style finit-il par devenir répétitif et prévisible? The Pretty Things semble répondre par la négative, avec leur album S.F. Sorrow.

The Pretty Things - SF Sorrow

Il y a tellement d’albums parus en 1967, 1968, 1969…, et tellement sont de rock psychédélique, qu’on peut se demander comment chacun parvient à se démarquer. Après tout, The Pretty Things n’est pas le premier nom qui vous vient en tête lorsqu’on parle de l’époque. Pourtant, le groupe montre qu’il n’est pas nécessaire de se démarquer: il est essentiel de faire de bons morceaux.

L’album n’est pas marqué d’une signature unique, ni d’une originalité éclatante. Mais Balloon Burning mêle un rock sale et dur à un psychédélisme qui l’allège. Private Sorrow présente une balade saccadée mais aussi beatles-esqueI See You tombe dans le sentimental, le déchirant, remarquablement. Loneliest Person rappelle Dylan avec une guitare personnelle et touchante. Death met au défi, expérimentale et plus profonde.

Qu’est-ce qui distingue le groupe des autres? Aucune idée. Mais derrière le groupe, il y a les morceaux. Et de bons morceaux. Solides. Hétéroclites. Accrocheurs. Bref, comme j’aime mon rock psychédélique.

Imagine (1971) – 403 jours, 573 albums

Imagine de John Lennon est de ces classiques qui se passent d’explications. Écouter la poésie, parfois touchante parfois rêveuse, de Lennon et le soft rock qui l’accompagne est toujours un délice.

John Lennon - Imagine

Il est difficile de critiquer un album de cette envergure, surtout lorsqu’il me tient autant à cœur. J’irai donc avec une critique plus personnelle.

Les Beatles doit être le groupe de musique qui m’a véritablement fait découvrir tout ce dont la musique était capable. Et après mon exploration des Beatles, de fond en comble, j’ai poursuivi avec la carrière solo de ses membres, dont, surtout, John Lennon. On pourrait facilement dire que Lennon est l’un de mes idoles, même si je déteste ce mot. Modèle ou inspiration serait peut-être plus juste. Et ça, je l’ai découvert à travers sa musique et sa poésie.

En fait, chez Lennon, j’ai l’impression que tout est poésie, que tout est romantique (dans les deux sens du terme). Ses actions politiques, comme le bed-in, sont d’abord exprimées de manière poétique. Cette poésie, parfois touchante parfois violente, exprime tous les idéaux de Lennon, réifie tout son art, surtout sur Imagine. Son optimisme et ses idéaux seraient bien peu de choses sans leur expression musicale et littéraire.

En ce sens, Imagine est la quintessence de Lennon : de son art, de ses rêves, de son inspiration.

Mais tous les morceaux de l’album n’ont pas cette légèreté et ce plein d’amour. Beaucoup sont personnels, empreints de violence (I Don’t Wanna Be a Soldier), de hargne (How Do You Sleep?) ou de regrets (Jealous Guy), même si plusieurs restent ancrés dans l’amour, comme How?Oh Yoko! et Oh My Love, dont ce dernier que je trouve particulièrement touchant.

Ainsi, Lennon nous offre un album personnel, intime, touchant et poétique, que vous devez écouter. Il s’agit, comme quelques autres albums de ce défi, d’un véritable incontournable.

Harvest (1972) – 405 jours, 575 albums

Le plus grand album canadien de tous les temps : voilà le mot d’ordre qui m’a introduit à Harvest de Neil Young. Le meilleur, je ne sais pas. Mais avec son folk-rock touchant, personnel, travaillé et parfaitement livré, il mérite définitivement sa place dans ce défi.

Neil Young - Harvest

Cet album ressemble à un grand vin : c’est avec le temps qu’il s’affine, et c’est sous l’attention qu’il se découvre. Après quelques écoutes, il s’ouvre, expose tous ses détails, toute sa richesse. Cette musique a quelque chose de fragile et, ainsi, de puissant, de pénétrant et touchant. Avec quelques guitares, une batterie, un harmonica et la voix de Young, on obtient une ambiance intime, personnelle, chaleureuse même dans les moments tristes ou plus frisquets. Tous les morceaux sont mesurés, contrôlés, et on cède jamais sous l’émotion ou l’emportement, ce qui en fait un album réaliser avec précision. De cette retenue ressort une intensité nouvelle.

Pour vous familiariser avec cette maisonnette chauffée au bois dans laquelle nous invite Young, je vous propose le morceau éponyme, Harvest.

Un autre morceau qui m’a atteint droit au coeur est Heart of Gold.

Il y a dans ce dernier morceau une nostalgie qui fut loin de me laisser indifférent.

Old Man est dans les mêmes eaux, avec une teinte réflexive, et est une autre des perles de l’album. Are You Ready for the Country a un peu plus d’énergie mais reste doux et relativement lent. Alabama est bien accrocheur, comme presque tout l’album d’ailleurs. Enfin, The Needle and the Damage Done est silencieux, simple.

Et dire que ce disque, dans tous mes vinyles, était d’abord passé complètement inaperçu.

I’ve Got a Tiger by the Tail (1965) – 405 jours, 575 albums

Un peu de country avec Buck Owens and his Buckaroos au milieu de ce défi, sur leur album I’ve Got a Tiger by the Tail.

Buck Owens and his Buckaroos - I've Got a Tiger by the Tail

Le country a plus en commun avec le blues qu’il n’y paraît : le rythme souvent lent, l’ambiance mélancolique, parfois même larmoyante ou déchirante, l’aspect campagnard et terreux… Mais parfois, on dirait que le country va plus loin, sous certains aspects émotifs. Les inflexions si caractéristiques de la voix font passer certains moment de mélancolique à littéralement pathétiques. Cependant, le country sait être plus rapide, par moments, et plus énergique et festif.

Buck Owens est un peu tout ça. Avec le morceau éponyme de l’album, par exemple, l’atmosphère est plus mouvementée.

Alors que d’autres moments sont terriblement touchants, comme Cryin’ Time.

Ensuite, Trouble and Me est le stéréotype même du country : stéréotype que je commence à apprécier. Wham Bam m’a paru cocasse et bien amusant. If You Fall Out of Love with Me donne dans le romantique. Enfin, The Band Keeps Playin’ On est plutôt accrocheur.

A Girl Called Dusty (1964) – 405 jours, 575 albums

La soul un peu vieillotte de Dusty Springfield m’a charmé avec son album A Girl Called Dusty.

Dusty Springfield - A Girl Called Dusty

Ces morceaux d’une autre époque, où le terme pop voulait dire tout autre chose, ont quelque chose d’immédiatement charmant. On dirait que la pop s’inscrit dans des airs simples, une voix émotive, suave et bien ronde, et des paroles romantiques. Dusty Springfield offre tout ça, avec quelques nuances de soul bien placées, pour donner plus de profondeur, plus de texture aux morceaux.

Un morceau en particulier a retenu mon attention, et je crois l’avoir déjà écouté auparavant : You Don’t Own Me. Il est d’abord calme, avec une musique dramatique, avant de s’emporter et de devenir déchirant, éclatant.

La plupart des morceaux s’inscrivent un peu dans cette atmosphère, avec moins de poignant que You Don’t Own Me, mais avec autant de charme. Je vous laisse aussi écouter Twenty Four Hours from Telsa.

Songs for Swingin’ Lovers! (1956) – 471 jours, 629 albums

Pour changer un peu de ton, et parce que le jazz commençait à me manquer un peu, j’ai décidé d’écouter Songs for Swingin’ Lovers de Frank Sinatra.

Frank Sinatra - Songs for Swingin' Lovers

J’ai l’impression que cela fait une éternité que je n’ai pas écouté de jazz. Il faut dire que ce défi en comporte peu, et que je prends rarement le temps, à côté, pour en écouter. J’ai donc fait un retour en arrière pour en écouter quelques uns, dont celui-ci. Il faisait déjà partie de mon défi jazz, mais le réécouter fut un plaisir. J’aime toujours me replonger dans des morceaux comme You Make Me Feel So Young, un véritable classique.

J’ai aussi apprécié le romantique Too Marvelous for Words, le merveilleux et très imagé Pennies from Heaven qui me fait rêver, le classique I’ve Got You Under My Skin (quoique la version de Sinatra n’est pas ma favorite), le touchant I Thought About You… Que voulez-vous : je suis un grand romantique, et un album tel que celui-ci est loin de me laisser indifférent. Le charme des belles années, les cuivres langoureux, la voix de crooner, les violons larmoyants ou joyeux, tout y est pour me satisfaire. Mais mon coup de coeur de l’album demeure certainement How About You?.

Surtout que ce morceau me montre à quel point je suis près de Sinatra, que nos intérêts sont semblables. A Gershwin Tune? Et pourquoi pas un morceau de Sinatra ?