Fuzzy (1993) – 225 jours, 512 albums

Grant Lee Buffalo - FuzzyPlusieurs genres et styles musicaux permettent de faire vivre des émotions intenses et intimes. Le country s’y prête en particulier, mais il peut paraître trop plaintif pour certains. Grant Lee Buffalo s’en inspire juste assez et comble les trous avec du rock indie. Le résultat sur Fuzzy est son qui rappelle la tourmente du goth rock: quelque chose de sombre, de profond, de personnel.

Dès que débute la mélodie de The Shining Hour, on sent cette tourmente. On sent quelque chose de triste, de dramatique. Mais jamais l’artiste ne cède à l’émotion. Sur Jupiter and Teardrop, l’atmosphère devient plus poignante, mais à peine. On ralentit plutôt le rythme, pour faire perler une larme. Fuzzy est assez introspectif, presque plaintif. Wish You Well est également une perle d’émotion bien sentie.

La musique ressemble à du rock indie lent, auquel on aurait ajouté quelque chose de délicat. C’est le country. Il amène tout un flot d’émotion, mais que Grant Lee Buffalo prend bien soin d’endiguer, pour ne laisser filtrer qu’un mince filet.

Modern Sounds in Country and Western Music (1962) – 413 jours, 590 albums

L’éternel Ray Charles me retrouve pour un album de Rhythm and Blues, qui penche davantage vers le blues et la mélancolie, mais parfois avec une teinte de pop et de soul, avec son album Modern Sounds in Country and Western Music.

Ray Charles - Modern Sounds in Country and Western Music

Je parle bien sûr de la pop de l’époque : celle qui était jouée par les big bands, avec force de cuivres et de rythmes jazzys. Le classique Bye Bye Love qui ouvre l’album en est le parfait exemple.

Malgré les propos quand même tristes du morceau, on ne peut s’empêcher de le trouver festif, accrocheur. Dans le même genre, il y a le délicieux You Are My Sunshine. Cependant, il y a aussi le sentimental et mélancolique You Don’t Know Me, qui change radicalement de gamme d’émotions.

Il est touchant, et la plupart des autres morceaux de l’album seront calqués sur celui-ci et son atmosphère, dont Born to Lose et ses violons larmoyants, ou l’excellent It Makes No Difference Now.

Ainsi, l’album nous fait découvrir un Ray Charles émotif, à l’âme bleue et mélancolique à souhait. Bref, un Ray Charles bien différent de celui que je connaissais. Mais cela fait parfois du bien de se détendre, ou de verser quelques larmes, à l’écoute d’une musique plus profonde, plus lente. Surtout lorsqu’elle est livrée par un si grand musicien.