Five Leaves Left (1969) – 110 jours, 474 albums

Nick Drake - Five Leaves Left (1969)Le folk personnel de Nick Drake est sensible, touchant, délicat. Five Leaves Left est un de ces petits trésors qu’on a l’impression d’ouvrir, et qui contient une quantité infinie de souvenirs uniques, nostalgiques.

La voix de Drake est douce, suave. Sa simple guitare occupe tout l’espace, mais est parfois aidée de violons, comme sur le mélancolique River Man. Si ce n’était de la voix réconfortante de Drake, on en pleurerait. Day Is Done a aussi ce charme unique, qui allie une orchestration subtile, une mélodie qui fait frissonner votre cœur et, encore, cette voix unique. On se sent démuni devant ce morceau.

Pourtant, Drake est toujours mesuré, jamais poignant. Et pourtant, votre cœur en ressort serré, serré…

Come On Feel the Illinoise (2005) – 224 jours, 509 albums

Sufjan Stevens - Come On Feel the IllinoiseUn monde de rêveries et de couleurs, teinté de chamber pop aux violons et à l’instrumentation classique et de folk-rock indie: c’est ce qu’offre Sufjan Stevens sur son album Come On Feel the Illinoise (ou Illinoise pour les intimes). Une musique personnelle et intime. Une perle à découvrir.

Le folk mesuré de Jacksonville m’a fait rêver de grands chemins, de prairies et de soirées à la campagne. Chicago m’a donné des frissons avec ses violons et sa voix à fleur de peau. La composition a un quelque chose de rêveur, de fabuleux, de divin. Le morceau ressemble à une confession innocente et à une aventure épique à la fois.

Et que dire du piano! Il traverse tout l’album avec ses notes claires, ses accords bleus, son jeu parfois joyeux, parfois mélancolique. Il expose toute sa splendeur dans le frissonnant The Seer’s Tower: un morceau qui m’a tiré quelques larmes.

Tout l’album est une merveille, un sac au trésor où se cachent des rêves, des couleurs (souvent bleues), des cieux au crépuscule ou à l’aube. Il est habité milliers d’instruments: autant de violons, de vibraphones, de tambours, de guitares, de chant qu’il est possible d’en rêver. Il séduit dès le piano mélancolique de Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois, et nous transporte tout l’album durant, sans jamais nous laisser retomber au sol. On se sent un peu comme Peter Pan, qui aurait connu une peine d’amour.

En bonus:

Scott 2 (1968) – 408 jours, 579 albums

Mêlez la musique classique et le rock & roll en 1968 et vous aurez Scott 2 de Scott Walker : un baroque pop touchant et éclaté, agrémenté de quelques reprises de Jacques Brel, rien de moins.

Scott Walker - Scott 2

Cette musique, en fait, ne fut pas sans me rappeler le chamber pop de Divine Comedy. Scott Walker et son style ne peuvent qu’en être les précurseurs. Quoiqu’ici, on est davantage près du rock psychédélique que de la musique classique en tant que telle, même si ça dépend des passages. Les violons, entre autres, et tous les autres instruments de l’orchestre donnent une texture dramatique et puissante, parfois douce et raffinée aux morceaux. Mais dans le contexte des sixties, j’y vois surtout une autre expression du psychédélisme, donnant ainsi une musique éclatée, hétérogène par moments, colorée, anguleuse. Le choix du mot baroque ne doit pas y être étranger…

Les meilleurs moments de l’album me sont apparus être les reprises de Brel : Jackie qui ouvre l’album de superbe façon, The Girls and the Dogs également, où il n’a pas à douter de l’origine française du morceau. Cela dit, c’est définitivement le tragique et appuyé Next qui est le plus poignant, le plus intense, le plus marquant.

D’autres morceaux valent aussi votre attention. Le sombre et lent The Girls from the Streets, par exemple. Ou alors le calme et chantant Plastic Palace People. Pour le reste, à vous de plonger dans l’album.