Back to Black (2006) – 226 jours, 514 albums

Amy Winehouse - Back to BlackAmy Winehouse rappelle Janis Joplin: morte à 27 ans, alors qu’elle était déjà célèbre, une voix inoubliable et un talent fou. Le neo-soul qui sort de Back in Black est à la hauteur de la légende. Il s’agit d’un R&B bien senti, d’un soul viscéral, mais avec une touche contemporaine qui l’empêche de paraître vieillot et qui, au contraire, rend le style éternel.

Rehab est déjà connu de plusieurs: avec son rythme appuyé et sa mélodie accrocheuse, il a tourné sur les ondes pendant longtemps. Mais c’est en écoutant des morceaux comme le profond Back in Black que l’on découvre tout le talent de l’artiste, avec une ambiance lourde et un chant touchant. Love Is a Losing Game satisfera ceux qui affectionnent les classiques du soul et du R&B. Avec Some Unholy War, c’est davantage le blues qui prend la place.

Un album incontournable pour les fans du genre, et un à découvrir, impérativement, pour ceux qui cherchent à le découvrir. Avec Winehouse, on ne se trompe pas.

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I See a Darkness (1999) – 284 jours, 544 albums

Gris, lourd, déprimant: pour l’album I See a Darkness de Bonnie « Prince » Billy, ces adjectifs sont des compliments. Et pourtant, ce country alternatif parsemé de rock indie a quelque chose de profondément lumineux. Un peu comme la minuscule flamme d’une chandelle plongée dans l’obscurité.

Bonnie %22Prince%22 Billy - I See a Darkness

On sent le country, mais à peine. Il se cache dans l’ambiance dépressive, dans certaines inflexions de la voix, mais on est loin du honky tonk et des campagnes de Buck Owens. L’émotion n’en est pas moins viscérale et déchirante. La montée finale de Nomadic Revery (All Around) donne la chaire de poule. Et pourtant, le début est introspectif, méditatif. C’est le cri d’une âme désespérée et affaiblie.

On sent aussi le rock, mais plutôt le goth rock et ses paysages sombres, rappelant un morceau punk qui aurait perdu son énergie et sa vitalité. Sur Death to Everyone, c’est à s’y confondre. La dépression est rendue admirablement belle.

Il subsiste tout de même un quelque chose de pop, d’abordable, de presque badin dans certains morceaux, et qui contraste avec l’ombre qui plane sur cet album. A Minor Place est entre la balade et le chagrin sur le bord de déborder. Madeleine-Mary est l’assemblage parfait entre une mélodie rock et les blessures lamentables du country.

Avec un tel exercice musical, le country vient définitivement toucher au cœur: on comprend plus que jamais sa pertinence, sa profondeur et sa force narrative et émotive.

A Short Album About Love (1997) – 286 jours, 548 albums

Une explosion de pop, d’orchestrations et d’émotions sur A Short Album About Love de The Divine Comedy. Le chanteur y met le paquet, avec intensité et abandon, transformant son chamber pop badin en orchestre puissant et viscéral.

The Divine Comedy - A Short Album About Love

L’orchestre, définitivement, donne une ampleur incommensurable à ces morceaux venus des tripes et du cœur. La pop reste, mais l’album prend un certain sérieux, donnant davantage de place à l’émotion que son prédécesseur, Casanova. Ou sont-ce les émotions qui sont plus grandes? Dans In Pursuit of Happiness et Someone, entre autres, la musique construit un crescendo incroyable vers la fin, et le poids de l’ambiance devient presque insoutenable.

Certains préféreront peut-être l’alliage plus délicat du classique à la pop qu’on peut retrouver sur les autres albums de l’artiste. Mais on ne peut nier la puissance émotive de ce petit album, où on l’a distillé pour la rendre encore plus concentrée et poignante.

Deux autres morceaux qui valent votre oreille: If I Were You (I’d Be Through With Me) et Timewatching. Quoique la qualité relative des morceaux est facilement contestable.

Aretha: Lady Soul (1968) – 477 jours, 630 albums

Comme une concession en amène une autre, j’ai accepté de me plonger de nouveau dans les années 60 et d’écouter un album d’Aretha Franklin, soit Aretha: Lady Soul.

Aretha Franklin - Lady Soul

Bon, ce n’est pas une si grande concession, puisque j’apprécie la musique d’Aretha Franklin, mais disons que ça change tout de même de style ! Mais pour faire un peu de route, ça nous a réveillé un peu, surtout sur des morceaux mouvementés comme Niki Hoeky, même si la plus grande partie de l’album offre une soul puissante, viscérale et touchante, comme seule Aretha sait nous la chanter. C’est le cas sur Chain of Fools, par exemple.

Certes, ce n’est pas Respect, mais reste qu’avec cette émotion et ce rythme accrocheur, j’ai passé un bon moment qui ne vaut pas d’être passé sous silence. Plus loin, il y a également le classique et indémodable (You Make Me Feel Like) A Natural Woman, qui lui expose tous les talents et toute la profondeur de la voix de la légendaire chanteuse.

Ce sont des morceaux comme celui-ci qui me font tant adorer la soul.

Bref, excellent album, qui n’a pour seul défaut que d’être trop court. On se plonge à peine dans cette ambiance si appréciable que, déjà, la chose est finie. Qu’à cela ne tienne : je n’aurai qu’à écouter l’album en boucle.

White Blood Cells (2001) – 479 jours, 630 albums

Cela faisait longtemps que je souhaitais écouter un album du groupe The White Stripes. J’ai choisi White Blood Cells.

The White Stripes - White Blood Cells

J’avais écouté un peu de leur musique avant ce défi. Et je n’avais pas apprécié. J’étais donc mitigé : est-ce que l’écoute d’un album entier confirmera mon manque d’appréciation, ou alors découvrirai-je un nouveau groupe que j’aime ? De plus, plusieurs de mes amis sont des fans, et cela pèse toujours beaucoup dans la balance, et évoque toujours la même question : qu’y voient-ils que je n’y vois pas ? Mais dès le premier morceau, soit Dead Leaves and the Dirty Ground, je n’avais plus de doutes : j’allais désormais aimer ce groupe.

J’avais de la difficulté à définir le style du groupe. Maintenant je sais : Punk blues. Si on ne me l’avait pas dit, je ne l’aurais sûrement pas deviné. Mais maintenant, je l’entends à merveille. Essayez : les structures et les instruments du blues, mais avec la force, la brutalité et l’énergie du punk. Cela me semble plus apparent sur certains morceaux que sur d’autres, comme I’m Finding It Harder to Be a Gentleman, où cela est encore plus appuyé, alors qu’avec Fell in Love with a Girl met plutôt en prédominance le punk dans tout son éclat. The Same Boy You’ve Always Known ramène au blues, mais fait aussi penser à une balade des années 60-70. Un peu comme We’re Going to Be Friends, que j’ai également adoré.

Il y a dans ce morceau une nostalgie et une certaine dose de naïveté. Enfin, vers la fin de l’album, il y a I Can’t Wait et son énergie intempestive.

Ainsi, cette fois, j’ai apprécié la musique du groupe, pleinement, même si je suis bien conscient que cela me prendra quelques écoutes de plus pour pouvoir tout comprendre, tout déceler, tout savourer. Mais pour le moment, j’ai d’autres albums à découvrir, dont un second des White Stripes.

Superunknown (1994) – 535 jours, 660 albums

Autre album grunge, et une belle découverte du genre : Superunknown, du surprenant groupe Soundgarden.

Soundgarden - Superunknown

L’album débute lentement, avec quelques morceaux typiques du genre, qui ont une énergie certaine, assez bruyants, et où l’on sent bien l’héritage du hard rock et du heavy metal. Mais arrivé au sixième morceau, tout à coup, on tombe sur Head Down, la perle, la révélation de l’album. Complexe, éthéré, profond, émotif, et avec un jeu de guitare, entre les paroles, qui est simplement parfait, accrocheur, et qui revient sans cesse, comme un leitmotiv, tout au long du morceau.

Ce morceau, j’ai déjà dû l’écouter une centaine de fois, en boucle, dans ma voiture, aux côtés du lyrique mais déchirant Black Hole Sun.

Il est plus lent, plus insistant dans son refrain. Après le charmant diablement accrocheur de Head Down, ce morceau nous offre un étrange répit, où l’émotion prend une autre forme, plus lente mais plus percutante. Plus loin, c’est le puissant The Day I Tried to Live qui a retenu mon attention, avec, encore une fois, le contraste saisissant entre ses moments calmes et ses moments forts, puissants, presque criés.

Le reste de l’album a bien quelques perles de plus, mais l’essentiel semble être contenu dans ces quelques morceaux. En réécoutant l’album plusieurs fois, j’ai bien fini par apprécier l’aspect accrocheur de Spoonman, le poétique et émotif Like Suicide, l’excellent Let Me Drown qui ouvre l’album, ainsi que quelques autres morceaux. Mais ceux que j’ai écoutés le plus souvent, ce sont les trois mentionnés plus haut.

Siamese Dream (1993) – 535 jours, 660 albums

Parce que ça faisait longtemps que je voulais écouter un album du groupe Smashing Pumpkins, et que le grunge est un style fascinant, j’ai écouté Siamese Dream.

The Smashing Pumpkins - Siamese Dreams

Ce n’est bien sûr pas la même chose que d’écouter du Nirvana ou du Pearl Jam, mais le rock insistant, inspiré du hard rock, la simplicité musicale, inspirée du punk, et l’atmosphère grésillante, inspirée du noise rock, sont bel et bien là. Le tout, bien sûr, avec un ton pop assez présent. Quiet en est un bon exemple, mais Today fait sortir encore davantage ce côté populaire du groupe, avec un morceau parfois doux et lent, parfois plus énergique et bruyant, mais en associant les deux de belle manière.

Un peu plus loin, Disarm ressemble à un testament de génération, percutant et touchant, même un peu épique, avec ses violons et ses cloches d’église…

Juste après vient le merveilleux Soma, où la guitare me séduit, à chaque fois, dès les douces premières notes. C’est particulièrement dans des morceaux comme ceux-là qu’on voit l’influence du noise rock, de son esthétisme, de son émotion, de sa torture jusqu’à un certain point. Luna, qui termine l’album, est même encore plus douce, plus calme que les autres. Encore une fois, un nom et un style en apparence aussi brut que le grunge permet souvent la création de musique bien profonde, contrairement à ce que certains pourraient croire… Après tout, la difficulté fait souvent de belles oeuvres.