Sticky Fingers (1971) – 132 jours, 478 albums

The Rolling Stones - Sticky Fingers (1971)Je n’en suis pas à mon premier album des Rolling Stones pour ce défi. Et à chacun d’entre eux, je cherche la particularité, l’étincelle qui me fera les comprendre.

Avec Sticky Fingers, c’est presque réussi. Mais pas avec Brown Sugar, comme vous pourriez peut-être le croire.

Ne me méprenez pas: Brown Sugar est un excellent morceau, que j’adore. Une mélodie accrocheuse, la voix un peu rugueuse de Mick Jagger, les cuivres pompeux, les guitares rock: tout y est. Il s’agit d’un des meilleurs morceaux des Stones.

Mais voilà: pour moi, les Stones, c’est des hits qui s’enchaînent. Sauf sur Sticky Fingers. J’arrive à entrer dans cet album, à le vivre, à le sentir. Et j’ai l’impression que le groupe aussi.

Peut-être est-ce l’influence du blues, du folk et de la soul? Elle est lourde, pesante. Et le groupe la soulève et la porte avec aisance. Ils trouvent leur chemin dans les marécages et la terre de ces racines sans effort.

Et, peut-être, le blues amène un côté plus vrai, plus franc. Plus intime aussi. Sur plusieurs morceaux, ils se découvrent un peu, sans pourtant se mettre à nu. Wild Horses est touchant. Sister Morphine est trompeuse, agitée sous la simplicité des instruments. Moonlight Mile surprend par son ton presque léger, qui détonne avec l’idée ravageuse qu’on peut se faire du groupe.

Cela n’empêche pas quelques bons moments de bon rock senti, comme Brown Sugar ou Can’t You Hear Me Knocking. Mais là n’est pas le point de l’album. Ni, peut-être, du groupe. Et, aussi, peut-être que je commence à le comprendre. Peut-être.

Mais je vous donne quand même Brown Sugar.

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Immigrés (1984) – 303 jours, 557 albums

La musique sénégalaise de Youssou N’Dour offre une drôle d’expérience: être légèrement dépaysé, tout en se sentant chez soi. C’est que l’album Immigrés parvient à rendre les percussions africaines et ses rythmes et ses voix… familières. Malgré la complexité des compositions, elles sont habitées d’une simplicité, d’une pureté alléchantes et réconfortantes.

Youssou N'Dour - Immigrés

Tout de suite, on comprend la musique. Comme si elle venait d’un vieux souvenir, dénué de nostalgie. Surtout Pitche Mi, ce morceau tiré de la nuit, avec ses rythmes lents, sensuels sans être langoureux, et sa mélodie émotionnelle, sans être larmoyante ou déchirante. Il exprime une émotion simple, vraie, sans artifice, et on laisse porter, comme une flamme qui danse, ou un canot qui monte et descend calmement sur les vagues.

Immigrés – Bitim Rew rend l’atmosphère plus festive, mais de manière délicate. Ce n’est pas une bacchanale, ici. C’est plutôt un petit feu, quelques instruments, et un plaisir de vivre simple, naturel. La composition n’est pas non plus sans rappeler Fela Kuti et son afro-beat mordant. Mais ici, ce n’est pas la colère qui gronde, c’est la terre qui vibre, qui frétille, sous les coups des tambours. La plus grande similarité, c’est le côté vrai, authentique, impossible à répliquer.