Remedy (1999) – 219 jours, 498 albums

Basement Jaxx - RemedyLe house parvient à mêler beaucoup d’éléments de la musique électronique pour atteindre une complexité inattendue. Ses répétitions sur lesquelles on danse conservent donc toujours une part d’originalité. Car un album comme Remedy de Basement Jaxx est loin d’être monotone.

Avec des répétitions parfois sèches, parfois chaudes, en ajoutant des influences de la musique du monde, en jouant sur un ton mécanique ou un ton éthéré, en y incorporant du R&B, du funk, du hip hop et quelques racines de disco, le house ici présenté est tout sauf répétitif.

Rendez-vous à des effluves latines avec sa guitare, alors que Yo-Yo mise davantage sur l’électro, voire le techno. Et Red Alert n’était pas sans rappeler quelques mix de Daft Punk…

Un excellent album pour démarrer vos soirées dansantes et pour vous plonger dans le house.

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The Modern Lovers (1976) – 219 jours, 498 albums

The Modern Lovers - The Modern LoversAvec un nom de groupe et d’album comme The Modern Lovers et une pochette en néons, on s’attendrait à du new wave romantique. Non. Ce n’est pas du punk, mais on s’y rapproche.

Le proto-punk permet aux mélodies de se développer, aux morceaux de prendre forme et de se boucler. On sent tout de même le sec des guitares, le retour aux sources du rock & roll.

Astral Plane et She Cracked maîtrisent à merveille l’avènement de ce nouveau paradigme: une énergie brute, mais mêlée à la musicalité simple du rock & roll. Les compositions Pablo Picasso et l’excellent I’m Straight parviennent à créer des ambiances plus lourdes et complexes, plus lentes. Modern World sonne presque comme du surf rock ensoleillé et Government Center tombe quasiment dans le bubble gum.

Un album hétéroclite, varié, mais accompli et mélodieux. Une belle découverte.

The Cars (1978) – 219 jours, 498 albums

The Cars - The Cars - 1978Le new wave a beaucoup d’expressions différentes. Il ne s’agit pas que de synthétiseurs et de rythmes dansants. The Cars, par exemple, adopte plutôt un genre de post-punk pop, mêlé à des mélodies rondes et accrocheuses. Bref, du punk sans l’aridité. Et c’est particulièrement réussi sur l’album éponyme The Cars.

Plusieurs hits vous resteront sûrement dans les oreilles, comme l’excellent Just What I Needed ou le mémorable et plus lent Good Times Roll. D’autres morceaux plus complexes, comme le plus punk et haché I’m in Touch With Your World ou le plus électro et près de la synth pop Moving in Stereo, viennent compléter cet album.

Un bel amalgame des influences punk, post-punk et électro de l’époque, fait avec talent, et avec quelques hits pop en plus.

British Steel (1980) – 219 jours, 498 albums

Judas Priest - British SteelUn groupe incontournable du métal britannique, surtout de celui de la nouvelle vague, est sans contredit Judas Priest. Et à l’écoute du hard rock et du heavy métal harmonieux de British Steel, c’est facile de comprendre pourquoi.

De la musique puissante sans être bruyante, agressive sans être agressante, et surtout des mélodies structurées, harmonieuses et accrocheuses: on est rapidement séduit par ce son rond, accessible, mais qui n’a pourtant pas peur de défier et qui nous en met plein les oreilles.

Rapid Fire ouvre l’album avec un rythme enflammé. Breaking the Law est captivant avec son leitmotiv. Grinder est plus rude et lourd, mais sans écorcher les oreilles: tout glisse sans heurt. United ressemble à un anthem rassembleur.

Chaque morceau ou presque retient l’attention. Aucun n’a de lacune. On mise sur la mélodie et la puissance à la fois, et on parvient à concilier les deux avec maîtrise et talent. Je le répète: un incontournable pour comprendre et apprécier le style.

The Modern Dance (1978) – 220 jours, 500 albums

Pere Ubu - The Modern Dance - 1978Il y a toujours une fébrilité à l’idée d’écouter un nouvel album de rock expérimental: tout peut arriver. À ce titre, The Modern Dance de Pere Ubu, avec son mélange de post-punk, d’anarchie et d’expérimentation, ne m’a pas déçu.

On entend la distorsion des guitares. On entend des sons suraigus nous percer les oreilles. On entend une cacophonie électrique, métallique, sèche comme le punk, de laquelle émergent une mélodie plus structurée. Il s’agit d’une complexité intriguante, qui vient embellir les morceaux plutôt que de les ternir vraiment.

Non-Alignment Pact ouvre avec un son strident, puis les guitares embarquent et une mélodie bien accrocheuse se compose, avec une voix typiquement punk. The Modern Dance mêle à merveille les éléments dissonants et mélodieux. Les autres morceaux jouent sur ce même motif.

Un résultat exigeant mais satisfaisant, si on accepte de se faire écorcher les oreilles.

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) – 220 jours, 500 albums

The Beatles - Sgt Pepper's Lonely Hearts Club BandSans les Beatles, la musique n’aurait jamais été la même. Ce défi non plus. Avec leur statut d’auteurs/compositeurs, leur audace et leurs expérimentations toujours maîtrisées, ils ont établi le paradigme du rock psychédélique, de la musique populaire et ont influencé toute celle à venir.

Cela semblait donc naturel que leur plus grand chef-d’œuvre, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, soit le 500e album écouté de ce défi. Ce fut l’album le plus populaire et le plus vendu pendant longtemps. Ce fut également mon préféré durant de longues années. Lorsque mon exploration de la musique devint plus sérieuse, ce sont les Beatles qui m’ont fait découvrir à quel point la musique pouvait être riche, complexe, satisfaisante à écouter et à découvrir.

Écouter les Beatles pour la première fois, c’est quelque chose de mystique, presque. C’est comme un premier amour: le sentiment se reproduira, mais ne sera jamais le même. Et Sgt. Pepper’s est une découverte sans égal.

Si vous ne l’avez jamais écouté, alors je vous envie. Si vous l’aimez déjà, alors vous me comprenez. S’il vous laisse indifférent, je vous répondrai par une citation d’Amélie Nothomb: « Il faut s’éprendre soi-même ou se résoudre à ne jamais comprendre. » Un peu comme moi avec les Rolling Stones, j’imagine…

L’album

Sgt. Pepper’s est le paradigme de la musique psychédélique. Il a un peu de tout: des balades romantiques, des morceaux naïfs, d’autres complètement éthérés, des influences indiennes, du classique… Chaque morceau est un petit monde, une expérience en elle-même, tout en formant un tout assez homogène, harmonieux.

L’introduction Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band a les guitares et la batterie de hard rock, mais avec des éléments de fanfare. She’s Leaving Home est une perle de baroque pop, avec ses violons, sa harpe, sa contrebasse et son chant doux et mesuré. Within You Without You est la composition aux inspirations indiennes de George Harrison, traversée d’effluves mystiques. Good Morning Good Morning est joyeux et pimpant, alors que A Day in the Life est morose, triste, dramatique et sonne comme un glas à la fin de l’album.

Quelques morceaux sont psychédéliques en eux-mêmes, comme l’étrange Being for the Benefit of Mr. Kite. Mais l’accomplissement le plus marquant (et cela est très subjectif) est définitivement le voyage psychotrope de Lucy in the Sky with Diamonds. L’atmosphère éthérée, le texte sublime d’imagination, le détail de l’instrumentation calme, la mélodie qui semble flotter dans le cours d’un ruisseau: j’ai dû écouter ce morceau un millier de fois.

Dans cet album, tout y est: l’exploration musicale et le souci du détail qui mèneront au art rock, des balades douces qui inspireront le soft rock, les influences indiennes qui marquent déjà une ouverture vers les autres cultures du monde, le baroque pop qui reverra ici et là. C’est un microcosme de la musique populaire contemporaine. Et c’est le 500e album que j’ai écouté pour ce défi. Plus 501 pour terminer la course.

Et comme deux morceaux ne sont pas assez:

All Hail the Queen (1989) – 220 jours, 500 albums

Queen Latifah - All Hail the Queen - 1989Avec son mélange de rap et de house, et sa voix féminine, All Hail the Queen de Queen Latifah sort du lot.

Le rap, ordinairement plutôt sec, gagne ici une belle rondeur avec l’ajout du house. Il transforme des morceaux autrement entièrement centrés sur les paroles en morceaux accrocheurs, voire dansants. Come into My House l’illustre bien, avec une place importante au house. Dance for Me mêle plus également les styles, formant un amalgame fort. Wrath of My Madness se centre davantage sur le rap, pour un résultat toujours réussi.

Pour qu’un album de rap retienne mon attention, il faut qu’il soit très musical, le temps m’étant accordé me laissant bien peu de temps pour me concentrer sur les paroles. Ici, sur ce point, Queen Latifah ressort du lot, mais une plus grande attention lui serait bénéfique.